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Articles avec #randonnee tag

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 10 - MIRADOUX - MARSOLAN : 24 kms

Publié le par ulysse92

Bonjour,
J'ai le plaisir de partager avec vous une nouvelle étape du chemin de Compostelle.
Dans cet article, vous pouvez cliquer sur les mots en gras soulignés qui vous emmèneront vers un site pour plus d’informations :-)
Bonne lecture !

 

Retrouvez moi sur ma page Facebook : quelques pas sur le chemin :-)
 

 

 


 

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 10 - MIRADOUX - MARSOLAN  : 24 kms

25 septembre 2016

7 heures du matin.
Stéphane est en train de déjeuner, alors que je viens m'attabler pour me réveiller avec un café.
Mon sac est prêt mais mon corps est encore léthargique.
Eric nous rejoint et nous souhaitons à Stéphane, déjà revêtu de son sac, un bon chemin.
Nous reparlons de cette soirée, de nos échanges à bâtons rompus sur le chemin, les symboles, les synchronicités, la Vie.

C'est là, ami lecteur, ou je t'invite à passer ce paragraphe si le subtil, ou l' énergétique ne te parlent pas du tout et tu me retrouveras sur le chemin juste après.

Cela survient parfois, lorsque il m'arrive "d'accompagner des personnes",  de ressentir ce genre de choses et ce matin, je sens une énergie particulière s'installer dans la pièce.
Quelque chose "descend" .
Le temps semble s'être arrêté.
Je regarde Éric et lui parle de son chemin, pourquoi il fait cela et ce vers quoi il doit aller.
Les mots sont fluides et "glissent " pour aller le toucher.
Moi-même, je ne comprends pas tout ce qui se passe en voyant son émotion et l'entendre me dire que mon regard est devenu pénétrant,  qu'une chaleur est en train de l'envahir au niveau de son cœur, de son ventre et le "nettoie".
Puis, tout redevient  normal.
On se regarde, un moment silencieux.
Pas besoin de mots.
Intérieurement, je suis heureux d'avoir ressenti cela.
Nos sacs sont prêts.
Après une accolade chaleureuse, il me remet ce symbole en bois qu'il a fait lui même pour me remercier de ce moment particulier, et  il part sans se retourner.
Je reste encore une minute, seul dans cette pièce calme et je remercie pour ce qui vient de se passer.
Une porte vient de s'ouvrir et je sens que c'est "enfin moi", dans cette expression d'accompagnement à l'autre.

C'est la, Ami lecteur, que tu peux venir me rejoindre si tu as zappé le dernier paragraphe "
 

Je quitte le gite " Bonté divine" pour reprendre le chemin.
L'air est frais et invite à dérouler tranquillement les pas sur des paysages vallonnés ou le GERS se laisse découvrir en silence sur des sentiers pendant 5 kms.
Ce sont toujours des moments privilégiés pour l'œil ou la lumière, changeant rapidement , vient éclairer le paysage comme une succession superposée de couleurs sur un tableau pour lui donner l'aspect final.

Eglise Ste Blandine de CASTET-ARROUY
Eglise Ste Blandine de CASTET-ARROUYEglise Ste Blandine de CASTET-ARROUY

Eglise Ste Blandine de CASTET-ARROUY

Le temps s est réchauffé et l'hydratation reste un facteur clé, pour éviter tout souci de crampe.
Je m'arrête prendre de l'eau à l'église CASTET-ARROUY , petit village tranquille de 174 âmes ou la Vie semble s'écouler paisiblement, peut-être un trop pour poser définitivement son sac ici.
Après avoir pris le temps de visiter l'église Ste Blandine , monument gothique du 15ème siècle, je reprends le rythme, suivant une départementale jusqu' a LASSERRE pour retrouver un chemin de terre plus paisible et découvrir au détour, une vieille bâtisse plantée à flan de colline.
 

Cela fait plusieurs heures quand j'aperçois notre savoyard rencontré hier a Saint-Antoine d'Arratz.
Cela semble être la pause casse-croute avec un autre pèlerin et je les entends de loin discuter bruyamment.
Quelques mots échangés sur le ton de la plaisanterie pour me dire qu'ils s'arrêtent à LECTOURE comme étape du jour.
Je continue mon chemin pour m'en rapprocher au plus vite et avaler ces 5 kms restants avant de faire une pause.
La température est estivale et la montée vers LECTOURE se mérite également. Je suis trempé lorsque je parviens aux abords de la ville.
 

 

LECTOURE ! enfin, me voila !
Ancienne résidence des comtes d'Armagnac, cette petite ville de 3700 habitants perchée sur un gros rocher,  offre avec ses remparts médiévaux de beaux points de vue sur le GERS.
Je vais en profiter pour me balader un peu le long des remparts et visiter la cathédrale St Gervais-St Protais.
Au delà de cette fraîcheur agréable, de la symétrie parfaite dans la nef qui ravit l'œil, de ces piliers impressionnants dans le transept, je me pose quelques minutes pour contempler la lumière des vitraux danser sur les pierres.
C'est un moment agréable qui ne nécessite pas plus de commentaires.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 10 - MIRADOUX - MARSOLAN  : 24 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 10 - MIRADOUX - MARSOLAN  : 24 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 10 - MIRADOUX - MARSOLAN  : 24 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 10 - MIRADOUX - MARSOLAN  : 24 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 10 - MIRADOUX - MARSOLAN  : 24 kms

 

Après un moment de calme et de pensées, je reprends mon sac pour retourner à l'agitation extérieure.
Je vais aller un endroit pour me poser un peu, réfléchir ou je vais aller dormir ce soir.
Déjà, enlever ses chaussures et laisser les pieds nus à l'air libre est un de ces petits bonheurs dont j'ai déjà du vous parler.
Je vais rester assis à l'ombre pendant une bonne 1/2 heure, pour terminer par un massage des pieds avec de l'huile.

Je sais, Ami marcheur que cela te fait envie et tu as raison !  je masse plutôt bien et mes pieds me remercient :-)

Reste maintenant l'endroit ou je vais dormir.
J'ai déjà parcouru 15 kms, et peu d'hébergements à venir.
9kms encore pour aller à MARSOLAN.
J'appelle " L'enclos de Tabus "et je fais bien.
le gite est complet et il reste juste un lit libre dans une chambre de 4 personnes.

Tout est réglé.
Me voici  reparti pour 9 kms entre lisières de foret,  routes goudronnées sans aucun arbre.
J' arriverai au bout de 2h  tranquillement a MARSOLAN, ou se cachent 472 habitants dans un océan de plaines tranquilles.

Je pose mes affaires à l'Enclos du Tabus".
Je prends possession du lit bas superposé restant.
Les 3 personnes sont déjà arrivés et ont déjà investi la chambre. L'accueil est sympa et j'attends patiemment mon tour pour gouter aux joies d'une douche bienfaitrice
En attendant le repas dans une bonne heure, je vais me détendre sur un transat au bord d'une piscine.
Je fais connaissance des compères de chambrée; 3 lorrains proche de la soixantaine , qui font ce périple ensemble pour partager de bons moments.
Oh surprise ! je retrouve le fameux groupe de pèlerines qui s'arrêtent chanter dans les églises.
Entre les lorrains plaisantins et les pélerines aux chants liturgiques, la soirée est animée ; nous prenons beaucoup de plaisir à les entendre chanter. 
C'est sur ces notes de musique que nous regagnons chacun notre lit.
En mettant mon téléphone en sourdine, je m'endors  en  repensant  à cette affiche humoristique

J'adore ce genre d'humour !

Cet article vous a plu ?
N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou le partager :-)

Envie d'en lire un peu plus ?

vous pouvez retrouver le début de cette partie du chemin "Conques - Aire sur l'Adour"
ici !

Pour le début de l'aventure depuis le PUY EN VELAY, cliquez ici !
 

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COMPOSTELLE 2016 - ARRIVEE A CONQUES POUR UN NOUVEAU PERIPLE

Publié le par ulysse92

Un an s’est écoulé depuis mon  périple LE PUY EN VELAY –CONQUES.

Un chemin fort, qui s’est imprimé parfois douloureusement dans mes jambes au point d’être tenté d’abandonner ; un chemin  ponctué de belles rencontres, de journées à écouter le silence pour mieux entendre son âme.

Tous ces souvenirs ont nourri ce sentiment intense de liberté intérieure qui me donne aujourd’hui l’envie de repartir.

Cette fois, je décide de partir 2 semaines pour mieux gouter intensément l’espace intérieur de ce chemin.

 
La préparation se fait plus rapide au niveau du sac à dos :

(4 paires de chaussettes, 4 tee shirts,1 short,3 boxers, 1 sac a viande ( plus léger), 1 tapis de sol, 1 sweat polaire, 1 casquette, 1 cape de pluie, nécessaire de toilette en petit volume, quelques dolipranes, 1 pommade  et compeed, 1 petite paire de ciseaux, mon livre « Miammiam, ma crédenciale, 1 carnet de notes avec crayon, 1 chargeur avec batterie externe,  1 gourde.

1 sacoche ventrale pour papiers, téléphone, argent et  lunettes soleil.

je teste le poids du sac :  8, 5 kilos.

2,5 kilos de moins qu’avant pour une semaine, c’est mieux. Je m’allège.


Concernant le plan de route, j’envisage un parcours de 400 kms sur 2 semaines, ajustable en fonction de mon rythme et de mes envies.

Pas de mode compétition, mais je sais que j’ai besoin de passer un stade de fatigue par le corps pour simplement me laisser porter par mes sensations du moment,  mes intuitions.

Dans cet esprit, je ne programme pas de billet retour pour le train, ne sachant pas ou je serai à ce moment-là.

 

COMPOSTELLE 2016 - ARRIVEE A CONQUES POUR UN NOUVEAU PERIPLE

C'est le moment du départ. 

Direction gare Austerlitz pour un train de nuit jusqu a Saint-Christophe,.

Prenant un café sur un stand, un serveur chinois se met à me parler de 3ème œil et de l'énergie.

Je souris intérieurement.

22h52: le train ferme ses portes. 

Je mets mon siège en allongé pour tenter de trouver le sommeil.

 Le train me berce, laissant mes pensées dériver sur mes retrouvailles avec le chemin.

Conques, me voilà !!

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CHEMIN DE COMPOSTELLE AU QUEBEC

Publié le par ulysse92

Bonjour ami(e)s pèlerins et randonneurs,

En attendant de mettre en ligne un diaporama en musique sur le 1er tronçon "Le Puy en Velay - Conques" et d'y ajouter progressivement les articles sur la 2ème partie  " Conques - Aire sur l'Adour", je vous invite à lire cet article sur nos amis marcheurs du QUEBEC qui, eux aussi, ont leur chemin.
La suite, par ici !

Bonne lecture

Chaleureusement

Denis

 

 

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Publié le par ulysse92

Astuce : Pour plus de confort, vous pouvez cliquer sur les mots en gras soulignés qui vous emmèneront vers un site pour plus d’infos

Bonjour à  tous et  toutes
je vous invite à lire cette dernière étape qui nous mènera à Conques.
Bonne lecture, et n hésitez pas à me faire part de vos commentaires

Chaleureusement

brumes matinales dansant sur la vallée

brumes matinales dansant sur la vallée

18 septembre 2015

Une bonne nuit récupératrice dans un lit, un vrai lit ou tout mon corps s est lové amoureusement.
Oui, mon corps veut épouser ce lit qui le berce, le réchauffe, le protège.
Mais la romance s achève avec la lumière du jour qui vient chatouiller mes paupières.
Il est 7h30. Pas de bruit de pluie.
La dernière journée semble s'annoncer radieuse.
Je m assieds au bord du lit, pour réveiller doucement ces articulations qui ont supporté ces 32 kms hier.
Je remercie ce corps qui a tenu bon, malgré la douleur intense fixée sur le nerf entre la base de mon pied droit et le haut de mon tibia.. ( j'apprendrais plus tard par mon médecin que tous les symptômes semblaient désigner une périostite tibiale)
Je le masse. D abord les pieds, puis les jambes de manière tonique pour réveiller les muscles.
Les épaules ne me remercient pas. Le sac a laissé quelques traces de fatigue visibles.
C'est le dernier jour.
Je refais les mêmes gestes pour préparer le sac, tout ranger, mettre sa housse de pluie en prévision, mettre du talc dans mes chaussures, mes pieds.
Tout est prêt.
Après pris le temps de savourer ce dernier petit déjeuner d'étape, je salue le couple de randonneurs, Joëlle soulier ( la propriétaire du gîte) et je sors dehors.
L'air est frais, avec un joli rayon de soleil prometteur.
Je déroule quelques pas doucement pour reprendre la direction de cette dernière étape de 17 kms.
Une petite étape, avec un sentiment mitigé dans le cœur de bonheur, car je serai allé au bout de mon voyage, et de tristesse car c'est déjà la fin du voyage.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je descends tranquillement vers ESPEYRAC ou la brume glisse encore sur les près endormis, croisant au passage un vieux pèlerin venu à pied de Zurich et qui continue jusqu à Saint Jean Pied de Port.
Je lis le bonheur dans son regard et après avoir photographie 2 ânes qui nous saluent, il repart aussi vite que je l'ai croisé.
ESPERAC est un joli petit village que je traverse doucement en appréciant sa léthargie puis continue vers SENERGUES que j atteindrai assez vite.
Quelques personnes agées empruntent sur un ou deux kms la petite montée et je les dépasse comme en apesanteur, tandis que leurs corps s'essoufflent à chaque pas.
Je remercie la Vie de me permettre de vivre ce chemin avant de m'essouffler à mon tour,  un jour.
A SENERGUES, je passe dans l église voir l architecture intérieure et , à la sortie, un couple quinquagénaire me regarde.
J'entends l homme dire a sa femme : "Regarde chérie "un pèlerin" !
Ca y est. J ai gagné mon titre de pèlerin.
Ca se voit â mes traits creusés? Mon odeur du matin après 8 kms de marche ? à mon pantalon crasseux et mon gros sac a dos couvert de sa protection orange ?
Peu importe, mais je souris.
J'enchaine sur une bonne côte qui m'amène sur des chemins boisés aux senteurs volatiles qui viennent me griser.

Aujourd'hui, je marche en flânant, en ralentissant volontairement mon rythme. Je fais durer le plaisir, humant les sapins, l humus des sous-bois, écoutant toutes les voix de la forêt.

C'est un moment de partage avec Dame Nature comme je les aime.
Je sens ses pas, sa vibration, sa voix.


J imagine toutes ces présences invisibles, pétillantes dont les noms me rappellent les souvenirs de mon enfance : les fées, les lutins, m'observant derrière un arbre ou sur une branche.


Merci pour ce moment magique.
 

 

Je retrouve le denier tronçon qui sera une petite route goudronnée ou les sacs à dos sont nombreux.


J entends leurs pas, devant, derrière mais je reste dans mon monde à voir le soleil caresser les versants des collines boisées.
Il fait chaud.Le poncho retrouve le sac et la route prend une allure de ballade printanière.


Je dépasse une pèlerine aux vêtements fripés et usés qui marche avec un petit chien en laisse. Je me souviens de ses sandales,  vestiges d'une longue route passée, de son regard bleu particulier ou la rencontre avec quelque chose semble avoir été faite.

 

Derniere descente vers ConquesDerniere descente vers Conques

Derniere descente vers Conques

Dernière descente vers CONQUES.

Un Chemin caillouteux et glissant qui impose d être prudent.
Je savoure la descente qui sera la dernière épreuve avant d apercevoir les prémices du village.

Je touche la pancarte de CONQUES avec un peu d'émotion (petit selfie au passage).

 

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.
 

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je passe visiter l'abbatiale prendre le temps de m'asseoir devant la statue de saint Jacques.
Pas de mots, un lent moment de contemplation, d écoute intérieure, de partage.
Le temps s'efface pour laisser défiler un film en filigrane.
Je me remémore les beaux moments, les difficultés, la magie des rencontres, l'énergie du chemin.

Je remercie pour tout cela.

Après ce moment fort intérieurement, je sors admirer les différentes parties architecturales de l église, emprunter l'escalier de Saint-Jacques vers le cloître extérieur pour m'asseoir à nouveau et me baigner dans cette atmosphère.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Le nombre de touristes grandissant, je vais me cacher dans un magasin de pierres ( dont je ramènerai une belle septria et une belle labradorite)
Toutes les navettes étant parties, je n'ai pas envie de rester davantage à flâner..

Trop de monde.

Trop de bruit.

Trop de tout.

Je prends mon sac à dos et décide sereinement de faire du stop pour aller prendre un train à  DECAZEVILLE . J'ai une heure pour faire 24 kms.
Je sens que je dois finir ainsi et faire confiance comme je l'ai fait tout au long du chemin.
Tout se passera bien.
3 voitures s'arrêteront pour me permettre d arriver 5 mns avant prendre mon billet de train, et monter dans le TER ou une seule place m'attendait.
Le reste du voyage défile comme dans un rêve tandis que je pose mes mots sur ces premières notes.


Tandis qu'un arc en ciel vient souligner mon départ de cette belle région, les images de paysages, de visages , du chemin viennent effleurer mon âme et bercer mon cœur.

Merci pour tous ces moments, pour ce dépassement, pour ces retrouvailles.

Je reviens nourri et grandi.

Je ne suis plus le même.

Je sais déjà que je reviendrai sur Conques pour continuer le chemin.

Dans ce wagon qui file vers PARIS, je souris en m'endormant sur cette promesse.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 6 : ST CHELY D'AUBRAC - ESPALION - 24 kms

Publié le par ulysse92

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Dernier "Au revoir" à Saint chely  d'Aubrac sous les nuages

Dernier "Au revoir" à Saint chely d'Aubrac sous les nuages

16 septembre 2015
J'ai bien dormi et me lève à 7h.
Certes, le corps est endolori.
Passage obligatoire car il faut du temps pour que ces efforts s'inscrivent dans la durée.
Après avoir tout mis en ordre, je passe prendre un petit déjeuner simple, mais qui me permettra de démarrer la journée.
Je règle la note et descends tranquillement pour traverser le pont des pèlerins ou semblent encore résonner les pas de tout ceux qui sont passés au cours des siècles.
L'atmosphère se voile de son manteau gris.
Il crachine à peine et je monte doucement le premier sentier.

Le corps suit dans ces premiers efforts, tandis que je croise des pèlerins aux histoires diverses, dont un me racontant l'histoire de sa femme qui s est abîmée le genou mais qui continue à le suivre avec "la malle postale" ( service de transports de bagages et de voyageurs).
Après quelques minutes ensemble,  je l'abandonne pour reprendre mon rythme plus lent.
En effet, la pommade n a rien fait. Ce mélange de brulure aigüe et de douleur sourde sur le devant de mon tibia se réveille brutalement.
Cela va être une journée difficile.
A l'estrade, un petit café ambulant sous un abri de garage permet quelques échanges avec un couple de femmes qui viennent d'Australie.
Ce chemin a vraiment une aura internationale.
Je repars en lisant la pancarte pour aller à SAINT COME D'OLT : 9 kms.

descente vers Saint come d'oltdescente vers Saint come d'oltdescente vers Saint come d'olt

descente vers Saint come d'olt

Ces 9kms vont être un enfer.
Des descentes dans des chemins caillouteux rendent ma progression très difficile.
Les randonneurs, les pèlerins me doublent sans arrêt.
Je garde le sourire, leur souhaite bon voyage, tout en faisant mine de profiter du paysage.
Une fois qu'ils sont partis, je redémarre. Je descends pas à pas, parfois de côté, parfois en serrant les pieds.
Tout se fait et va se jouer avec le mental.
J'ai appris dans mes pratiques sportives à me dépasser, à repousser mes limites
Je peux encore y arriver.
Je veux y arriver.
Je vais m arrêter un nombre incalculable de fois, à la limite de pleurer de rage, de colère et de douleur.
Cela fait deux heures que je grignote pas après pas, mètre après mètre, les kilomètres sur ce tronçon.
Mon pied droit, jusqu à la moitie du tibia me fait jongler atrocement de douleur, je n'avance plus en descendant.
Je ne peux pas continuer comme ça.
Je m'assieds sur le chemin.
Les pensées défilent dans ma tête .
Abandonner ; Ce mot sordide vient me narguer intérieurement.
J'ai honte par rapport à tous ceux qui ont leurs propres difficultés, bien plus terribles que ta petite misère physique.
Tu abandonnes ton rêve, la 1ère partie de ton rêve, Denis.
Mon rêve est en train de s'évanouir.

J'ai mal dans tout mon être, autant sur le plan physique que moral. J'ai envie d' hurler ma colère.
J'essaie de me remotiver, assailli par tous ces nuages noirs dans ma tête.
Je pense à Marie, ma compagne qui m'a encouragée à le faire, à tous ceux et celles que je faisais rêver en leur parlant de  partir marcher sur le chemin ;
Je pense aux choses difficiles que j'ai affrontées dans ma vie ;
Je ne peux pas abandonner, là comme ça entre ces 2 pierres, sur ce talus anodin.
Je négocie avec mon corps et lui parle.
« J'entends ton message » « Je dois lâcher ou comprendre quelque chose »
De toute façon, je dois repartir pour aller jusqu au prochain village
Je me relève et doucement, enchaine les pas. Ça sera long, très douloureux mais je vais finir par arriver à SAINT COME D'OLT.
Je trouve la force de passer par les ruelles qui font le charme de ce village tout en cherchant un cabinet de médecin que je ne trouverai pas.
Comment vais- je faire ?

le charme de saint come d'olt
le charme de saint come d'olt
le charme de saint come d'olt

le charme de saint come d'olt

Je vais dans un café me poser seul à l intérieur.
Une bonne demi heure s écoule ou je regarde les gens qui passent dehors, comme dans un état second.
Je ne sais plus ce qui va se passer, mais je m'entends dire "j'accepte, quelle que soit la solution qui se présentera."
Je sens un fourmillement dans ma jambe droite.
Je règle ma consommation et sors machinalement, faisant quelques pas pour m'apercevoir que je marche mieux.
Plus de brûlure extrême, intolérable. Juste un picotement.
C'est insensé. Je comprends pas ce qui se passe.


Je tente d'aller vers la sortie du village pour voir comment le pied, le tibia réagissent à chaque pas.
J'en reviens pas. La foulée est bonne, légère et agréable.
La douleur insupportable me brulant le tibia s'est quasiment estompée.
Je n' ose y croire et décide de tenter le chemin à travers bois qui grimpe sur COMBES .
Je monte comme un cabri.
Des larmes de joie coulent sur mes joues. Des larmes d'allégresse ou tout mon corps semble transporté, mon cœur est léger, comme dans un état de grâce.
Intérieurement, je remercie mes guides.
Je peux continuer mon voyage.
 

croix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panoramacroix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panoramacroix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panorama

croix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panorama

De COMBES à la vierge de Vermus, les montées et descentes s'accumuleront.
Le rythme ne faiblira pas.
Le corps ne bougera pas.
La descente ne sera qu'une formalité.
ESPALION est un joli village et instinctivement, je m' arrête au gîte "au fil de l eau".
C'est propre et l accueil d Annie vous réchauffe le cœur.
J'ai un dortoir pour moi tout seul quelques heures seulement, car un couple de retardataires (un russe et une israélienne) arrivera en taxi a 22h pour dormir.
Après une longue douche, je vais flâner dans les ruelles et déposer un cierge dans une église romane pour remercier la magie de cette journée.
Sur le retour, je m'arrête manger à la pizzeria "la casa" rue droite qui se révèle être une excellente pizzeria.
En rentrant, je discute avec quelques pèlerins dont Aurélie qui vient de Perpignan..
Sur « radio chemin », j avais entendu parler d'elle avec son sac trop lourd, ses chaussures usées et son colis par la poste.
Nous avons beaucoup ri.

quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION

quelques images d 'ESPALION

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A MEDITER

Publié le par ulysse92

En attendant le prochain article, je vous invite à méditer sur cette image
Belle journée !

 

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

Publié le par ulysse92

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15 septembre 2015
6H45. Le réveil est douloureux.
Mes jambes semblent avoir été massées avec un rouleau de pâtisserie.
Une brûlure, côté tibia droit, pique fort dès le matin.
N'ayant jamais connu ce type de douleur malgré toutes mes activités sportives, je vais devoir rester à l'écoute de mon corps et être vigilant.
Je me lève, fais quelques étirements pour réveiller en douceur le reste du corps.
Je revêts mon pantalon de randonnée, dont la couleur bleue fait grise mine, refais la partie haute de mon sac en le coiffant d'une protection imperméable orange, visible a des kilomètres si jamais je ne peux plus bouger.
Au revoir, chambre et couloir désert qui auraient pu servir d'approche pour une rencontre fantomatique.
Je tape au passage à la porte de mon unique voisine pour lui souhaiter "bon chemin".
L'air est frais, le ciel d'un gris pluvieux.
Je vais en face prendre un café croissant au "Café PERRET".
Un café typique de la campagne, avec un comptoir en bois, quelques annuaires sur un coin ou se pelote un chat qui termine sa nuit.
j'échange quelques mots avec la patronne sur le village qui vit difficilement.
Le métier est rude et laisse des traces de fatigue dans le terroir.
Amis randonneurs, gardez en tête que MALBOUZON est une étape possible et permet de faire vivre les petits commerces.
20 minutes de café, c'est bien pour démarrer une journée.
Il est temps de rattraper le GR 65 en passant par "RIEUTORT d'AUBRAC "

Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !

Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !

Une route goudronnée de 3 kilomètres façonnée par les vents .
Je suis la distraction des vaches qui me regardent passer comme la curiosité de la journée.
Hormis le chant du vent, rien ne vient perturber cette marche silencieuse.
Peu de monde et je traverse MONTGROS, un village qui semble s'éteindre tout doucement, oublié par le temps qui passe.
De nouveau sur un sentier, je me laisse absorber par mes rêveries sans me rendre compte que j'atteins NASBINALS.
Ce grand bourg plein de commerces respire la vie de campagne, malgré l'empreinte du tourisme.
Un peu frigorifié, je m'arrête prendre une boisson chaude dans un bar trop animé.
Je bois mon café illico et sors sonné, par ce retour brutal à la réalité du quotidien.
Je regarde le ciel menaçant. Réponse immédiate avec le poncho pour la route qui va m'emmener sur 9 kilomètres de montée vallonnée vers " Aubrac "
Le paysage change radicalement.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

De grands herbages ou paissent des vaches. Rien d autre..
Je pense que Dieu s'est planqué ici pour être au calme face à la turbulence du monde actuel.
Et franchement c'est un bon plan.
Me concernant, c'est une autre histoire.
Le chemin est en pente, bourré de trous. Je souffre lorsque je pose mon pied droit car la brulure s'intensifie brutalement. Le paysage me laisse un goût amer sous le vent et la souffrance.
Cette traversée sera mon purgatoire..
Je rage parfois en doutant du bien fondé de ma démarche mais j'avance en serrant les dents.
je râle en glissant devant ces montées en solitaire qui n'en finissent pas.
Derrière un champ, se cache un autre champ.
Je m'entends dire : c est ça que vous voulez ? Qu attends tu de moi? Que dois je expier ??
En résumé, toutes les litanies classiques lorsque on s'engueule avec le tout puissant.
Lorsque j'aperçois la descente vers Aubrac, je suis heureux car je ne marche pas, je boitille comme un canard.
Ça me fait penser à Charlie Winston : my Life as a Duck.
Je l écouterai différemment désormais.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)
COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

J'arrive à Aubrac : 10 habitants.
C'est cher payé pour vivre ici à 1307 m d altitude.
L'hiver ne doit pas être drôle ici, sauf pour une retraite monacale.
Le Café de Germaine est fermé.
Un petit mot pour nous dire qu elle est partie à l aventure . J'adore !
Je vais faire une pause au seul bar hôtel ouvert.
Je suis seul dans mon coin, un couple de randonneurs prennent un café tout en regardant leur prochaine étape.
Je reste une 1/2h a me poser dans la transpiration. Le pèlerin pue parfois, souvent même avec des montées comme celles de l'Aubrac.
Je ne dois pas refroidir. Un petit coup de crédenciale pour le départ et la descente vers Saint Chély d Aubrac ne va pas arranger mon cas.
Malgré l alerte d'hier, je mange sans grande faim un petit sandwich acheté en grande hâte.
La digestion est terrible et je suis à la limite de me sentir mal.
Entre le pied et l envie de vomir, je me demande qui va remporter le match.
Cette fois ci, j 'ai compris.
je jeûnerai le midi pour les étapes restantes.

un peu lugubre, non ?un peu lugubre, non ?

un peu lugubre, non ?

Je vais traverser des lieux à l’atmosphère étrange, aux couleurs glaciales et aux chemins pierreux.
J'atteins enfin St Chély d'Aubrac, heureux d'avoir terminé cette étape.
Il est 17H . je fonce à l'office de tourisme pour faire un tour des logements.
Une petite chambre individuelle m irait très bien.
Après quelques hésitations, j opte a l'instinct pour le bar" LE RELAIS SAINT-JACQUES" tenu par le papy qui cuisine et la fille un peu speed qui fait le service.
Ils ont des chambres dans un gîte saint Jacques situé derrière, à l'écart de la rue.
Chambre 7 ; encore des escaliers pour arriver au sommet mais la chambre est top et spacieuse
Je me douche. Quel bonheur de sentir l'eau chaude glisser sur vos muscles fatigués, tendus.
Un moment d'extase hors du temps. Je me rase pour retrouver forme humaine et je fonce a la pharmacie à l'autre bout du village pour trouver de quoi me soulager
La pharmacienne est drôle, de bonne humeur mais elle ne sait pas trop me donner. Elle opte pour un cocktail à base de Voltaren puissant et de Doliprane pour apaiser cette douleur.

Je remonte doucement vers le gîte et croise au passage Simon le québécois qui a bien marché depuis Saint Privât d'Allier.
On s'encourage et chacun repart à ses occupations.
Le repas se passe dans le calme malgré la présence de randonneurs parlant de leur marche autour de l'Aubrac.
Je suis seul a ma table.
C est bien. Je ne suis pas dans l esprit à faire la causette sur " mortelle randonnée en Aubrac" et profite de ce moment de quiétude pour regarder, écouter les récits qui me parviennent jusqu' à ma table.
21h : le corps est fatigué et je rentre vite me coucher.
Les 2 randonneurs d 'en dessous sont un peu bruyants. Les boules Quies s'imposent.

Une heure après, Morphée met tout le monde d accord.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 4 :ST ALBAN DE LIMAGNOLE - MALBOUZON: 24,5 KMS

Publié le par ulysse92

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Lueurs matinales

Lueurs matinales

Le 14 septembre 2015

Après un bon petit déjeuner, je quitte vers 7h30 "Saint Alban de Limagnole" qui s éveille doucement, encore engourdi par les nappes de brouillard qui habillent ses cimes et ses toits.
Comme chaque matin, un temps est nécessaire pour retrouver la sensation agréable de la marche.
En montant sur les hauteurs, je croise Christian, le béarnais qui fait son premier chemin avec Ali.
Il est seul et attend les autres à ce point de rendez-vous.
Il me parle de l accueil pèlerin un peu miteux, de son lit dont il ne restera que le nom.
Nous échangeons quelques paroles de réconfort et je lui souhaite un beau périple sachant qu' il est probable que nous ne ne recroiserons jamais.
Je me retourne une dernière fois, le regardant assis, les pensées perdues au loin.
Je me surprends à penser :"le corps souffre parfois pour que l'esprit s 'envole un peu".

decor de reve pour poser quelques pas
decor de reve pour poser quelques pas

decor de reve pour poser quelques pas

Je tourne mes pas vers cette nouvelle journée de découverte.
C'est comme un appel, une force indescriptible qui vous pousse à aller de l'avant en terrain inconnu.
Il me semble parfois faire partie de ce terrain inexploré qui se découvre au fur et à mesure des kilomètres en solitaire.

Après une bonne montée ou les mollets grinceront un peu, les pas défilent seuls tandis que la pluie se met de la partie pour me rafraichir.
Je ne remettrai pas ma veste, étanche certes, mais trop transpirante.
Un poncho sur un tee shirt me maintiendra du froid tandis que se présentent à moi des chemins, des pentes à travers la forêt.
"Chabanes Planes", "Les Estrets", "Les granges de Bigose", tout ces bourgades se traversent sous cette pluie fine.

souvenirs pelerinssouvenirs pelerins

souvenirs pelerins

Au détour d'un chemin, je découvre un sac abandonné de marcheur avec des affaires laissées pour ceux qui en ont besoin. 
Petit clin d’œil pour rappeler la difficulté du périple et la nécessité de marcher plus léger.

Beaucoup iront d ailleurs à la poste à SAUGUES ou au village d'après pour renvoyer une partie de leur sac.

Le rythme soutenu me permet d' arriver rapidement à AUMONT-AUBRAC avec la pluie, fidèle compagne toujours là pour vous rafraichir.
Une petite balade au coeur du village ou je tombe sur la croix de l'oustalet ( croix des chemins de Saint-Jacques)

croix des chemins de Saint-JacquesJe m'arrête dans un bistrot pour me réchauffer un peu.
Quelques minutes passées avec un bon café chaud seront des instants de bonheur privilégiés, tandis que je regarde d'une manière distraite les gens du coin "pester" sur ce temps pourri.

Une petite claque liée au choc thermique me réveille une fois dehors.
Je quitte le village pour aller gravir une montée caillouteuse sur laquelle mes pieds ricochent.
Je sens une  brûlure côté droit entre le devant du pied et le long du tibia.
Rien de bien grave, le chemin exacerbe le corps dans ses tensions imprévues.
Tout doucement, je prends de l'altitude en 6 kilomètres en passant de 1040 m à 1174 m.
Le corps se tend, se raidit sous la pluie mais je continue d'avancer.
Je mange mon sandwich en marchant. Du bon pain avec du jambon de pays, histoire de rester dans la gastronomie locale.
La digestion sera difficile.
Un signe de plus pour jeûner le midi à partir des prochains jours. Mon corps a besoin de se nettoyer.

solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere
solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere

solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere

Au 25ème km, aux "Quatre Chemins", je sens que je dois continuer à avancer.
Me voici reparti sur cinq kilomètres de pluie, sur des chemins serrés entre des herbages immenses.
Un temps de confrontation avec Dame Nature vêtue de son manteau automnal et glaçant.
Le vent me fouette le visage, les bras se glacent à l approche des plaines désertiques de l Aubrac.

Sans réservation, je me rapproche du hameau  " les gentianes".
Tout est complet. Une horde de randonneurs a investi les lieux et  arrive en troupeaux serrés pour leur café ou tisane.
Finalement c'est mieux ainsi.
Je me sens pas à ma place dans ces groupes bruyants, venant rompre la sérénité dans laquelle j'ai baigné toute la journée.
Je bois un café pour me réchauffer un peu, le temps de chercher un plan de secours.
Cela fait 30 kilomètres que je marche et j'ai envie de prendre une bonne douche chaude.

MALBOUZON reste une délivrance possible.
J appelle pour réserver et dire que j arrive dans 30 minutes. Les 2 derniers kilomètres se font au mental.
Quand j arrive dans le village , je croise au même moment (Merci la chance :-) la gérante du gîte communal qui m'identifie aussitôt.
Je suis la seule personne venant s'égarer ici à cette période.
Je fais quelques courses rapides en remerciant ce commerce de proximité ouvert avant de prendre possession de ma chambre perdue dans un immense couloir sombre, sonore au 3ème étage de ce grand bâtiment communal.
Mon corps me remercie après cette bonne douche qui vient me soulager, attendrir mes muscles fatigués.
 

Seul dans ce grand bâtiment, je mets un peu de musique pour me réchauffer l’Âme car ce soir tout est souffrance.
Je mange pour me ressourcer mais le plaisir n'y est pas. ( j'en abandonnerai la moitié demain au gîte pour les prochains visiteurs )
Ma solitude sera un temps interrompue avec l'arrivée d' une pèlerine allemande qui veut aller à lourdes en 11 jours.
Démonstrations mathématiques mélangées à mon "anglais de terrain" pour essayer de lui faire comprendre qu elle devra faire 50 kilomètres par jour pour arriver à son objectif.
La désillusion est terrible mais elle espère le faire.
Sur des derniers conseils, je rejoins mon matelas sommaire.
Le sommeil prend très vite sa place pour une nuit que j espère récupératrice .

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COMPOSTELLE 2015-JOUR 3: LA CLAUZE - ST ALBAN DE LIMAGNOLE : 24,5 KMS

Publié le par ulysse92

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13 septembre 2015:

Je me réveille le premier vers 7 heures du matin.
Les lueurs grises d un ciel nuageux à travers le velux ne présagent rien de bon pour cette nouvelle journée.
Je remets doucement le corps en route, m'étirant avec la souplesse d'un chêne sous la tempête.
Je prépare le petit déjeuner et refais mon sac ;  rituel matinal des marcheurs auquel je m'habitue.
Je me contente d'un café, regardant  les autres pèlerins évoluer tout doucement, comme dans un film au ralenti.
Je leur souhaite un bon chemin et chausse le sac sur mon dos en ouvrant la porte.
L air est frais, venant caresser mon visage embrumé.
Pas de pluie a l horizon.
Je marche tranquillement pour réveiller les pas de ce corps engourdi par le souvenir physique de ces 2 premiers jours de marche.

quelques pas dans la rosée du matin , en sous-bois

quelques pas dans la rosée du matin , en sous-bois

Après 20 minutes de marche au FALZET, le chemin monte et serpente à travers bois.
Des senteurs m'accompagnent sur les premiers rayons de soleil. Je marche joyeusement, ou seuls les pas viennent rythmer le flux étrangement calme de mes pensées.
C est une sensation nouvelle et agréable de sentir cette sérénité intérieure, comme la surface d'un lac paisible.
Les kilomètres défilent, croisant parfois des randonneurs en groupe ou en trio venus explorer la région.
Le chemin semble plat mais, en réalité, viennent se dévoiler au détour d'un virage des pentes caillouteuses qui feront grincer les mollets, avant d'atteindre enfin les pentes herbeuses peuplées de vaches nonchalantes qui mènent à " La Ferme du sauvage".

entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"

entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"

Je croise 2 randonneurs avec un âne qui marchent en direction du PUY EN VELAY.
L âne donne le rythme et les deux compères le suivent d'un pas rêveur, laissant toute possibilité à la contemplation ou la marche en conscience :-)

Le chemin est sablonneux et les pas glissent dans cette forêt de sapins ou seuls les oiseaux sont témoins de mon avancée.
Quel bonheur de goûter à la présence de Dame Nature, et de se laisser bercer par ses murmures !

Puis le chemin de sable se fait goudron, présence de la civilisation automobiliste et après une centaine de mètres, mon attention se dirige nonchalamment vers une aire de pique-nique.
Quelque chose attire mon regard au fond, sous l'ombre des arbres.

fontaine de Saint-Roch

fontaine de Saint-Roch

Un fermier semble remplir de l eau au pied d'une sorte de promontoire avec une statue.
Je m en approche et la conversation s'établit vite. Il me raconte alors l histoire de cette fontaine miraculeuse de SAINT-ROCH qui a guéri tant de gens autour de lui.
Celle de la dame dont le bras gangrenait ; les enfants atteints de la typhoïde ; la dame qui ne pouvait pas avoir d'enfants ; celle qui en mettait dans son jardin et dont les grêlons l'épargnaient.
Je passe une bonne demi heure avec lui, ravi de toutes ces histoires qui me rappellent des souvenirs de mon enfance.
Et il me livre le secret de la véritable eau de source à prendre parmi les 3 tuyaux d’où l'eau s'écoule.

Une fois parti, j'en passe sur mes pieds pour les soulager, remplit les deux gourdes pour en ramener et la donner à ceux qui en auront besoin.
Puis je repars faire un stop a la Chapelle SAINT-ROCH me recueillir et mettre quelques bougies pour des pensées bienveillantes et des projets personnels axés vers les autres.

Il reste 9 kilomètres avant SAINT ALBAN DE LIMAGNOLE.
Un parcours de forêt qui, après une bonne descente caillouteuse,  reste vallonné.
Je suis seul, dans cette nature ombragée, goûtant avec plaisir ce moment.
Mes sens sont en éveil avec les effluves distillées par le Vent ; le soleil réchauffe mon corps, mon visage, les couleurs brillent, les bruits courent tout autour de moi.
Dame Nature est joyeuse et m'invite dans sa danse de la Vie.

Ce sont ces instants qui rendent vos pas plus légers et je continue d'avancer dans une sorte de rêverie jusqu au "Rouget", halte prévue initialement mais une petite voix me dit d aller plus loin chercher un logement pour la nuit. ( j'apprendrais le lendemain que le mari de la dame est gravement malade et qu elle a annulé tous les réservations)

Le corps commence à exprimer son impatience : les pieds brûlent, les jambes se raidissent et le dos se tend. Arrivé à SAINT ALBAN DE LIMAGNOLE,  j'écoute ma petite voix pour quitter le chemin menant  à l'Auberge du Centre ou le gîte de l Europe, afin de descendre la grande rue principale.

clins d oeil a Saint Alban de Limagnoleclins d oeil a Saint Alban de Limagnole
clins d oeil a Saint Alban de Limagnole

clins d oeil a Saint Alban de Limagnole

Finalement, en passant devant le bar-hôtel" le Gevaudan", qui n'est pas sans rappeler l'histoire de ce fameux loup, je décide de m'arrêter boire quelque chose de rafraichissant et poser ce sac alourdi par les kms.
L accueil est sympa et Monique la gérante franchement communicative.
J'apprendrai d'ailleurs que leur hôtel, fermé depuis des années, n'est ouvert que depuis 5 mois et de ce fait, aucun guide ne les signale.
J'adore les synchronicités !
Je décide de me poser ici pour ce soir et après une bonne douche réparatrice, découvre près de mon lit, sur un pan de mur,  une belle affiche de loup blanc.
Petit clin d'oeil  qui me fait sourire car le loup est mon animal totem dans mes "voyages chamaniques".
Je sors ensuite dans le village admirer le clocher à 3 baies de l'Eglise Saint Alban.
La journée se conclurera par un bon repas avec des pèlerines de 60 ans, dont la conversation tournera essentiellement autour du chemin et de notre parcours respectif, le tout sous la bonne humeur de Monique, la gérante.
21h30 sonne le glas et nous regagnons chacun les bras de Morphée pour préparer notre prochaine journée.

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