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Articles avec #le puy en velay-conques tag

Diaporama COMPOSTELLE : LE PUY EN VELAY-CONQUES

Publié le par ulysse92

Bonjour à tous et à toutes,

J'ai le plaisir de vous proposer un diaporama photo pour terminer le récit " LE PUY EN VELAY - CONQUES".
Peut-etre vous donnera t il envie de partir de prendre votre sac à dos pour partir sur le chemin?
Chaleureusement
Denis

diaporama photo sur le chemin "LE PUY EN VELAY-CONQUES"

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Publié le par ulysse92

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Bonjour à  tous et  toutes
je vous invite à lire cette dernière étape qui nous mènera à Conques.
Bonne lecture, et n hésitez pas à me faire part de vos commentaires

Chaleureusement

brumes matinales dansant sur la vallée

brumes matinales dansant sur la vallée

18 septembre 2015

Une bonne nuit récupératrice dans un lit, un vrai lit ou tout mon corps s est lové amoureusement.
Oui, mon corps veut épouser ce lit qui le berce, le réchauffe, le protège.
Mais la romance s achève avec la lumière du jour qui vient chatouiller mes paupières.
Il est 7h30. Pas de bruit de pluie.
La dernière journée semble s'annoncer radieuse.
Je m assieds au bord du lit, pour réveiller doucement ces articulations qui ont supporté ces 32 kms hier.
Je remercie ce corps qui a tenu bon, malgré la douleur intense fixée sur le nerf entre la base de mon pied droit et le haut de mon tibia.. ( j'apprendrais plus tard par mon médecin que tous les symptômes semblaient désigner une périostite tibiale)
Je le masse. D abord les pieds, puis les jambes de manière tonique pour réveiller les muscles.
Les épaules ne me remercient pas. Le sac a laissé quelques traces de fatigue visibles.
C'est le dernier jour.
Je refais les mêmes gestes pour préparer le sac, tout ranger, mettre sa housse de pluie en prévision, mettre du talc dans mes chaussures, mes pieds.
Tout est prêt.
Après pris le temps de savourer ce dernier petit déjeuner d'étape, je salue le couple de randonneurs, Joëlle soulier ( la propriétaire du gîte) et je sors dehors.
L'air est frais, avec un joli rayon de soleil prometteur.
Je déroule quelques pas doucement pour reprendre la direction de cette dernière étape de 17 kms.
Une petite étape, avec un sentiment mitigé dans le cœur de bonheur, car je serai allé au bout de mon voyage, et de tristesse car c'est déjà la fin du voyage.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je descends tranquillement vers ESPEYRAC ou la brume glisse encore sur les près endormis, croisant au passage un vieux pèlerin venu à pied de Zurich et qui continue jusqu à Saint Jean Pied de Port.
Je lis le bonheur dans son regard et après avoir photographie 2 ânes qui nous saluent, il repart aussi vite que je l'ai croisé.
ESPERAC est un joli petit village que je traverse doucement en appréciant sa léthargie puis continue vers SENERGUES que j atteindrai assez vite.
Quelques personnes agées empruntent sur un ou deux kms la petite montée et je les dépasse comme en apesanteur, tandis que leurs corps s'essoufflent à chaque pas.
Je remercie la Vie de me permettre de vivre ce chemin avant de m'essouffler à mon tour,  un jour.
A SENERGUES, je passe dans l église voir l architecture intérieure et , à la sortie, un couple quinquagénaire me regarde.
J'entends l homme dire a sa femme : "Regarde chérie "un pèlerin" !
Ca y est. J ai gagné mon titre de pèlerin.
Ca se voit â mes traits creusés? Mon odeur du matin après 8 kms de marche ? à mon pantalon crasseux et mon gros sac a dos couvert de sa protection orange ?
Peu importe, mais je souris.
J'enchaine sur une bonne côte qui m'amène sur des chemins boisés aux senteurs volatiles qui viennent me griser.

Aujourd'hui, je marche en flânant, en ralentissant volontairement mon rythme. Je fais durer le plaisir, humant les sapins, l humus des sous-bois, écoutant toutes les voix de la forêt.

C'est un moment de partage avec Dame Nature comme je les aime.
Je sens ses pas, sa vibration, sa voix.


J imagine toutes ces présences invisibles, pétillantes dont les noms me rappellent les souvenirs de mon enfance : les fées, les lutins, m'observant derrière un arbre ou sur une branche.


Merci pour ce moment magique.
 

 

Je retrouve le denier tronçon qui sera une petite route goudronnée ou les sacs à dos sont nombreux.


J entends leurs pas, devant, derrière mais je reste dans mon monde à voir le soleil caresser les versants des collines boisées.
Il fait chaud.Le poncho retrouve le sac et la route prend une allure de ballade printanière.


Je dépasse une pèlerine aux vêtements fripés et usés qui marche avec un petit chien en laisse. Je me souviens de ses sandales,  vestiges d'une longue route passée, de son regard bleu particulier ou la rencontre avec quelque chose semble avoir été faite.

 

Derniere descente vers ConquesDerniere descente vers Conques

Derniere descente vers Conques

Dernière descente vers CONQUES.

Un Chemin caillouteux et glissant qui impose d être prudent.
Je savoure la descente qui sera la dernière épreuve avant d apercevoir les prémices du village.

Je touche la pancarte de CONQUES avec un peu d'émotion (petit selfie au passage).

 

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.
 

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je passe visiter l'abbatiale prendre le temps de m'asseoir devant la statue de saint Jacques.
Pas de mots, un lent moment de contemplation, d écoute intérieure, de partage.
Le temps s'efface pour laisser défiler un film en filigrane.
Je me remémore les beaux moments, les difficultés, la magie des rencontres, l'énergie du chemin.

Je remercie pour tout cela.

Après ce moment fort intérieurement, je sors admirer les différentes parties architecturales de l église, emprunter l'escalier de Saint-Jacques vers le cloître extérieur pour m'asseoir à nouveau et me baigner dans cette atmosphère.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Le nombre de touristes grandissant, je vais me cacher dans un magasin de pierres ( dont je ramènerai une belle septria et une belle labradorite)
Toutes les navettes étant parties, je n'ai pas envie de rester davantage à flâner..

Trop de monde.

Trop de bruit.

Trop de tout.

Je prends mon sac à dos et décide sereinement de faire du stop pour aller prendre un train à  DECAZEVILLE . J'ai une heure pour faire 24 kms.
Je sens que je dois finir ainsi et faire confiance comme je l'ai fait tout au long du chemin.
Tout se passera bien.
3 voitures s'arrêteront pour me permettre d arriver 5 mns avant prendre mon billet de train, et monter dans le TER ou une seule place m'attendait.
Le reste du voyage défile comme dans un rêve tandis que je pose mes mots sur ces premières notes.


Tandis qu'un arc en ciel vient souligner mon départ de cette belle région, les images de paysages, de visages , du chemin viennent effleurer mon âme et bercer mon cœur.

Merci pour tous ces moments, pour ce dépassement, pour ces retrouvailles.

Je reviens nourri et grandi.

Je ne suis plus le même.

Je sais déjà que je reviendrai sur Conques pour continuer le chemin.

Dans ce wagon qui file vers PARIS, je souris en m'endormant sur cette promesse.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 7: ESPALION - BEZZOLES - 32 KMS

Publié le par ulysse92

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soupirs de Dame Nature

soupirs de Dame Nature

17 septembre 2015
Les cloches dans le lointain viennent doucement me murmurer qu'il est 7h.
Sans réveiller mes voisins, je m'habille sans bruit et prends mon sac préparé hier soir.
Quelques personnes sont déjà dans la salle commune et nous déjeunons copieusement tout en échangeant quelques infos sur le chemin.
Sac couvert, poncho enfilé, je pars seul sous la pluie.
Pas de douleur coté tibia droit.
il s'est vraiment passé quelque chose d'extraordinaire hier.



Les 3 premiers kms passent vite, sous l herbe mouillée jusqu'à Bessejuouls avec des belles surprises pittoresques.

La montée jusqu'à Beauregard n n'est pas précisée et pourtant,sur la terre ocre ou l'eau ruisselle, c'est une bonne difficulté ou toute chute devient dangereuse.

 

COMPOSTELLE 2015- JOUR 7:  ESPALION - BEZZOLES - 32 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 7:  ESPALION - BEZZOLES - 32 KMS

De Beauregard a Verrières, c est de la boue, de l'eau, des chemins détrempés qu il faut contourner, sur fond de paysages de brume qui habillent l horizon.

J'alterne des montées et descentes  à travers des chemins boisés  pour atteindre ESTAING qui se découvre enfin au détour d'un virage.

Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles
Estaing sous differents angles

Estaing sous differents angles

ESTAING est un bien petit joli village posé au pied d'une rivière qui serpente sur toute sa longueur.

J'arpente quelques ruelles et prends un café mérité en terrasse, le temps de regarder mon itinéraire du jour.
Le soleil me réchauffe bien.
Plein d'énergie, je reprends la route ombragée sur 4 kms qui s écoulent doucement.
Pas de bruits de voiture, personne à l'horizon.
La platitude du chemin finirait presque par m ennuyer.

L'ennui s'arrêtera après ces 4 kms car la montée vers Fonteilles, après Montegut Bas et Montegut haut ( 300 m de dénivelé ) ne sera pas une partie de plaisir, mais quelle victoire de dépasser cela.
Les pas s enchaînent, côte après côte, lacet après lacet, caillou après caillou.
On ne pense plus à rien d'autre que poser son pied gauche après son pied droit.
On ne regarde plus en hauteur mais seulement le chemin du bout de ses pieds.
A ce moment là je me suis souvenu de l'état second pour la fabrication de mon tambour.
Je suis dans le même état.
Je suis simplement un pèlerin qui marche seul, face à lui-même.
Les notions de temps et de distance se sont effacées, ça fait bien longtemps que j ai oublié quel jour nous étions.
Je comprends maintenant comment le chemin vous lave, vous nettoie dans l effort pour vous faire passer à autre chose.
Et ça va continuer de monter jusqu'à GOLINHAC.
Petit village sans intérêt, ou tout est fermé l'après-midi.
Mon rêve de boire quelque chose de frais reste vain.
A 17 h le village continue d'être dans une torpeur hivernale, sans bruit, sans vie.
Alors je m assieds au soleil devant un panorama verdoyant de solitude tranquille.
Le soleil réchauffe tout mon corps sous le poncho et je profite de faire le lézard pour me nourrir de cette énergie, à défaut de manger le midi.
Un taxi s arrête, laissant descendre un japonais qui semble arriver de nulle part,
Ce spectacle me fait rire et devant la porte fermée de son gite, il est comme une mouche qui cherche à entrer par tous les moyens
Je finis par l'appeler et lui explique qu' ils ouvrent dans une heure.
Il vient d Osaka et a pris le taxi ( non, pas d Osaka ! ) mais de sa dernière étape car il était trop fatigué.
Il est rassuré et on se salue avent de partir.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 7:  ESPALION - BEZZOLES - 32 KMS

Le gîte d Espérac, sur lequel je lorgnais une place, est complet.

Changement de stratégie. J'opte finalement pour BEZZOLES qui se révélera être un excellent choix à tout point de vue.
Sous la pluie je parcours 4 kms.
Ereinté, j arrive enfin vers 18h et découvre dans ce corps de ferme, à ma grande surprise, une chambre avec des murs en pierre qui m'apparait comme un beau cadeau.

Une douche salvatrice sera plus que nécessaire car mes tendons, mes abducteurs me brûlent.
32 kms mais pas un de plus.
Je suis fourbu.
Vers 19h30, un couple de randonneurs m'accompagne pour ce repas « fait maison » à base de produits du jardin et de la viande de bison. C est un vrai festin ou nous saurons tout sur l'élevage des bisons, de la vie à la ferme aujourd'hui.
Bien repu, je vais me mettre dans ce lit pour m'endormir vite, flottant sur les images de cette journée de marathon.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 6 : ST CHELY D'AUBRAC - ESPALION - 24 kms

Publié le par ulysse92

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Dernier "Au revoir" à Saint chely  d'Aubrac sous les nuages

Dernier "Au revoir" à Saint chely d'Aubrac sous les nuages

16 septembre 2015
J'ai bien dormi et me lève à 7h.
Certes, le corps est endolori.
Passage obligatoire car il faut du temps pour que ces efforts s'inscrivent dans la durée.
Après avoir tout mis en ordre, je passe prendre un petit déjeuner simple, mais qui me permettra de démarrer la journée.
Je règle la note et descends tranquillement pour traverser le pont des pèlerins ou semblent encore résonner les pas de tout ceux qui sont passés au cours des siècles.
L'atmosphère se voile de son manteau gris.
Il crachine à peine et je monte doucement le premier sentier.

Le corps suit dans ces premiers efforts, tandis que je croise des pèlerins aux histoires diverses, dont un me racontant l'histoire de sa femme qui s est abîmée le genou mais qui continue à le suivre avec "la malle postale" ( service de transports de bagages et de voyageurs).
Après quelques minutes ensemble,  je l'abandonne pour reprendre mon rythme plus lent.
En effet, la pommade n a rien fait. Ce mélange de brulure aigüe et de douleur sourde sur le devant de mon tibia se réveille brutalement.
Cela va être une journée difficile.
A l'estrade, un petit café ambulant sous un abri de garage permet quelques échanges avec un couple de femmes qui viennent d'Australie.
Ce chemin a vraiment une aura internationale.
Je repars en lisant la pancarte pour aller à SAINT COME D'OLT : 9 kms.

descente vers Saint come d'oltdescente vers Saint come d'oltdescente vers Saint come d'olt

descente vers Saint come d'olt

Ces 9kms vont être un enfer.
Des descentes dans des chemins caillouteux rendent ma progression très difficile.
Les randonneurs, les pèlerins me doublent sans arrêt.
Je garde le sourire, leur souhaite bon voyage, tout en faisant mine de profiter du paysage.
Une fois qu'ils sont partis, je redémarre. Je descends pas à pas, parfois de côté, parfois en serrant les pieds.
Tout se fait et va se jouer avec le mental.
J'ai appris dans mes pratiques sportives à me dépasser, à repousser mes limites
Je peux encore y arriver.
Je veux y arriver.
Je vais m arrêter un nombre incalculable de fois, à la limite de pleurer de rage, de colère et de douleur.
Cela fait deux heures que je grignote pas après pas, mètre après mètre, les kilomètres sur ce tronçon.
Mon pied droit, jusqu à la moitie du tibia me fait jongler atrocement de douleur, je n'avance plus en descendant.
Je ne peux pas continuer comme ça.
Je m'assieds sur le chemin.
Les pensées défilent dans ma tête .
Abandonner ; Ce mot sordide vient me narguer intérieurement.
J'ai honte par rapport à tous ceux qui ont leurs propres difficultés, bien plus terribles que ta petite misère physique.
Tu abandonnes ton rêve, la 1ère partie de ton rêve, Denis.
Mon rêve est en train de s'évanouir.

J'ai mal dans tout mon être, autant sur le plan physique que moral. J'ai envie d' hurler ma colère.
J'essaie de me remotiver, assailli par tous ces nuages noirs dans ma tête.
Je pense à Marie, ma compagne qui m'a encouragée à le faire, à tous ceux et celles que je faisais rêver en leur parlant de  partir marcher sur le chemin ;
Je pense aux choses difficiles que j'ai affrontées dans ma vie ;
Je ne peux pas abandonner, là comme ça entre ces 2 pierres, sur ce talus anodin.
Je négocie avec mon corps et lui parle.
« J'entends ton message » « Je dois lâcher ou comprendre quelque chose »
De toute façon, je dois repartir pour aller jusqu au prochain village
Je me relève et doucement, enchaine les pas. Ça sera long, très douloureux mais je vais finir par arriver à SAINT COME D'OLT.
Je trouve la force de passer par les ruelles qui font le charme de ce village tout en cherchant un cabinet de médecin que je ne trouverai pas.
Comment vais- je faire ?

le charme de saint come d'olt
le charme de saint come d'olt
le charme de saint come d'olt

le charme de saint come d'olt

Je vais dans un café me poser seul à l intérieur.
Une bonne demi heure s écoule ou je regarde les gens qui passent dehors, comme dans un état second.
Je ne sais plus ce qui va se passer, mais je m'entends dire "j'accepte, quelle que soit la solution qui se présentera."
Je sens un fourmillement dans ma jambe droite.
Je règle ma consommation et sors machinalement, faisant quelques pas pour m'apercevoir que je marche mieux.
Plus de brûlure extrême, intolérable. Juste un picotement.
C'est insensé. Je comprends pas ce qui se passe.


Je tente d'aller vers la sortie du village pour voir comment le pied, le tibia réagissent à chaque pas.
J'en reviens pas. La foulée est bonne, légère et agréable.
La douleur insupportable me brulant le tibia s'est quasiment estompée.
Je n' ose y croire et décide de tenter le chemin à travers bois qui grimpe sur COMBES .
Je monte comme un cabri.
Des larmes de joie coulent sur mes joues. Des larmes d'allégresse ou tout mon corps semble transporté, mon cœur est léger, comme dans un état de grâce.
Intérieurement, je remercie mes guides.
Je peux continuer mon voyage.
 

croix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panoramacroix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panoramacroix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panorama

croix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panorama

De COMBES à la vierge de Vermus, les montées et descentes s'accumuleront.
Le rythme ne faiblira pas.
Le corps ne bougera pas.
La descente ne sera qu'une formalité.
ESPALION est un joli village et instinctivement, je m' arrête au gîte "au fil de l eau".
C'est propre et l accueil d Annie vous réchauffe le cœur.
J'ai un dortoir pour moi tout seul quelques heures seulement, car un couple de retardataires (un russe et une israélienne) arrivera en taxi a 22h pour dormir.
Après une longue douche, je vais flâner dans les ruelles et déposer un cierge dans une église romane pour remercier la magie de cette journée.
Sur le retour, je m'arrête manger à la pizzeria "la casa" rue droite qui se révèle être une excellente pizzeria.
En rentrant, je discute avec quelques pèlerins dont Aurélie qui vient de Perpignan..
Sur « radio chemin », j avais entendu parler d'elle avec son sac trop lourd, ses chaussures usées et son colis par la poste.
Nous avons beaucoup ri.

quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION

quelques images d 'ESPALION

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

Publié le par ulysse92

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15 septembre 2015
6H45. Le réveil est douloureux.
Mes jambes semblent avoir été massées avec un rouleau de pâtisserie.
Une brûlure, côté tibia droit, pique fort dès le matin.
N'ayant jamais connu ce type de douleur malgré toutes mes activités sportives, je vais devoir rester à l'écoute de mon corps et être vigilant.
Je me lève, fais quelques étirements pour réveiller en douceur le reste du corps.
Je revêts mon pantalon de randonnée, dont la couleur bleue fait grise mine, refais la partie haute de mon sac en le coiffant d'une protection imperméable orange, visible a des kilomètres si jamais je ne peux plus bouger.
Au revoir, chambre et couloir désert qui auraient pu servir d'approche pour une rencontre fantomatique.
Je tape au passage à la porte de mon unique voisine pour lui souhaiter "bon chemin".
L'air est frais, le ciel d'un gris pluvieux.
Je vais en face prendre un café croissant au "Café PERRET".
Un café typique de la campagne, avec un comptoir en bois, quelques annuaires sur un coin ou se pelote un chat qui termine sa nuit.
j'échange quelques mots avec la patronne sur le village qui vit difficilement.
Le métier est rude et laisse des traces de fatigue dans le terroir.
Amis randonneurs, gardez en tête que MALBOUZON est une étape possible et permet de faire vivre les petits commerces.
20 minutes de café, c'est bien pour démarrer une journée.
Il est temps de rattraper le GR 65 en passant par "RIEUTORT d'AUBRAC "

Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !

Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !

Une route goudronnée de 3 kilomètres façonnée par les vents .
Je suis la distraction des vaches qui me regardent passer comme la curiosité de la journée.
Hormis le chant du vent, rien ne vient perturber cette marche silencieuse.
Peu de monde et je traverse MONTGROS, un village qui semble s'éteindre tout doucement, oublié par le temps qui passe.
De nouveau sur un sentier, je me laisse absorber par mes rêveries sans me rendre compte que j'atteins NASBINALS.
Ce grand bourg plein de commerces respire la vie de campagne, malgré l'empreinte du tourisme.
Un peu frigorifié, je m'arrête prendre une boisson chaude dans un bar trop animé.
Je bois mon café illico et sors sonné, par ce retour brutal à la réalité du quotidien.
Je regarde le ciel menaçant. Réponse immédiate avec le poncho pour la route qui va m'emmener sur 9 kilomètres de montée vallonnée vers " Aubrac "
Le paysage change radicalement.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

De grands herbages ou paissent des vaches. Rien d autre..
Je pense que Dieu s'est planqué ici pour être au calme face à la turbulence du monde actuel.
Et franchement c'est un bon plan.
Me concernant, c'est une autre histoire.
Le chemin est en pente, bourré de trous. Je souffre lorsque je pose mon pied droit car la brulure s'intensifie brutalement. Le paysage me laisse un goût amer sous le vent et la souffrance.
Cette traversée sera mon purgatoire..
Je rage parfois en doutant du bien fondé de ma démarche mais j'avance en serrant les dents.
je râle en glissant devant ces montées en solitaire qui n'en finissent pas.
Derrière un champ, se cache un autre champ.
Je m'entends dire : c est ça que vous voulez ? Qu attends tu de moi? Que dois je expier ??
En résumé, toutes les litanies classiques lorsque on s'engueule avec le tout puissant.
Lorsque j'aperçois la descente vers Aubrac, je suis heureux car je ne marche pas, je boitille comme un canard.
Ça me fait penser à Charlie Winston : my Life as a Duck.
Je l écouterai différemment désormais.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)
COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

J'arrive à Aubrac : 10 habitants.
C'est cher payé pour vivre ici à 1307 m d altitude.
L'hiver ne doit pas être drôle ici, sauf pour une retraite monacale.
Le Café de Germaine est fermé.
Un petit mot pour nous dire qu elle est partie à l aventure . J'adore !
Je vais faire une pause au seul bar hôtel ouvert.
Je suis seul dans mon coin, un couple de randonneurs prennent un café tout en regardant leur prochaine étape.
Je reste une 1/2h a me poser dans la transpiration. Le pèlerin pue parfois, souvent même avec des montées comme celles de l'Aubrac.
Je ne dois pas refroidir. Un petit coup de crédenciale pour le départ et la descente vers Saint Chély d Aubrac ne va pas arranger mon cas.
Malgré l alerte d'hier, je mange sans grande faim un petit sandwich acheté en grande hâte.
La digestion est terrible et je suis à la limite de me sentir mal.
Entre le pied et l envie de vomir, je me demande qui va remporter le match.
Cette fois ci, j 'ai compris.
je jeûnerai le midi pour les étapes restantes.

un peu lugubre, non ?un peu lugubre, non ?

un peu lugubre, non ?

Je vais traverser des lieux à l’atmosphère étrange, aux couleurs glaciales et aux chemins pierreux.
J'atteins enfin St Chély d'Aubrac, heureux d'avoir terminé cette étape.
Il est 17H . je fonce à l'office de tourisme pour faire un tour des logements.
Une petite chambre individuelle m irait très bien.
Après quelques hésitations, j opte a l'instinct pour le bar" LE RELAIS SAINT-JACQUES" tenu par le papy qui cuisine et la fille un peu speed qui fait le service.
Ils ont des chambres dans un gîte saint Jacques situé derrière, à l'écart de la rue.
Chambre 7 ; encore des escaliers pour arriver au sommet mais la chambre est top et spacieuse
Je me douche. Quel bonheur de sentir l'eau chaude glisser sur vos muscles fatigués, tendus.
Un moment d'extase hors du temps. Je me rase pour retrouver forme humaine et je fonce a la pharmacie à l'autre bout du village pour trouver de quoi me soulager
La pharmacienne est drôle, de bonne humeur mais elle ne sait pas trop me donner. Elle opte pour un cocktail à base de Voltaren puissant et de Doliprane pour apaiser cette douleur.

Je remonte doucement vers le gîte et croise au passage Simon le québécois qui a bien marché depuis Saint Privât d'Allier.
On s'encourage et chacun repart à ses occupations.
Le repas se passe dans le calme malgré la présence de randonneurs parlant de leur marche autour de l'Aubrac.
Je suis seul a ma table.
C est bien. Je ne suis pas dans l esprit à faire la causette sur " mortelle randonnée en Aubrac" et profite de ce moment de quiétude pour regarder, écouter les récits qui me parviennent jusqu' à ma table.
21h : le corps est fatigué et je rentre vite me coucher.
Les 2 randonneurs d 'en dessous sont un peu bruyants. Les boules Quies s'imposent.

Une heure après, Morphée met tout le monde d accord.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 4 :ST ALBAN DE LIMAGNOLE - MALBOUZON: 24,5 KMS

Publié le par ulysse92

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Lueurs matinales

Lueurs matinales

Le 14 septembre 2015

Après un bon petit déjeuner, je quitte vers 7h30 "Saint Alban de Limagnole" qui s éveille doucement, encore engourdi par les nappes de brouillard qui habillent ses cimes et ses toits.
Comme chaque matin, un temps est nécessaire pour retrouver la sensation agréable de la marche.
En montant sur les hauteurs, je croise Christian, le béarnais qui fait son premier chemin avec Ali.
Il est seul et attend les autres à ce point de rendez-vous.
Il me parle de l accueil pèlerin un peu miteux, de son lit dont il ne restera que le nom.
Nous échangeons quelques paroles de réconfort et je lui souhaite un beau périple sachant qu' il est probable que nous ne ne recroiserons jamais.
Je me retourne une dernière fois, le regardant assis, les pensées perdues au loin.
Je me surprends à penser :"le corps souffre parfois pour que l'esprit s 'envole un peu".

decor de reve pour poser quelques pas
decor de reve pour poser quelques pas

decor de reve pour poser quelques pas

Je tourne mes pas vers cette nouvelle journée de découverte.
C'est comme un appel, une force indescriptible qui vous pousse à aller de l'avant en terrain inconnu.
Il me semble parfois faire partie de ce terrain inexploré qui se découvre au fur et à mesure des kilomètres en solitaire.

Après une bonne montée ou les mollets grinceront un peu, les pas défilent seuls tandis que la pluie se met de la partie pour me rafraichir.
Je ne remettrai pas ma veste, étanche certes, mais trop transpirante.
Un poncho sur un tee shirt me maintiendra du froid tandis que se présentent à moi des chemins, des pentes à travers la forêt.
"Chabanes Planes", "Les Estrets", "Les granges de Bigose", tout ces bourgades se traversent sous cette pluie fine.

souvenirs pelerinssouvenirs pelerins

souvenirs pelerins

Au détour d'un chemin, je découvre un sac abandonné de marcheur avec des affaires laissées pour ceux qui en ont besoin. 
Petit clin d’œil pour rappeler la difficulté du périple et la nécessité de marcher plus léger.

Beaucoup iront d ailleurs à la poste à SAUGUES ou au village d'après pour renvoyer une partie de leur sac.

Le rythme soutenu me permet d' arriver rapidement à AUMONT-AUBRAC avec la pluie, fidèle compagne toujours là pour vous rafraichir.
Une petite balade au coeur du village ou je tombe sur la croix de l'oustalet ( croix des chemins de Saint-Jacques)

croix des chemins de Saint-JacquesJe m'arrête dans un bistrot pour me réchauffer un peu.
Quelques minutes passées avec un bon café chaud seront des instants de bonheur privilégiés, tandis que je regarde d'une manière distraite les gens du coin "pester" sur ce temps pourri.

Une petite claque liée au choc thermique me réveille une fois dehors.
Je quitte le village pour aller gravir une montée caillouteuse sur laquelle mes pieds ricochent.
Je sens une  brûlure côté droit entre le devant du pied et le long du tibia.
Rien de bien grave, le chemin exacerbe le corps dans ses tensions imprévues.
Tout doucement, je prends de l'altitude en 6 kilomètres en passant de 1040 m à 1174 m.
Le corps se tend, se raidit sous la pluie mais je continue d'avancer.
Je mange mon sandwich en marchant. Du bon pain avec du jambon de pays, histoire de rester dans la gastronomie locale.
La digestion sera difficile.
Un signe de plus pour jeûner le midi à partir des prochains jours. Mon corps a besoin de se nettoyer.

solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere
solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere

solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere

Au 25ème km, aux "Quatre Chemins", je sens que je dois continuer à avancer.
Me voici reparti sur cinq kilomètres de pluie, sur des chemins serrés entre des herbages immenses.
Un temps de confrontation avec Dame Nature vêtue de son manteau automnal et glaçant.
Le vent me fouette le visage, les bras se glacent à l approche des plaines désertiques de l Aubrac.

Sans réservation, je me rapproche du hameau  " les gentianes".
Tout est complet. Une horde de randonneurs a investi les lieux et  arrive en troupeaux serrés pour leur café ou tisane.
Finalement c'est mieux ainsi.
Je me sens pas à ma place dans ces groupes bruyants, venant rompre la sérénité dans laquelle j'ai baigné toute la journée.
Je bois un café pour me réchauffer un peu, le temps de chercher un plan de secours.
Cela fait 30 kilomètres que je marche et j'ai envie de prendre une bonne douche chaude.

MALBOUZON reste une délivrance possible.
J appelle pour réserver et dire que j arrive dans 30 minutes. Les 2 derniers kilomètres se font au mental.
Quand j arrive dans le village , je croise au même moment (Merci la chance :-) la gérante du gîte communal qui m'identifie aussitôt.
Je suis la seule personne venant s'égarer ici à cette période.
Je fais quelques courses rapides en remerciant ce commerce de proximité ouvert avant de prendre possession de ma chambre perdue dans un immense couloir sombre, sonore au 3ème étage de ce grand bâtiment communal.
Mon corps me remercie après cette bonne douche qui vient me soulager, attendrir mes muscles fatigués.
 

Seul dans ce grand bâtiment, je mets un peu de musique pour me réchauffer l’Âme car ce soir tout est souffrance.
Je mange pour me ressourcer mais le plaisir n'y est pas. ( j'en abandonnerai la moitié demain au gîte pour les prochains visiteurs )
Ma solitude sera un temps interrompue avec l'arrivée d' une pèlerine allemande qui veut aller à lourdes en 11 jours.
Démonstrations mathématiques mélangées à mon "anglais de terrain" pour essayer de lui faire comprendre qu elle devra faire 50 kilomètres par jour pour arriver à son objectif.
La désillusion est terrible mais elle espère le faire.
Sur des derniers conseils, je rejoins mon matelas sommaire.
Le sommeil prend très vite sa place pour une nuit que j espère récupératrice .

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COMPOSTELLE 2015-JOUR 3: LA CLAUZE - ST ALBAN DE LIMAGNOLE : 24,5 KMS

Publié le par ulysse92

Astuce : Pour plus de confort, vous pouvez cliquer sur les mots en gras soulignes qui vous emmèneront vers un site pour plus d’infos

13 septembre 2015:

Je me réveille le premier vers 7 heures du matin.
Les lueurs grises d un ciel nuageux à travers le velux ne présagent rien de bon pour cette nouvelle journée.
Je remets doucement le corps en route, m'étirant avec la souplesse d'un chêne sous la tempête.
Je prépare le petit déjeuner et refais mon sac ;  rituel matinal des marcheurs auquel je m'habitue.
Je me contente d'un café, regardant  les autres pèlerins évoluer tout doucement, comme dans un film au ralenti.
Je leur souhaite un bon chemin et chausse le sac sur mon dos en ouvrant la porte.
L air est frais, venant caresser mon visage embrumé.
Pas de pluie a l horizon.
Je marche tranquillement pour réveiller les pas de ce corps engourdi par le souvenir physique de ces 2 premiers jours de marche.

quelques pas dans la rosée du matin , en sous-bois

quelques pas dans la rosée du matin , en sous-bois

Après 20 minutes de marche au FALZET, le chemin monte et serpente à travers bois.
Des senteurs m'accompagnent sur les premiers rayons de soleil. Je marche joyeusement, ou seuls les pas viennent rythmer le flux étrangement calme de mes pensées.
C est une sensation nouvelle et agréable de sentir cette sérénité intérieure, comme la surface d'un lac paisible.
Les kilomètres défilent, croisant parfois des randonneurs en groupe ou en trio venus explorer la région.
Le chemin semble plat mais, en réalité, viennent se dévoiler au détour d'un virage des pentes caillouteuses qui feront grincer les mollets, avant d'atteindre enfin les pentes herbeuses peuplées de vaches nonchalantes qui mènent à " La Ferme du sauvage".

entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"

entrée sur le chemin " la ferme du Sauvage"

Je croise 2 randonneurs avec un âne qui marchent en direction du PUY EN VELAY.
L âne donne le rythme et les deux compères le suivent d'un pas rêveur, laissant toute possibilité à la contemplation ou la marche en conscience :-)

Le chemin est sablonneux et les pas glissent dans cette forêt de sapins ou seuls les oiseaux sont témoins de mon avancée.
Quel bonheur de goûter à la présence de Dame Nature, et de se laisser bercer par ses murmures !

Puis le chemin de sable se fait goudron, présence de la civilisation automobiliste et après une centaine de mètres, mon attention se dirige nonchalamment vers une aire de pique-nique.
Quelque chose attire mon regard au fond, sous l'ombre des arbres.

fontaine de Saint-Roch

fontaine de Saint-Roch

Un fermier semble remplir de l eau au pied d'une sorte de promontoire avec une statue.
Je m en approche et la conversation s'établit vite. Il me raconte alors l histoire de cette fontaine miraculeuse de SAINT-ROCH qui a guéri tant de gens autour de lui.
Celle de la dame dont le bras gangrenait ; les enfants atteints de la typhoïde ; la dame qui ne pouvait pas avoir d'enfants ; celle qui en mettait dans son jardin et dont les grêlons l'épargnaient.
Je passe une bonne demi heure avec lui, ravi de toutes ces histoires qui me rappellent des souvenirs de mon enfance.
Et il me livre le secret de la véritable eau de source à prendre parmi les 3 tuyaux d’où l'eau s'écoule.

Une fois parti, j'en passe sur mes pieds pour les soulager, remplit les deux gourdes pour en ramener et la donner à ceux qui en auront besoin.
Puis je repars faire un stop a la Chapelle SAINT-ROCH me recueillir et mettre quelques bougies pour des pensées bienveillantes et des projets personnels axés vers les autres.

Il reste 9 kilomètres avant SAINT ALBAN DE LIMAGNOLE.
Un parcours de forêt qui, après une bonne descente caillouteuse,  reste vallonné.
Je suis seul, dans cette nature ombragée, goûtant avec plaisir ce moment.
Mes sens sont en éveil avec les effluves distillées par le Vent ; le soleil réchauffe mon corps, mon visage, les couleurs brillent, les bruits courent tout autour de moi.
Dame Nature est joyeuse et m'invite dans sa danse de la Vie.

Ce sont ces instants qui rendent vos pas plus légers et je continue d'avancer dans une sorte de rêverie jusqu au "Rouget", halte prévue initialement mais une petite voix me dit d aller plus loin chercher un logement pour la nuit. ( j'apprendrais le lendemain que le mari de la dame est gravement malade et qu elle a annulé tous les réservations)

Le corps commence à exprimer son impatience : les pieds brûlent, les jambes se raidissent et le dos se tend. Arrivé à SAINT ALBAN DE LIMAGNOLE,  j'écoute ma petite voix pour quitter le chemin menant  à l'Auberge du Centre ou le gîte de l Europe, afin de descendre la grande rue principale.

clins d oeil a Saint Alban de Limagnoleclins d oeil a Saint Alban de Limagnole
clins d oeil a Saint Alban de Limagnole

clins d oeil a Saint Alban de Limagnole

Finalement, en passant devant le bar-hôtel" le Gevaudan", qui n'est pas sans rappeler l'histoire de ce fameux loup, je décide de m'arrêter boire quelque chose de rafraichissant et poser ce sac alourdi par les kms.
L accueil est sympa et Monique la gérante franchement communicative.
J'apprendrai d'ailleurs que leur hôtel, fermé depuis des années, n'est ouvert que depuis 5 mois et de ce fait, aucun guide ne les signale.
J'adore les synchronicités !
Je décide de me poser ici pour ce soir et après une bonne douche réparatrice, découvre près de mon lit, sur un pan de mur,  une belle affiche de loup blanc.
Petit clin d'oeil  qui me fait sourire car le loup est mon animal totem dans mes "voyages chamaniques".
Je sors ensuite dans le village admirer le clocher à 3 baies de l'Eglise Saint Alban.
La journée se conclurera par un bon repas avec des pèlerines de 60 ans, dont la conversation tournera essentiellement autour du chemin et de notre parcours respectif, le tout sous la bonne humeur de Monique, la gérante.
21h30 sonne le glas et nous regagnons chacun les bras de Morphée pour préparer notre prochaine journée.

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COMPOSTELLE 2015 - JOUR 2 : SAINT-PRIVAT D'ALLIER-LA CLAUZE : 26 kms

Publié le par ulysse92

Bonjour
je vous invite a découvrir le 2ème jour sur la partie du chemin :
LE PUY EN VELAY- CONQUES.
Bonne lecture ;-)

 

12 septembre 2015 
2ème jour du périple. Je me réveille spontanément à 6h.
Je suis bien dans mon duvet au chaud, regardant au dehors le voile de la nuit déchiré par les lueurs de l'aube.
Je patiente un peu pour descendre du lit superposé, attendant qu'un autre émerge mais les corps semblent bien engourdis.
Discrètement, je me glisse hors de la chambre avec toutes les affaires en vrac.
Temps de préparation avec le rituel obligé pour charger le sac au mieux, faire le plein des gourdes et se masser les pieds, mettre du talc dans les chaussures.
Je profite de ce moment de calme et de silence en regardant le paysage par la fenêtre.
Un sentiment de liberté et de plénitude m'envahit, comme un appel à venir me fondre dans cet espace silencieux.
Christian me rejoint silencieusement pour boire un café.
Quelques mots d'encouragement respectif et il part très vite, casque sur la tête pour retrouver la magie du chemin en compagnie de Bach et de Mozart.
Jean Michel émerge seulement au moment alors que je me dirige vers la porte.
On se souhaite bonne route en se disant qu'on se recroisera peut-être à SAUGUES.
Les rencontres se font et se défont, nourris de beaux instants d'échanges en toute simplicité
Le chemin n'attend personne et personne n'attend sur son chemin.
Chaque chemin est unique ; Nous sommes tous dans l instant, laissant le passé de coté et le futur en attente.
Je sors, impatient de sentir le parfum d'aventure.

COMPOSTELLE 2015 - JOUR 2 : SAINT-PRIVAT D'ALLIER-LA CLAUZE : 26 kms

Le jour est encore engourdi comme mes membres qui se délient au fur et à mesure sur cette route silencieuse.
Après quelques hésitations du à mon "radar embrumé", je prends le bon chemin qui serpente très vite dans la forêt.
Magie des senteurs. De l humus frais.
Des arbres qui chantent au gré du vent pour me souhaiter la bienvenue en ces lieux ou peu de monde foule de leurs pas pressés ce chemin qui se réveille à la lumière du jour.
Je marche et je déroule vite jusqu'à MONISTROL d'ALLIER.
Passant devant un bar, je vois Christian en train de boire un café et discuter avec quelques locaux.
Quelques mots échangés rapidement et je repars retrouver la solitude bienveillante du chemin.
Les prochains 4 kms seront rudes. La montée par La Chapelle de la Madeleine jusqu'à MONTAURE se mérite et fait vibrer les quadriceps. Les mollets se tendent, les pas se font petits et le souffle se fait plus fort.

COMPOSTELLE 2015 - JOUR 2 : SAINT-PRIVAT D'ALLIER-LA CLAUZE : 26 kms

Ce sera une montée continuelle et technique jusqu'à LE VERNET au coeur de forets ou le dénivelé passe de 606 m à 1066 m.
Je fais de belles rencontres dans cette côte à travers bois :
Ali, un habitué des trails qui accompagne Maurice, non sportif pour ce 1er périple ;
Clémentine, une ado pétillante avec sa maman et sa grand-mère ; 3 générations réunies qui ont fait Compostelle et qui repartent ensemble pour un bout de route.
Le temps d'échanger quelques mots et j'aperçois Christian arrivant à ma hauteur.
Nous allons faire  les derniers kms jusqu' à SAUGUES.

Saugues, un grand village avec quelques sculptures pittoresques vous accueillant avant la descente " casse-jambes", la ou l'ombre de la bête du Gévaudan rode autour de vous. A défaut de le sentir, vous pouvez vous contenter de son musée si le frisson vous en dit !Saugues, un grand village avec quelques sculptures pittoresques vous accueillant avant la descente " casse-jambes", la ou l'ombre de la bête du Gévaudan rode autour de vous. A défaut de le sentir, vous pouvez vous contenter de son musée si le frisson vous en dit !
Saugues, un grand village avec quelques sculptures pittoresques vous accueillant avant la descente " casse-jambes", la ou l'ombre de la bête du Gévaudan rode autour de vous. A défaut de le sentir, vous pouvez vous contenter de son musée si le frisson vous en dit !

Saugues, un grand village avec quelques sculptures pittoresques vous accueillant avant la descente " casse-jambes", la ou l'ombre de la bête du Gévaudan rode autour de vous. A défaut de le sentir, vous pouvez vous contenter de son musée si le frisson vous en dit !

On s arrête au cœur du village dans un petit troquet pour faire une pause, nourrir le corps.
La présence de nos sacs facilite la conversation et nous profitons de cette ambiance détendue à plaisanter sur la Vie avec quelques habitués.
C est aussi cela le chemin.
Des moments de soleil, des instants » vrais » sans rien attendre en retour.
Règle N° 2 : le temps de pause ne doit pas durer trop longtemps, surtout au début du périple.
Il est temps de repartir, avant que les courbatures ne deviennent un problème
Christian m'annonce qu 'il n'ira pas plus loin.
Son corps est en limite ; la douleur de ses genoux s'est amplifiée par la raideur des derniers kms trop durs malgré ses bâtons de marche.
Nous nous quittons, sachant que nous nous reverrons plus.
Le chemin emmène chacun de nous à un rythme différent.

Je pars sous la pluie après avoir pris le temps de réserver un lit 7 kms plus loin. Je sors la protection pluie pour le sac, la veste anti-pluie.
Je souris car ça va être l occasion de tester l ensemble.
La pluie se déchaîne, l'orage s'abat sur moi.
La veste reste étanche, mais les chaussures sont trempées. Quant au pantalon, c est une vraie serpillière boueuse.
Les kms s enchaînent sous cette pluie torrentielle qui n en finit pas. Ça gronde fort et j'espère juste que ça ne me tombera pas dessus.

Marcher pour finir illuminé quelques secondes, non merci :-)
Au détour de quelques sentiers inondés, je dépasse 2 sœurs québécoises qui font étape au même endroit que moi. Je leur promets de leur préparer le café. Elles arriveront 35 mns après, bien trempées.

" Au repos d Antan " dans le hameau « LA CLAUZE sonne la délivrance.
Je rencontre Ali, un éducateur qui emmène Dylan, un gamin un peu bousculé par la vie.
Sonia , qui nous accueille, nous fait du feu pour sécher les affaires. Un vrai bonheur ou nous décorons la cheminée de chaussettes, de tee-shirts, vestes et chaussures mouillées.
Que de trophées sur le parcours accompli !

la pluie ayant découragé les autres pour les réservations, j'ai une mezzanine au calme pour moi tout seul.
La douche est toujours un moment important de réconciliation avec notre corps.
Après avoir écrit quelques mots, je retrouve les autres et Sonia qui nous a préparé un repas reconstituant.
Je le détaille pour faire saliver un peu :
Une bonne soupe de courgettes, du jambon de pays avec salade et truffade (pommes de terre sautées avec tome et lardons), du fromage et yaourts caillés.
Sonia est une hôte hors pair et cette soirée avec des québécois, des anglais, restera un bon souvenir en termes d échanges franco-québeco-anglais et de partage en toute simplicité.
21H30 sonne le glas de cette 2ème étape.
Je m'endors, heureux de ce que m'apporte ce chemin.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 1 : LE PUY EN VELAY - ST PRIVAT D ALLIER : 24 KMS

Publié le par ulysse92

Bonjour à tous

Je vous invite à découvrir  le 1er article sur le tronçon "LE PUY EN VELAY -CONQUES" qui va s'effectuer en 8 jours et profite de l'occasion pour vous souhaiter chaleureusement une belle année 2017.
Bonne lecture
 

Jour 2 : 11 septembre 2015

Nuit agitée , ou subsiste le souvenir d une porte qu' on pousse pour entrer dans ma chambre et il me semble même entendre " lève toi ".
De vieilles peurs stériles sur les esprits qui viennent me taquiner pour m'aider à me réveiller.
1ère journée en ce 11 septembre 2015 ou je refais mon sac, sous forme de gestes automatiques comme un sportif qui fait le vide pour se préparer intérieurement.
Sur les cotés, les gourdes, au dessus le besoin immédiat, au fond le lourd pour la fin de journée.
20 mns de préparation et je passe dans la salle où il y a une promesse de petit déjeuner qui attend.
Je déchante vite devant une sorte de café en poudre franchement immonde qui me renvoie à des souvenirs d'armée ou je faisais mes classes sous la pluie.

Je jette tout et pars, l'estomac léger pour la messe de bénédiction à la cathédrale.

 

Je ne suis pas un fervent de messe, ni pratiquant de la religion catholique, loin de ma  vision du monde, de l'énergie qui nous entoure.

En pénétrant dans le choeur, Je ne m'attendais pas à voir 60 personnes réunies pour prier.
Au hasard des bancs, je me retrouve assis entre 2 personnes empreintes d'une telle ferveur que j ai l impression d être le petit canard noir qui s est trompé de mare.

                                                                                                                                                                   
  C'est  cependant un beau moment. l'atmosphère est légère et le prêtre a beaucoup d'humour.

Pour terminer la cérémonie, tous les pèlerins se retrouvent auprès de la statue de Saint-Jacques pour recevoir la bénédiction dans toutes les langues.

Des français, des anglais, des allemands, des australiens, des chinois, des néerlandais, des québécois..

Voici un chemin de réputation internationale sur lequel viennent s ouvrir tous les cœurs.
De belles phrases axées sur la sincérité :
"On ne ment pas au chemin car cela finit toujours par te rattraper. "
"Vivez dans la sincérité, les choses simples de cœur."

Une petite médaille offerte, un 1er tampon de crédenciale et je remets mon sac à dos.
Je tourne mon regard vers les portes ouvertes sur le lointain.
L'excitation est à son comble, , le cœur bat plus vite.
Je marche vers la sortie, les pas sont fermes et décidés.

Ca y est ... je suis parti !

Il est 8 h15 et l aventure commence, en descendant les marches de la cathédrale.
De nombreux locaux viennent vous encourager et vous saluer, tel le pèlerin partant vers un périple dont l' issue est inconnue.

La sortie du Puy en Velay est bien signalée et nous emmène sur une belle montée de 9 kms qui serpentera jusqu'à a saint Christophe de Dolaizon.

 

 

 

Je croise sur les 1ers kms un allemand et en échangeant avec lui grâce à «mon anglais légendaire » , notre distraction respective nous fera faire un aller retour de 800 m avec un beau dénivelé dont je me serais bien passé.
1ere expérience : Le chemin est ouvert mais la vigilance reste de mise pour suivre les signes ou les panneaux.
Un premier contact avec la nature qui semble observer le défilé des sacs à dos qui s'étire sur le chemin. Des sentiers boisés que nous parcourons vite, comme des personnes avides de se nourrir de kilomètres.

Saint Christophe de Dolaizon sera l'occasion de boire une gourde d'eau que ma vessie ne tolérera pas longtemps. Ouf , tout est prévu dans ces haltes pour qu'on se sente plus léger !
Je remets le sac à dos qui va devenir avec le temps un compagnon indispensable, lourd parfois à supporter. Je regarde partir le pèlerin allemand mais ne le suivrai pas.
J'ai envie d être un peu seul sur le chemin.
Je me laisse absorber par des courbes et des lacets avec de faux plats ou le sac se fera lourd jusqu'à Montbonnet.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 1 : LE PUY EN VELAY - ST PRIVAT D ALLIER : 24 KMS COMPOSTELLE 2015- JOUR 1 : LE PUY EN VELAY - ST PRIVAT D ALLIER : 24 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 1 : LE PUY EN VELAY - ST PRIVAT D ALLIER : 24 KMS

Des croix décorées de cailloux déposés par des pèlerins, se découvrent de temps à autre au virage de sentiers, de petites routes que les voitures ne semblent pas connaitre.
Mes jambes me rappellent que j ai bien marché depuis ce matin : 16 kms en 4h30
Ma veste anti transpirante est une veste de sudation et le haut de mon pantalon est trempé.
Le chemin est un chemin de traverses, où chacun porte son poids.
Le mien me fait bien transpirer.

A Montbonnet, mon corps et mon esprit réclament un peu de détente.
Un petit bar snack le saint Jacques me semble être une trêve acceptable.
Attablé au soleil, le patron me verse une bière. Sa couleur, son amertume sont un réconfort qui vous chauffent l'âme et le corps. Un bon sandwich au jambon de pays et les forces reviennent.
Le bonheur est fait de choses simples au quotidien, enfin surtout après 16 kms.
J'en profite pour réserver par téléphone un lit au gite d'étape « la Cabourne ».
Je discute avec Jean-Michel, un retraité très sympa , des australiens et un gars du Gers, Christian. Tous des pèlerins qui viennent se chauffer au soleil et oublier leurs courbatures.

Après quelques moments de partage sur les kms écoulés, je pars faire les 7 kms restants avec Jean-Michel à travers des sous bois cachant une bonne cote d' un 1,5 km qui chauffe les articulations.
Dans un champ, 200 élèves qui attendent pour faire ces derniers kms avec leurs professeurs, une tradition collégiale faisant partie de leur tradition annuelle en septembre.
Nous accélérons le pas, bien décidés à ne pas se faire absorber par cette marée de collégiens.
En vain, elle déferlera sur nous, 2 kms plus loin.
Nous retrouverons notre quiétude en rejoignant les lisières de la foret, après avoir traversé un ou 2 carrefours.
Dernière descente en sous-bois, avec des pierres glissantes mais le village se dessine devant nous.

Arrivée à Saint-Privat d'Allier : le corps est fourbu, l âme est légère.
Le sac est lourd, les chaussures sont lourdes. Les pieds sont fatigués mais les chaussettes « anti-ampoules » ont tenu leurs promesses.
Arrivé au gite « La Cabourne », je m'aperçois que c'est un gros gite d'étape pour une cinquantaine de randonneurs.
Trop de monde pour moi.
J'ai envie ce soir , d'intimité, de calme.
J'annule ma réservation pour réserver au kompost'l avec 3 pèlerins.
Le gîte est très agréable. Dortoir de 4 chambres avec salle à manger ,cuisine.
Le chemin me montre encore une chose : se laisser porter et faire confiance.
Tout le monde passe par la case douche, étape obligatoire ou tu profites pour laver tes petites affaires ( chaussettes, boxer, tee-shirt).
L idée d un plat chaud, simplement d'une bonne soupe maison nous emmène tous à la seule vieille auberge du coin..
Le patron est un vieil ours mal léché, taillé comme un rugbyman, buvant l'apéro avec ses potes tandis que sa femme se démène et assure seule le service avec le sourire.
nous mangeons rapidement, discutant de notre prochaine étape et de nos motivations pour faire le chemin.
Rassasié, je me couche tôt a 21h30 suivi par mes 3 compagnons de nuitée.
Tout le monde s'endort vite, harassé par cette journée de 24 kms.

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COMPOSTELLE 2015 :ARRIVEE AU PUY EN VELAY

Publié le par ulysse92

10 septembre 2015

Le train s étire doucement, comme pour te forcer à ralentir.
Plus de pensées tourbillonnantes, de vitesse, de course. Le temps semble s arrêter pour laisser place à l' instant tout simplement.
Ce T.E.R. qui avance a 10 kms/h semble me dire dans le sillon des collines qu il traverse :
" Prépares toi à ralentir et à écouter, à t écouter "

 

1ère rencontre avec le Puy en Velay.
Je marche dans ces vieilles ruelles pavées foulées par tant de pèlerins ou randonneurs, dont les bruits de pas semblent faire écho à cette sensation de présence du passé que je perçois subtilement, tel un murmure.

Passage pour l office de tourisme qui me donne quelques infos, un coup de tampon sur la crédencial.
Elle me suggère de visiter aujourd'hui, de partir demain après la bénédiction à 7h des pèlerins a la cathédrale.
Petit clin d œil pour moi ; Même si je suis sensible à l'aspect sacré, à l'énergie particulière que je ressens dans certains lieux de culte, je ne savais pas si je passerai par cette étape, vu ma distance personnelle avec la pratique religieuse.

 

 

Je vais faire un tour à la cathédrale ,impressionnante et massive, vous devez la conquérir en montant ses 134 marches pour enfin pénétrer en son cœur de silence et de dévotion.

Je marche silencieusement pour découvrir dans des recoins, des icônes, des statues de saints sur lesquelles glissent les lumières des cierges.

 

Après ce temps de calme et de silence, l'appétit se fait sentir et je me laisse tenter par une cocotte ponote (saucisses, lentilles vertes, poitrine fumée et canard confit) au   " MARCO POLO" dans une rue piétonne.
La aussi le temps ralentit. 
Je regarde, spectateur, les gens passer.
Écoliers, pro, touristes, âmes perdues, retraités en pèlerinage. Les pas se superposent et s'effacent au fur et à mesure.
Tout est éphémère. Vivre dans l instant .. ÊTRE

Mon esprit flâne, vagabonde, libre de toute obligation.jusqu au moment de l'addition.
La serveuse me donne plein de conseils sur les gîtes.Je reprends mon sac marchant au hasard et au gré des ruelles, pour aller gravir le Rocher Corneille admirer la statue de notre Dame de France.


Encore une centaine de marches à monter pour admirer la vue d'ensemble  sur le puy en Velay et gravir un escalier en colimaçon à l'intérieur de la statue.

Je rentre au coeur de Notre dame de France, sur un escalier métallique très étroit,  "monoplace".

Une fois arrivé au sommet, je rencontre 2 dames âgées qui me parlent de Compostelle, de leur expérience auquel se joint un vieux monsieur de 80 ans fringant et dynamique.

Un bel échange, qui vient m encourager pour ce 1er périple.

Puisque le thème de la journée semble être la montée de marches, je décide de terminer fort avec le rocher Saint Aiguilhe sur lequel est posé la Chapelle de l'archange St Michel.

Je confirme : monter 268 marches avec le sac a dos, ça met en forme !

 

 

 

 

Je reste pendant une bonne vingtaine de minutes à écouter le silence, méditer en synergie avec l énergie de ce lieu.

Les couleurs du crépuscule viennent flamboyer le ciel au dessus du Puy et danser sur les murs a travers les vitraux.

Je sens que je dois me laisser porter sur le chemin, oublier toutes les habitudes et écouter, s'écouter.

Je redescends, heureux de ce moment.

 

 

Sur le trajet retour, je croise des bénévoles à l accueil "Compostella 2000 " qui m'interpellent.
Ils me racontent leur parcours : de sacrés marcheurs, bons vivants qui m encouragent à venir demain a 7 h pour la messe.(Au cas ou je n aurai pas entendu le 1er message dans la journée)
Il est temps de penser un logement pour le soir que je trouve, au gré de mes pas, au gîte saint François.
Un super accueil, une chambre propre et confortable. Que demander de plus à cette veille de parcours ?
Après une bonne douche nécessaire pour adoucir le souvenir de la montée des marches, je passe au magasin des pèlerins acheter un insecticide naturel contre les punaises de lit qui auraient la mauvaise idée de venir squatter mon sac à dos ou mon duvet !


A la veille du grand départ, je m autorise un bon resto «le Chamalenc », l'ultime repas devant ces jours pleins de surprises qui vont se présenter demain;
Je me laisse tenter par leur pâté en croûte avec une belle harmonie de saveurs que vient réveiller le pruneau et le chutney. Même la gelée est bonne et ne restera pas dans l'assiette.
Le gigot d'agneau d une tendresse a vous séduire le palais, sur un lit de semoule et petits pois verts,sera l'aboutissement d un belle soirée sur le plan gustatif.
Je suis comblé de ce dernier écart "épicurien" et remonte les marches de nuit sous le regard imposant de notre basilique illuminée pour une nuit récupératrice afin de m'ouvrir demain à de nouveaux horizons.

ULTREIA !!!

COMPOSTELLE 2015 :ARRIVEE AU PUY EN VELAY

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