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COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms

Publié le par ulysse92

Astuce :Vous pouvez cliquer sur les mots en gras soulignés qui vous emmèneront vers un site pour plus d’informations :-)
N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à partager l'article.
Chaleureusement

21 septembre 2016

La nuit est vite passée, comme un tunnel dans lequel on rentre pour en ressortir aussi vite.
Pas d’inspiration nocturne.
Je m’habille après une rapide toilette et rejoins Jean-Marc, Catherine et Jocelyne en train de déjeuner.
Après quelques échanges courtois et un rapide café pour moi, on se souhaite chaleureusement un bon chemin qui nous portera chacun et chacune vers une destination différente.
Le chemin, bien souvent me rappelle nos lignes de vies, faites de rencontres, de parcours qui se croisent et se séparent, de moments clés, de doutes, d’instants fulgurants de compréhension pour nous permettre d’aller vers qui nous sommes vraiment.
Sur cette pensée, je quitte le gite pour descendre au ralenti ce sentier qui serpente dans la forêt.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms

L’air est empli de ces senteurs matinales devant les rayons de soleil qui dansent sur le dos de Dame Nature.
J’aime sentir ces odeurs de bois, de fougères ou herbes mouillées, entendre ces chants d’oiseaux ou ces craquements furtifs d’une bête invisible qui nous observe.
C’est un spectacle d’une telle vibration que j’avance sans bruit pour ne pas en troubler le déroulement.
Je retrouve Jean-Marc 3 kms plus tard à LABASTIDE-MARNHAC autour d’un café en extérieur.
Nous prenons un peu le temps de parler et je sens en lui un homme qui, toute sa vie, n’a pas pris le temps de chercher en lui des réponses. Sa vie s’est déroulée tel un fil parmi d’autres, et aujourd’hui il semble attentif à toutes ces petites choses qui viennent briller dans son quotidien.
Cela me rappelle un paragraphe dans l’alchimiste de Paulo COELHO, ou le regard d’un homme observant le désert se transformait au fil des jours tout en entretenant le feu pour devenir alchimiste lui aussi. 
Je quitte Jean-Marc en lui disant au revoir.
Je sais que nous ne nous recroiserons pas mais espère que sa flamme allumée en lui brille plus fort chaque jour.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms

Les kilomètres s’enchainent essentiellement sur des sentiers forestiers  jusqu’ à LASCABANES.  

Je me surprends à observer le ciel d’un bleu pur, avec les nuages ou chemtrails aux formes étranges qui semblent vouloir dire, me dire quelque chose.
Non, ami lecteur, ce n’est pas le début d’une crise mystique mais simplement une sensibilité poétique exacerbée par la magie des paysages et l’immensité du chemin que je parcours seul.


Après avoir fait le plein d’eau, je marche, sous un soleil de plomb, jusqu’ à la chapelle Saint-Jean, posée majestueusement autour d’un ilot d’arbres

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kmsCOMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kmsCOMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms

Je prends le temps de la visiter, avant d aller voir la fontaine miraculeuse plus bas.
Il faut vraiment le savoir car cette fontaine est des plus ordinaires, ou même quelques guèpes viennent s'abreuver..
J en boirai un peu pour emmener avec moi un peu de cette magie.

Je repars ainsi pour 7 kms jusqu à MONTCUQ
. Les pieds souffrent, le corps aussi et une petite pause dans le village me semble  indispensable.
Après un tour a la pharmacie pour une pommade pour les pieds, je m autorise une bière à l ombre d un parasol.
Il est plus de 16h30 et ces premières gorgées sont une cascade de fraîcheur.
J étends mes jambes.
Je suis bien ici à me poser. Autour de moi, des locaux, un pèlerin anglais arrivé au terme de sa journée, qui me sourit.
Je regarde le parcours..ça fait 25 kms que je marche.Mon corps commence à me lancer des signaux de fatigue.
Instinctivement, je sens que je dois encore avancer un peu.
Pourquoi ? je n en sais rien.
Elle me fatigue, cette petite voix intérieure souvent silencieuse mais qui soudainement me dit : " MONTLAUZUN, c est bien !"

J'appelle. Ils ont de la place.
Je remets le sac à dos et relance la machine.
Hmmm..mon corps est crispé mais le soleil est là ! Laissons nous porter par l'aventure !

La route me réserve de bonnes descentes alternant avec de gros "raidillons" jusqu a ROUILLAC.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 6 - GITE DES MAHIEUX - MONTLAUZUN : 32,5 kms

Je me pose sur un banc boire de grandes rasades d'eau et visite cette petite chapelle de ST Pierre de Rouillac du 12ème siècle dans laquelle veille une vierge noire, impassible face au temps qui passe.
Encore 4 kms avant d'atteindre MONTLAUZUN sous une chaleur ou j'ai l'impression de marcher sur du goudron brulant.
Que de montées ! Je crois que j'ai  attrapé une indigestion de montées par ci , montées par là !
Le gite tenu par un charmant couple d'Anglais dévoile une vue sublime sur les plateaux du Quercy Blanc, belle récompense pour tous ces  efforts, couronnés par  un lit , seul dans cette grande chambrée un peu rustique.

Une longue douche réparatrice, mon auto massage indispensable des pieds et un bon repas en compagnie de Michel et Thierry( un numérologue avec qui je vais vite sympathiser ) feront de cette soirée, une belle soirée champêtre ou j'irai saluer les étoiles avant d'aller me coucher.

C'est beau, le Quercy sous une nuit pétillante d'étoiles !

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COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

Publié le par ulysse92

21 septembre  2016

Après un déjeuner frugal et un dernier au revoir, je laisse mon amie Viviane à sa demeure « pleine de vie » si je peux l’exprimer ainsi.

Je dois rattraper au plus vite le GR 65, en reprenant des petites routes bitumées.
Ce sera chose faite après quelques aboiements de chiens méchants (on espère toujours que la grille soit bien fermée) sur les 3 kms supplémentaires pour me réveiller.

Il fait beau ce matin mais je me sens d’humeur triste.
Est-ce notre conversation sur le sens de nos vies respectives d’hier soir ?
J’ai du vague à l’âme aujourd’hui, et le chemin prend une allure de corvée.

 

COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

Je retrouve des sentiers ou je traverse des hameaux sans intérêt « La Bouyssiere » « Le Pech » qui laissent entrevoir l’autoroute A20 étrangement calme.
Après lui avoir tourné le dos, le GR me réveille avec un bon dénivelé de 100 m et les montées sur des sentiers boisés.
Le corps se tend, les mollets grincent et j’adapte mon rythme en buvant régulièrement.
Arrivé vers 13h au stade près de la Guintarde , je croise de nouveau le couple d’allemands de l’Est en mode « pause ravitaillement ».
Le chemin a laissé quelques traces sur eux ( ampoules, inflammations tendons) mais ils gardent le moral en se prévoyant une étape de 30 kms.
On se souhaite chaleureusement » Bon chemin ».
C’est toujours curieux, cette magie du chemin.
Je croiserai certaines personnes plusieurs fois, d’autres jamais plus, et quelques-unes que je n’aurai pas soupçonné beaucoup plus loin dans le parcours. A chaque fois, il y a un petit clin d’œil, une phrase, un petit message pour la journée ou une réponse à ton questionnement intérieur resté en attente.

COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

Le soleil est à son apogée et le sentier serpente entre des paysages vallonnés pendant 5 kms avant de découvrir CAHORS en contrebas.
CAHORS est une ville qui se mérite.
Et pour cause, la descente est vraiment abrupte sur 800 m.
Les pieds cognent au bout des chaussures à chaque pas. J’adopte la descente en diagonale pour limiter la raideur de la descente.
ça tape, ça grippe, les pieds brulent mais j’arrive enfin en bas.
Tiens ! Mon pèlerin allemand seul.
Sa femme souffrait tellement qu’une voiture l’a emmené dès le début de la pente pour la déposer au carrefour ou la terre est plus plate.

Direction le pont louis-Philippe ou je me dirige sur une terrasse de café ombragée pour m’accorder 30 minutes de repos, les pieds à l’air.
Un bonheur de sentir son corps en repos. Il me manque juste un bain frais pour que la détente soit optimale mais de là à aller plonger dans la fontaine à coté, n’exagérons pas!
Je remets les chaussures devenues étroites à mon gout, et déambule dans les ruelles de Cahors: d’abord à l’office de tourisme pour quelques infos,
ensuite à un "CASH Converters" pour acheter un câble iPhone ( ma batterie de téléphone était presque à zéro)
et pour terminer, je vais me recueillir dans la cathédrale Saint-Etienne de Cahors.

COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

J’aime bien cette énergie particulière que je peux ressentir parfois à l’intérieur, et son silence.
J’allumerai quelques cierges pour méditer et envoyer de la lumière à mes proches, dont une pensée particulière pour la guérison d’une amie « Gaëlle », et un couple d’amis toulousains que la Vie n’épargne pas en ce moment.
Je prends le temps de flâner dans le cloitre avoisinant avant de replonger dans les ruelles peuplées de Cahors.
Je ressens le besoin de continuer mon chemin.
Trop de monde ici. Trop urbanisé aussi.


Je prends la direction du Pont Valentré qui se dessine devant moi, majestueux avec ses arches et ses pieds poses dans le LOT.

Une certaine émotion me saisit lorsque je pose mes premiers pas sur ce pont.
J’ai l’impression étrange de le traverser pour mes ancêtres, de marcher pour eux à ce moment-là, comme si je reliais quelque chose de subtil lié au passé.

La montée des marches à la sortie me replonge dans le réel.
Des marches taillées pour des géants dans la falaise font que je suis trempé en arrivant au sommet ou je surplombe le lot et son pont encore plus beau de ce côté.

J’appelle au hasard le gite des Mahieux qui a une place pour moi et qui me rappelle que le diner est à 19h.
il est 17h15. 5 petits kms à parcourir ou la route longe un autoroute pendant 2 kms.
Cette partie-là est longue, inintéressante au possible avant de retrouver la tranquillité sur le chemin.

Enfin , le gite avec la promesse d’une bonne douche.
Je serai dans une chambre, seul car l’autre personne ne vient pas.

Après un bon nettoyage, je retrouve à table Jean-Marc ( le pèlerin assis dans un fossé hier) et fais la connaissance de Jocelyne et Catherine (mère et fille) ou les conversations joyeuses nous font passer une bonne soirée.

Je retrouve mon lit avec bonheur et m’endors en pensant à quelques phrases éparses tirées de Jacques Musset sur le pèlerin :
« rappelez-vous l’essentielle vérité : le royaume intérieur, le trésor caché se découvrent seulement en marchant » « simples mots dont la vérité s’éclaire dans l’aventure du chemin, plus loin plus avant, plus profond »

 

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COMPOSTELLE 2016 - Jour 4 : GITE D’ETAPE DE DALAT – LALBENQUE : 26,5 kms

Publié le par ulysse92

20 septembre 2016

Sommeil profond sans souvenir de rêves.
7h : Réveil en plusieurs phases : lever de paupières, notion de temps, premières sensations corporelles.

Petite toilette du matin mais surtout massage des pieds, huilage, sparadraps et café pour terminer la préparation.

7h35 : Je salue tout le monde déjà présent. Quelques encouragements pour ce jour qui s’annonce.

Je serai le dernier à partir avec la traditionnelle photo souvenir de Dominique pour son album souvenir.

Une belle lumière du jour accompagne mes premiers pas pour m’amener rapidement vers LIMOGNE EN QUERCY que je traverse nonchalamment, apercevant quelques pèlerins autour d’une tasse de café.

COMPOSTELLE 2016 - Jour 4 : GITE D’ETAPE DE DALAT – LALBENQUE : 26,5 kms

Je passe rapidement mon chemin, content de m’être arrêté hier soir à Dalat ou je suis resté dans cette énergie particulière, qui vous donne l’impression de vivre un moment unique.

Je me souviens d’être sorti regarder ce ciel tissé d’étoiles que l’on ne peut voir en région parisienne et de gouter ce silence que la Nature orchestre de temps à autre.
Mes pas m’ont amené déjà hors de Limogne en Quercy et je marche à travers des sentiers boisés qui me portent à la réflexion.

Je me sens à la fois tellement vivant et si loin de ce que je suis vraiment.
Mes pas s’enchainent, tandis que mes pensées se déroulent sur le fil de ma vie, distraites par la configuration étrange des chemtrails dans ce ciel bleu.

COMPOSTELLE 2016 - Jour 4 : GITE D’ETAPE DE DALAT – LALBENQUE : 26,5 kms

12 kms se passent ainsi, entre rêveries, pensées diverses et contemplation du paysage sur ces chemins pittoresques, le village très calme de VARAIRE.
Avant d’arriver à Bach, une boite à lettres sur un mur de maison ou l’on peut prendre un livre pour le voyage ou en laisser un pour les autres. Belle initiative pour les pèlerins en soif de lecture !
Bach, petit village de 172 âmes avec un petit restaurant, son église et un point d’eau pour les gourdes.
Tant mieux car il fait soif !
Les températures sont estivales et j’en profite pour m’asseoir cinq minutes, contemplant cette place et des collègues pèlerins croisés hier soir en mode ravitaillement.
Je ne ressens pas le besoin de manger et préfère jeûner le midi comme j’avais prévu initialement au début du périple.

 

COMPOSTELLE 2016 - Jour 4 : GITE D’ETAPE DE DALAT – LALBENQUE : 26,5 kms
COMPOSTELLE 2016 - Jour 4 : GITE D’ETAPE DE DALAT – LALBENQUE : 26,5 kms

Je reprends très vite les sentiers boisés, avec de belles montées pierreuses qui réveillent le corps.
Il fait lourd et mes pieds chauffent .
Je ne prends pas la variante vers le couvent de VAYLATS et trace directement vers le Mas de VERS.

Je croise à ce carrefour un pèlerin assis sur le fossé, le regard un peu perdu
Je lui demande si tout va bien.
Il attend une voiture pour l’emmener au gite d’étape. Ses jambes lui font mal.
Je ne sais pas encore que je le retrouverai bientôt sur le chemin pour connaitre son histoire.
Je continue ma route, mais sens après 150 m que ça ne va pas.
Effectivement, c’est la mauvaise direction.
Je reviens sur mes pas et cette fois prends le bon sentier.

Cette route bitumée de 3,2 kms va me sembler interminable avec ses lacets, ses voitures surgissant soudainement.
Mes pieds me font franchement mal mais ce soir je m'arrête  à LALBENQUE retrouver une amie thérapeute rencontrée dans le cadre d'une formation en constellations familiales
.

 

rue du marché aux truffesEnfin, les premières maisons apparaissent et je rentre dans le village.
LALBENQUE, le village réputé pour son marché aux truffes.(j’avoue ! je ne le savais pas non plus !)

je m'arrête dans un bar pour m'autoriser une bière fraiche, quitter mes chaussures pour laisser revivre mes pieds et m'apercevoir que j'ai perdu ou oublié mon chargeur quelque part.
Heureusement, le barman en a un à me prêter et je peux recharger mon téléphone.

C’est mieux pour lire l’adresse sauvegardée sur le téléphone et prévenir mon amie que je suis arrivé.

 

Je retrouve Viviane, ou nous passerons de longues heures à refaire le monde et parler de Compostelle, thérapie et sens de la Vie.


26 kms sous le soleil, ça vous assomme assez vite et je prends possession de ma chambre, une grande pièce qui sert de lieu de méditation pour des groupes.
L’énergie est présente mais douce et je m’endors assez vite

Je me souviens la nuit d’avoir demandé tout haut à des femmes habillées en nonnes qui riaient de faire moins de bruit.
Viviane me dira en riant le lendemain que ce bâtiment était habité avant par des religieuses.

Le chemin, ça vous reconnecte fort !

COMPOSTELLE 2016 - Jour 4 : GITE D’ETAPE DE DALAT – LALBENQUE : 26,5 kms

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COMPOSTELLE 2016 - JOUR 3 : BEDUER - MAS DE DALAT (32,5kms)

Publié le par ulysse92

19 septembre 2016

Après une bonne nuit de sommeil et un super petit déjeuner à "la Soursonnette", je sors à l’extérieur regarder la lumière du jour glisser sur l'horizon, telle une vague se déversant sur les bois endormis autour de nous.
Il fera beau aujourd’hui.
Je range toutes mes affaires et le poncho dans le sac et remercie nos hôtes pour leur accueil chaleureux. De belles personnes dont je garderai un bon souvenir.
Tous les autres pèlerins sont déjà partis devant.
Je prends le temps ce matin de dérouler tranquillement durant les 1ers kilomètres, m enivrant de la senteur d’humus et des bruits de la nature s’égayant sous les rayons de soleil.

Tout en rêvassant, je finis par rattraper le couple d’Allemands de L’est. D’abord le mari, un grand gaillard joyeux qui s’entreprend en anglais de me raconter son parcours de militaire un peu « particulier »avant de migrer du côté Ouest ; sa femme, plus petite, essaie de garder le rythme en silence, pour maintenir le cap prévu de la journée.

dolmen de Pech-Laglayre

dolmen de Pech-Laglayre

Je suis bien, délicieusement en paix dans cette foret, à la fois seul et entouré de toutes ces formes de vie qui chantent, bourdonnent, craquent, détalent ou se taisent.

Un beau panorama me présente CAJARC que je vais rejoindre par une belle descente abrupte, saluant au passage une pèlerine assise que mon passage semble troubler.

Cajarc centre et eglise Saint Etienne
Cajarc centre et eglise Saint EtienneCajarc centre et eglise Saint EtienneCajarc centre et eglise Saint Etienne

Cajarc centre et eglise Saint Etienne

CAJARC, village avec ces petites ruelles engoncées entre les maisons qui fleurent bon la douceur de vivre.
Je passe visiter l’église St-Etienne pour me recueillir un peu dans ce lieu sacré, mettre quelques cierges pour des bonnes intentions envers des proches (ou moins proches aussi ) et leur envoyer de bonnes pensées d’énergie.
Je traverse le village et demande à une personne âgée ou trouver une épicerie pour boire quelque chose de frais. Il me propose généreusement une boisson fraiche, avant de filer à son rendez-vous. Merci, la Vie !

Assis au bord un banc, je regarde le pont suspendu posé sur le Lot et profite de la lumière du paysage et reste de longues minutes à savourer ces instants de simplicité. J enlève mes chaussures, mes chaussettes et laisse mes pieds respirer.
ils ont bien souffert. Quelques ampoules témoignent d'un désaccord entre eux, les semelles, les chaussures et le bitume.
Je mets un ou deux pansements, les masse avec de l huile et reste ainsi pieds nus à regarder sans vraiment observer, entendre sans vraiment écouter.
45 minutes ont passe ainsi.
je me rechausse,  remets le sac à dos et regarde le plan. Ou vais je m arrêter?
Nous verrons le moment venu selon l’inspiration.
Le soleil est généreux et la sortie de CAJARC se fait en sueur, sous le bord d’une grande route dangereuse, avant de retrouver la direction de GAILLAC.

Direction vers des sentiers boisés pour un peu de fraicheur, mais également de belles montées ou le rythme se fait moins rapide, le cœur battant plus fort et le sac plus lacérant au niveau des épaules.
Qu’importe ! la nature me berce et mène mes pas jusqu à St Jean de Laur, accueilli par des guirlandes de ballons et de coquilles saint jacques colorées.
C est gai et je m’arrête pour écouter le tintement, et remplir ma gourde.

Il est 17h et je n’ai pas vu l’heure passer.
J’appelle les deux gites des environs. L’un est complet, l’autre ne répond pas.
J’appelle le Gite Dalat Etape ou une voix sympathique me répond que c est possible.

5, 8 kms à faire encore. L’idée de ne pas réserver pour se laisser porter par la surprise, la magie de chaque journée sur le lieu final me laisse un moment dubitatif.
Je m’entends penser tout haut « ok, je fais confiance mais c’est un peu dur là »
Il faut avancer, faire des choix. On ne revient pas en arrière.
J’accélère le pas jusqu’à trottiner au pas de course dans les descentes avec une belle montée finale dans le dernier km. Merci Monsieur + !

Je mettrai un peu plus d’une heure pour enfin déposer mon sac au gite et prendre une douche récupératrice, nécessaire pour reprendre forme humaine.
Je fais connaissance des autres pèlerins arrivés avant moi : René et sa femme (un couple de néo zélandais), 2 français ( Paul et François qui ont décidé en cours de chemin de le finir ensemble) et Zladi, une Américaine.
Dominique, notre hôte qui nous accueille est un amateur de treks et un fin cuisinier.
C’est autour d’un bon repas festif que nous parlerons de nos vies, écorchées pour certains, des rencontres sur le chemin et du meilleur à venir.
Une belle soirée teintée d’humour et de générosité de cœur que je garde avec moi avant de rejoindre ma suite.
Oui ! ma suite car j’ai le dortoir avec salle de bains et WC pour moi tout seul à l’étage.
Les surprises du chemin c’est ca aussi !
Avant de m' endormir, je repense à ce texte déposé sur le chemin, destiné à tous ceux qui auront pris le temps de le voir.
Ce texte, je vous le dédie !

COMPOSTELLE 2016 - JOUR 3 : BEDUER - MAS DE DALAT (32,5kms)

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COMPOSTELLE 2016 - JOUR 2 : MONTREDON-BEDUER - 30 KMS

Publié le par ulysse92

18 septembre 2016

Lever à 7h après une bonne nuit de sommeil récupératrice.
Après avoir préparé mon sac, je descends prendre un café dans la salle.
Mon colocataire d’une nuit est déjà prêt à partir, tandis que Charlène et sa fille, nos deux pèlerines québécoises, prennent leur petit déjeuner.
Quelques échanges amicaux ou chacun se souhaite « bon chemin ».
La spontanéité de l instant en fait aussi son coté éphémère, ou après avoir ouvert la veille tous ensemble un peu nos cœurs et nos âmes, nous replongeons dans notre silence intérieur sur cette nouvelle journée qui s’ouvre à nous.
Je reste seul à faire mon sac, pour être sur d’avoir mon poncho à proximité car le ciel boudeur semble nous promettre de la pluie.
Je quitte "la Mariotte" sans me retourner, laissant mes jambes reprendre le rythme sur cette route désertée.
Des senteurs de campagne, des odeurs de bois mouilles parmi tout ce silence entre routes et forets m’accompagnent jusqu’à la chapelle de Sainte Marie Madeleine de GUIRANDE.
 

COMPOSTELLE 2016 - JOUR 2 : MONTREDON-BEDUER - 30 KMS
COMPOSTELLE 2016 - JOUR 2 : MONTREDON-BEDUER - 30 KMS
COMPOSTELLE 2016 - JOUR 2 : MONTREDON-BEDUER - 30 KMS
COMPOSTELLE 2016 - JOUR 2 : MONTREDON-BEDUER - 30 KMS

Une chapelle anodine de l extérieur ou je découvre de belles peintures originelles qui semblent s’accrocher désespérément aux murs pour ne pas disparaitre. Les connaisseurs y verront le taureau de Saint Luc, le lion de Saint- Marc (pardonnez mon ignorance. je l’ai lu moi aussi sur le doc)
Je reste un peu de temps à méditer, à envoyer de bonnes pensées en me connectant à tous ceux et celles que je connais ou pas..
Ces moments là sont des bulles dans mon espace intérieur ou le temps prend une dimension différente.
Eh oui toi, membre de ma famille, mon ami(e), mon(ma) collègue de travail, mon voisin ou le (la) parfait(e) inconnu(e) qui me lit en ce moment, j'ai eu une pensée pour toi.

Les chemins s’enchainent sous la bruine, passant devant la grange de Bord pour dépasser St Félix et St Jean de Mirabel.
Je trouve la route un peu monotone ce matin, peut être distrait par cette sensation de douleur au niveau des pieds.

Heureusement quelques messages égayent la route, comme d’heureux clins d’œil pour te faire sourire intérieurement et te rappeler que tu n es jamais seul sur le chemin.

COMPOSTELLE 2016 - JOUR 2 : MONTREDON-BEDUER - 30 KMS
COMPOSTELLE 2016 - JOUR 2 : MONTREDON-BEDUER - 30 KMS


J’atteins FIGEAC vers 13h sous une pluie fine que je longe en suivant la rivière « LE CELE » qui le traverse de part en part.
Une petite pause sur une place au cœur d’une mini brocante ou je regarde déambuler les gens du coin, comme un spectateur un peu surpris du film de la Vie ici.

Je recroise nos deux québécoises arrivées au terme de leur aventure.

Je leur souhaite chaleureusement un bon retour en leur disant que le chemin continuera à les imprégner encore longtemps après ce périple.

Je regarde mon « MIAM MIAM DODO» et décide de repartir sans savoir ou je m’arrêterais ce soir.
Laissons nous surprendre !

De belles montées, mais rudes, jusqu’ à Faycelles vont me solliciter au delà de mes espérances. Le dos me brule, le corps réclame sans arrêt à boire et les jambes se raidissent davantage.
Je me pose 5 minutes. Que me dit mon instinct en regardant ce nuage d’oiseaux voletant autour de ce toit d’église ? Est-ce le silence dans ce village pourtant très joli ou cette lumière sombre ?
Je remplis ma gourde et décide de pousser jusqu à BEDUER, dernière possibilité.
3,5 kms ou le corps me fait comprendre que je dois trouver un gite pour la nuit.
Ça sera chose faite à "la Soursonnette" , un petit coin de fraicheur ou je reste à discuter du chemin avec le sympathique propriétaire,  autour d'un verre de bière.
Ouf ! Il reste une place. Je m’installerai dans une chambre avec 5 personnes.
Même la promiscuité de nos lits m’indiffère tellement je suis content de pouvoir prendre une douche pour me laver de ces tensions accumulées .
Le repas du soir en compagnie de nos Hôtes ( Nadia et Jean-Pierre) est un vrai moment de plaisir et de partage ou la bonne humeur de Jean-Pierre et de son accent chantant nous fera oublier la difficulté du parcours du jour.
C’est aussi la magie du chemin !

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COMPOSTELLE 2016 : JOUR 1 : CONQUES-MONTREDON : 30kms

Publié le par ulysse92

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COMPOSTELLE 2016 : JOUR 1 : CONQUES-MONTREDON : 30kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 1 : CONQUES-MONTREDON : 30kms

17 septembre 2016.

CONQUES se révèle à moi, drapé dans un sommeil ou le silence des murs et des toits emplit l’atmosphère.
Le taxi est reparti, et je m’assieds sur un muret pour gouter ces minutes de plénitude, essayant d’entendre les murmures des pierres témoins de tant de siècles passés.

Magie de ces halos de réverbère sur cette nuit qui cède la place au jour venant doucement glisser sur ces ruelles endormies.
Il est maintenant 7h et je profite pour aller déjeuner à l’abbatiale de Conques ou déjà des pèlerins s’affairent pour partir avant les premiers rayons de soleil.
Une ou deux tasses de café, un peu de pain réchauffent l’estomac.
Je jeûnerai ensuite jusqu'au repas du soir, chaque jour de mon périple.

Je pars chercher les premiers signes du GR65 pour retrouver vite le chemin, passant la porte du BARRY et descends joyeux, laissant Conques derrière moi.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 1 : CONQUES-MONTREDON : 30kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 1 : CONQUES-MONTREDON : 30kms

Une 1ère montée me rappelle tout de suite la réalité du chemin avec 300M de dénivelés à travers bois et espaces dégagés, saluant au passage la Chapelle Sainte Foy.

Arrivé au carrefour de chemins ou la variante de NOAILHAC s’offre à moi, j’opte pour suivre le chemin traditionnel. Gisèle, une charmante sexagénaire, m’accompagne pendant quelques minutes ou nous discutons de choses et d’autres sur nos parcours respectifs.
De nouveau, je reprends le chemin seul . Le chemin serpente entre bois et routes jusqu’au hameau de PRAYSSAC ou je stoppe me ravitailler en eau.

La rencontre de Jean-Luc ROUX, un "sacré personnage accueillant les pèlerins» est un moment de joie et d’enchantement ou nous conversons à bâtons rompus.
Sa première question : « c’est quoi ce qui te fait marcher dans la Vie ? « et le chant d ULTREIA repris en chœur avec Gisèle qui nous a rejoint, restent épiques.

Le chemin nous fait avancer ensemble, parfois nous sépare et nous fait se retrouver.
Cela fait déjà 20kms que j’avance sereinement, mettant le poncho, enlevant le poncho au gré des nuages.

Ainsi, sous ce ciel brumeux ou la pluie vient parfois nous rafraichir, je marcherai seul jusqu'à percevoir des hauteurs de DECAZEVILLE et de nouveau Gisèle.
Nous descendons ensemble les ruelles nous plongeant au cœur du village.
Une pèlerine égarée nous emboite le pas. Elle vient juste d’arriver et ne nous perd pas de l’œil.
La montée pour aller vers Saint-Roch lui sera fatale, et nous la perdons de vue au 2èmevirage.
Il fait chaud, les mollets grincent, le sac se fait soudainement lourd et cette côte n’en finit pas.
Heureusement que les points d’eau près des églises sont fréquents. Je suis trempé.
Aïe, mes pieds me font déjà mal. Étrange sensation que je n’avais pas la dernière fois.
Le doute s’installe.
Bien que récentes, j’ai utilisé mes chaussures plusieurs fois sur des longs parcours. La chaleur peut –être me fait gonfler les pieds. J’espère que cela ne va pas s’amplifier.


Nous descendons jusqu’à LIVINHAC LE HAUT, à travers un sentier qui serpente entre ces vallées boisées.
Je quitte Gisèle qui va vers son gite, pour aller me poser 20 minutes dans un bistrot.
Le bonheur est fait de choses simples en randonnée : un corps qui se pose, des jambes qui se détendent, un dos plus léger, et une boisson fraiche.
Il est trop tôt pour s’arrêter. J’écoute cette petite voix intérieure qui me dit « Encore un peu jusqu’ au prochain village »
Je le sens ainsi et empli de cette certitude, je remets le sac et repars pour 6 kms de montée à travers bois et routes pour parvenir à MONTREDON.

J’appelle la chambre d’hôtes «la Mariotte» pour qui il reste des chambres.
J’arrive quelques minutes après .Rituel des chaussures laissées en bas. Un coup de bombe sur mon sac contre les punaises et je découvre la chambre composée de 4 lits. Nous ne sommes que deux à l'occuper, permettant plus d'intimité.
Je découvre au rez de chaussée nos pèlerins du jour :
2 femmes québecoises, une allemande et un sexagénaire Bavarois un peu timide
Le repas composé d'une soupe et de produits locaux est délicieux et délie les langues.
Les échanges s'animent autour de nos expériences respectives sur la Vie, des activités de thérapeute représentés en nombre ce soir là.
J’emporterais dans mon sommeil la richesse de ce partage québeco-franco-allemand, et de ces belles présences, rendu possible par le fait d'avoir suivi mon intuition de pousser jusqu'à cet endroit.

Vive la magie du chemin ! ULTREIA !

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 1 : CONQUES-MONTREDON : 30kms

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COMPOSTELLE 2016 - ARRIVEE A CONQUES POUR UN NOUVEAU PERIPLE

Publié le par ulysse92

Un an s’est écoulé depuis mon  périple LE PUY EN VELAY –CONQUES.

Un chemin fort, qui s’est imprimé parfois douloureusement dans mes jambes au point d’être tenté d’abandonner ; un chemin  ponctué de belles rencontres, de journées à écouter le silence pour mieux entendre son âme.

Tous ces souvenirs ont nourri ce sentiment intense de liberté intérieure qui me donne aujourd’hui l’envie de repartir.

Cette fois, je décide de partir 2 semaines pour mieux gouter intensément l’espace intérieur de ce chemin.

 
La préparation se fait plus rapide au niveau du sac à dos :

(4 paires de chaussettes, 4 tee shirts,1 short,3 boxers, 1 sac a viande ( plus léger), 1 tapis de sol, 1 sweat polaire, 1 casquette, 1 cape de pluie, nécessaire de toilette en petit volume, quelques dolipranes, 1 pommade  et compeed, 1 petite paire de ciseaux, mon livre « Miammiam, ma crédenciale, 1 carnet de notes avec crayon, 1 chargeur avec batterie externe,  1 gourde.

1 sacoche ventrale pour papiers, téléphone, argent et  lunettes soleil.

je teste le poids du sac :  8, 5 kilos.

2,5 kilos de moins qu’avant pour une semaine, c’est mieux. Je m’allège.


Concernant le plan de route, j’envisage un parcours de 400 kms sur 2 semaines, ajustable en fonction de mon rythme et de mes envies.

Pas de mode compétition, mais je sais que j’ai besoin de passer un stade de fatigue par le corps pour simplement me laisser porter par mes sensations du moment,  mes intuitions.

Dans cet esprit, je ne programme pas de billet retour pour le train, ne sachant pas ou je serai à ce moment-là.

 

COMPOSTELLE 2016 - ARRIVEE A CONQUES POUR UN NOUVEAU PERIPLE

C'est le moment du départ. 

Direction gare Austerlitz pour un train de nuit jusqu a Saint-Christophe,.

Prenant un café sur un stand, un serveur chinois se met à me parler de 3ème œil et de l'énergie.

Je souris intérieurement.

22h52: le train ferme ses portes. 

Je mets mon siège en allongé pour tenter de trouver le sommeil.

 Le train me berce, laissant mes pensées dériver sur mes retrouvailles avec le chemin.

Conques, me voilà !!

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Diaporama COMPOSTELLE : LE PUY EN VELAY-CONQUES

Publié le par ulysse92

Bonjour à tous et à toutes,

J'ai le plaisir de vous proposer un diaporama photo pour terminer le récit " LE PUY EN VELAY - CONQUES".
Peut-etre vous donnera t il envie de partir de prendre votre sac à dos pour partir sur le chemin?
Chaleureusement
Denis

diaporama photo sur le chemin "LE PUY EN VELAY-CONQUES"

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Publié le par ulysse92

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Bonjour à  tous et  toutes
je vous invite à lire cette dernière étape qui nous mènera à Conques.
Bonne lecture, et n hésitez pas à me faire part de vos commentaires

Chaleureusement

brumes matinales dansant sur la vallée

brumes matinales dansant sur la vallée

18 septembre 2015

Une bonne nuit récupératrice dans un lit, un vrai lit ou tout mon corps s est lové amoureusement.
Oui, mon corps veut épouser ce lit qui le berce, le réchauffe, le protège.
Mais la romance s achève avec la lumière du jour qui vient chatouiller mes paupières.
Il est 7h30. Pas de bruit de pluie.
La dernière journée semble s'annoncer radieuse.
Je m assieds au bord du lit, pour réveiller doucement ces articulations qui ont supporté ces 32 kms hier.
Je remercie ce corps qui a tenu bon, malgré la douleur intense fixée sur le nerf entre la base de mon pied droit et le haut de mon tibia.. ( j'apprendrais plus tard par mon médecin que tous les symptômes semblaient désigner une périostite tibiale)
Je le masse. D abord les pieds, puis les jambes de manière tonique pour réveiller les muscles.
Les épaules ne me remercient pas. Le sac a laissé quelques traces de fatigue visibles.
C'est le dernier jour.
Je refais les mêmes gestes pour préparer le sac, tout ranger, mettre sa housse de pluie en prévision, mettre du talc dans mes chaussures, mes pieds.
Tout est prêt.
Après pris le temps de savourer ce dernier petit déjeuner d'étape, je salue le couple de randonneurs, Joëlle soulier ( la propriétaire du gîte) et je sors dehors.
L'air est frais, avec un joli rayon de soleil prometteur.
Je déroule quelques pas doucement pour reprendre la direction de cette dernière étape de 17 kms.
Une petite étape, avec un sentiment mitigé dans le cœur de bonheur, car je serai allé au bout de mon voyage, et de tristesse car c'est déjà la fin du voyage.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je descends tranquillement vers ESPEYRAC ou la brume glisse encore sur les près endormis, croisant au passage un vieux pèlerin venu à pied de Zurich et qui continue jusqu à Saint Jean Pied de Port.
Je lis le bonheur dans son regard et après avoir photographie 2 ânes qui nous saluent, il repart aussi vite que je l'ai croisé.
ESPERAC est un joli petit village que je traverse doucement en appréciant sa léthargie puis continue vers SENERGUES que j atteindrai assez vite.
Quelques personnes agées empruntent sur un ou deux kms la petite montée et je les dépasse comme en apesanteur, tandis que leurs corps s'essoufflent à chaque pas.
Je remercie la Vie de me permettre de vivre ce chemin avant de m'essouffler à mon tour,  un jour.
A SENERGUES, je passe dans l église voir l architecture intérieure et , à la sortie, un couple quinquagénaire me regarde.
J'entends l homme dire a sa femme : "Regarde chérie "un pèlerin" !
Ca y est. J ai gagné mon titre de pèlerin.
Ca se voit â mes traits creusés? Mon odeur du matin après 8 kms de marche ? à mon pantalon crasseux et mon gros sac a dos couvert de sa protection orange ?
Peu importe, mais je souris.
J'enchaine sur une bonne côte qui m'amène sur des chemins boisés aux senteurs volatiles qui viennent me griser.

Aujourd'hui, je marche en flânant, en ralentissant volontairement mon rythme. Je fais durer le plaisir, humant les sapins, l humus des sous-bois, écoutant toutes les voix de la forêt.

C'est un moment de partage avec Dame Nature comme je les aime.
Je sens ses pas, sa vibration, sa voix.


J imagine toutes ces présences invisibles, pétillantes dont les noms me rappellent les souvenirs de mon enfance : les fées, les lutins, m'observant derrière un arbre ou sur une branche.


Merci pour ce moment magique.
 

 

Je retrouve le denier tronçon qui sera une petite route goudronnée ou les sacs à dos sont nombreux.


J entends leurs pas, devant, derrière mais je reste dans mon monde à voir le soleil caresser les versants des collines boisées.
Il fait chaud.Le poncho retrouve le sac et la route prend une allure de ballade printanière.


Je dépasse une pèlerine aux vêtements fripés et usés qui marche avec un petit chien en laisse. Je me souviens de ses sandales,  vestiges d'une longue route passée, de son regard bleu particulier ou la rencontre avec quelque chose semble avoir été faite.

 

Derniere descente vers ConquesDerniere descente vers Conques

Derniere descente vers Conques

Dernière descente vers CONQUES.

Un Chemin caillouteux et glissant qui impose d être prudent.
Je savoure la descente qui sera la dernière épreuve avant d apercevoir les prémices du village.

Je touche la pancarte de CONQUES avec un peu d'émotion (petit selfie au passage).

 

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.
 

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je passe visiter l'abbatiale prendre le temps de m'asseoir devant la statue de saint Jacques.
Pas de mots, un lent moment de contemplation, d écoute intérieure, de partage.
Le temps s'efface pour laisser défiler un film en filigrane.
Je me remémore les beaux moments, les difficultés, la magie des rencontres, l'énergie du chemin.

Je remercie pour tout cela.

Après ce moment fort intérieurement, je sors admirer les différentes parties architecturales de l église, emprunter l'escalier de Saint-Jacques vers le cloître extérieur pour m'asseoir à nouveau et me baigner dans cette atmosphère.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Le nombre de touristes grandissant, je vais me cacher dans un magasin de pierres ( dont je ramènerai une belle septria et une belle labradorite)
Toutes les navettes étant parties, je n'ai pas envie de rester davantage à flâner..

Trop de monde.

Trop de bruit.

Trop de tout.

Je prends mon sac à dos et décide sereinement de faire du stop pour aller prendre un train à  DECAZEVILLE . J'ai une heure pour faire 24 kms.
Je sens que je dois finir ainsi et faire confiance comme je l'ai fait tout au long du chemin.
Tout se passera bien.
3 voitures s'arrêteront pour me permettre d arriver 5 mns avant prendre mon billet de train, et monter dans le TER ou une seule place m'attendait.
Le reste du voyage défile comme dans un rêve tandis que je pose mes mots sur ces premières notes.


Tandis qu'un arc en ciel vient souligner mon départ de cette belle région, les images de paysages, de visages , du chemin viennent effleurer mon âme et bercer mon cœur.

Merci pour tous ces moments, pour ce dépassement, pour ces retrouvailles.

Je reviens nourri et grandi.

Je ne suis plus le même.

Je sais déjà que je reviendrai sur Conques pour continuer le chemin.

Dans ce wagon qui file vers PARIS, je souris en m'endormant sur cette promesse.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 7: ESPALION - BEZZOLES - 32 KMS

Publié le par ulysse92

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soupirs de Dame Nature

soupirs de Dame Nature

17 septembre 2015
Les cloches dans le lointain viennent doucement me murmurer qu'il est 7h.
Sans réveiller mes voisins, je m'habille sans bruit et prends mon sac préparé hier soir.
Quelques personnes sont déjà dans la salle commune et nous déjeunons copieusement tout en échangeant quelques infos sur le chemin.
Sac couvert, poncho enfilé, je pars seul sous la pluie.
Pas de douleur coté tibia droit.
il s'est vraiment passé quelque chose d'extraordinaire hier.



Les 3 premiers kms passent vite, sous l herbe mouillée jusqu'à Bessejuouls avec des belles surprises pittoresques.

La montée jusqu'à Beauregard n n'est pas précisée et pourtant,sur la terre ocre ou l'eau ruisselle, c'est une bonne difficulté ou toute chute devient dangereuse.

 

COMPOSTELLE 2015- JOUR 7:  ESPALION - BEZZOLES - 32 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 7:  ESPALION - BEZZOLES - 32 KMS

De Beauregard a Verrières, c est de la boue, de l'eau, des chemins détrempés qu il faut contourner, sur fond de paysages de brume qui habillent l horizon.

J'alterne des montées et descentes  à travers des chemins boisés  pour atteindre ESTAING qui se découvre enfin au détour d'un virage.

Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles

Estaing sous differents angles

ESTAING est un bien petit joli village posé au pied d'une rivière qui serpente sur toute sa longueur.

J'arpente quelques ruelles et prends un café mérité en terrasse, le temps de regarder mon itinéraire du jour.
Le soleil me réchauffe bien.
Plein d'énergie, je reprends la route ombragée sur 4 kms qui s écoulent doucement.
Pas de bruits de voiture, personne à l'horizon.
La platitude du chemin finirait presque par m ennuyer.

L'ennui s'arrêtera après ces 4 kms car la montée vers Fonteilles, après Montegut Bas et Montegut haut ( 300 m de dénivelé ) ne sera pas une partie de plaisir, mais quelle victoire de dépasser cela.
Les pas s enchaînent, côte après côte, lacet après lacet, caillou après caillou.
On ne pense plus à rien d'autre que poser son pied gauche après son pied droit.
On ne regarde plus en hauteur mais seulement le chemin du bout de ses pieds.
A ce moment là je me suis souvenu de l'état second pour la fabrication de mon tambour.
Je suis dans le même état.
Je suis simplement un pèlerin qui marche seul, face à lui-même.
Les notions de temps et de distance se sont effacées, ça fait bien longtemps que j ai oublié quel jour nous étions.
Je comprends maintenant comment le chemin vous lave, vous nettoie dans l effort pour vous faire passer à autre chose.
Et ça va continuer de monter jusqu'à GOLINHAC.
Petit village sans intérêt, ou tout est fermé l'après-midi.
Mon rêve de boire quelque chose de frais reste vain.
A 17 h le village continue d'être dans une torpeur hivernale, sans bruit, sans vie.
Alors je m assieds au soleil devant un panorama verdoyant de solitude tranquille.
Le soleil réchauffe tout mon corps sous le poncho et je profite de faire le lézard pour me nourrir de cette énergie, à défaut de manger le midi.
Un taxi s arrête, laissant descendre un japonais qui semble arriver de nulle part,
Ce spectacle me fait rire et devant la porte fermée de son gite, il est comme une mouche qui cherche à entrer par tous les moyens
Je finis par l'appeler et lui explique qu' ils ouvrent dans une heure.
Il vient d Osaka et a pris le taxi ( non, pas d Osaka ! ) mais de sa dernière étape car il était trop fatigué.
Il est rassuré et on se salue avent de partir.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 7:  ESPALION - BEZZOLES - 32 KMS

Le gîte d Espérac, sur lequel je lorgnais une place, est complet.

Changement de stratégie. J'opte finalement pour BEZZOLES qui se révélera être un excellent choix à tout point de vue.
Sous la pluie je parcours 4 kms.
Ereinté, j arrive enfin vers 18h et découvre dans ce corps de ferme, à ma grande surprise, une chambre avec des murs en pierre qui m'apparait comme un beau cadeau.

Une douche salvatrice sera plus que nécessaire car mes tendons, mes abducteurs me brûlent.
32 kms mais pas un de plus.
Je suis fourbu.
Vers 19h30, un couple de randonneurs m'accompagne pour ce repas « fait maison » à base de produits du jardin et de la viande de bison. C est un vrai festin ou nous saurons tout sur l'élevage des bisons, de la vie à la ferme aujourd'hui.
Bien repu, je vais me mettre dans ce lit pour m'endormir vite, flottant sur les images de cette journée de marathon.

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