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Articles avec #saint jacques tag

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms

Publié le par ulysse92

Astuce :  Vous pouvez cliquer sur les mots en gras soulignés qui vous emmèneront vers un site pour plus d’informations :-)
N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à partager l'article.

Chaleureusement

7h30 du matin.
Attablé avec Thierry pour un café, j écoute Eileen, l hôte des lieux nous parler de la réfection de cet ancien presbytère abandonné par le temps.
Il est vrai que venir vivre à Montlauzun demande de l envie et du courage.
Un paysage magnifique avec ces quelques âmes tapies sur ce promontoire, bercé par les vents. Elle nous emmène dans son salon, belle pièce avec pierres apparentes d époque, d'un coté.

Mes sens sont un peu en alerte à chaque fois je sens une vibration particulière,comme un contact avec l invisible qui titille mes perceptions. Thierry perçoit aussi cette particularité et l hôte nous fait lever les yeux sur un symbole peint sur le mur.

 

Fascinant! le symbole d'un œil dans un triangle avec des rayons de lumière semble rappeler " l oeil de la providence , "l'œil omniscient", peut être en rapport avec la franc-maçonnerie, ou plus anciennement avec l'oeil d'Horus. Ce ne sont que des idées, non des certitudes. Vos commentaires constructifs seront les bienvenus.

La seule chose dont nous soyons sûrs, c est de la vibration présente dans cette pièce et plus précisément sous ce symbole, comme une sorte de puits d énergie. Nous lui en faisons part, l un et l'autre. Devant notre "sensibilité" face a cette pièce, elle nous raconte qu'après s être casse la jambe, elle passait ses journées ici en convalescence et qu'elle s était remise sur pied très vite, au grand étonnement de son médecin.

De retour dans la chambre, je me rends compte qu'être venu ici était magique, tant dans la découverte de cette pièce avec ce symbole ésotérique, que la rencontre avec Thierry nourrie de nos échanges Je pars le dernier, enjoué par ces révélations du matin!

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms

Après avoir un temps pour admirer la vue su le plateau du Quercy, je redescends lentement à travers de longs chemins boisés, méditant sur ma rencontre d'hier soir et sur cet étrange symbole que nous avons vus ce matin.

Je remercie ma petite voix intérieure de m'avoir poussé jusqu'à ce lieu tout en continuant à cheminer en direction de LAUZERTE.

La douceur matinale a laissé la place aux températures estivales et je suis bien content de longer les sous-bois pour garder un peu de fraîcheur.

Pourtant, ce n'est pas la forme, côté pieds ! Les pieds chauffent rapidement, malgré des super chaussettes de compétition, des chaussures récentes que j'ai déjà utilisées un peu.


Cela fait partie des désagréments et je pense qu"aujourd'hui, je vais alléger l'étape pour me reposer un peu et voir d'ou vient le problème de ces pieds car je me dois d'en prendre le plus grand soin. Jamais avant je ne leur avais consacré autant d'importance, mais sans eux je ne vais pas avancer !

Le chemin réserve aussi de belles surprises.

Bien que je sois seul bien souvent, il m'arrive aussi de faire de belles rencontres.

Celui ci était vraiment intéressé à m'accompagner sur le chemin, mais à mon grand regret, j'ai du décliner l'invitation. 

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms

J'arrive au pied de LAUZERTE, village juché en hauteur sur une colline qui doit donner une belle vue d'ensemble sur la région.
L'accès à pied vers ce village se mérite, et  après une bonne montée qui réveille tous vos muscles endoloris, je débouche sur une belle place que quelques randonneurs ont déjà investi pour se rafraichir autour d'un verre.

Je passe voir l église de Lauzerte, qui m'accueille par sa fraicheur et son silence.

Je pose mon sac, désireux de profiter de ce calme ; une personne près de l'orgue, que je n'avais pas remarquée,  se met alors à jouer des morceaux légers, enveloppants, caressant mes sens et me plongeant dans une sorte de méditation ou la notion de temps disparaît.

Il me semble être resté là une bonne vingtaine de minutes avant que la porte d'entrée grince, mue par un visiteur, ou je vois  comme une invitation à lever le camp.
 

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms

Je cherche une pharmacie et renseignements pris, il n' y en a pas.
La seule existante est en bas, au pied de cette colline que je viens de gravir.
Hors de question de redescendre pour remonter après. Rien d'y penser, mes muscles se révoltent en me rappelant des douleurs endormies.
Le gérant du bar, pris de sympathie, me dépanne gentiment de sparadraps et de désinfectant pour mes pieds qui ont besoin de réconfort.
Assis, je me prélasse à cette terrasse devant un perrier menthe.
Les bulles dansent dans le verre tandis que je regarde ou je pourrais bien dormir ce soir.
Je sens qu'aujourd'hui sera une étape courte.
Intérieurement et physiquement, je me sens fatigué. Je dois écouter mon corps
DUFORT-LACAPELETTE me paraît un bon point de chute pour cette étape courte qui va me permettre de récupérer.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kmsCOMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms

Avant de reprendre la route, je passe voir le jardin du pèlerin qui ne retient pas beaucoup mon attention.
Malgré une belle vue des environs, le reste me paraît sans saveur ; peut -être un effet de la chaleur.
Je redescends pour aller 4 kms plus loin en direction de la chapelle Saint-Sernin, petite bâtisse romane du 11ème siècle, nichée au coeur des bois à 240m de hauteur.
Bien que le chemin soit parfois au frais  en sous-bois, ces montées et descentes me sollicitent plus que d'habitude. Le corps n' y est pas, le coeur non plus !
Je passe devant l'église, remplis ma gourde pour lutter contre la soif et continue le chemin.

La partie de bitume semble brûlante.
Je bois régulièrement , me mouille la nuque, la tête pour ne pas attraper un coup de chaud.
3, 5 kms faits de poussière ou mes muscles semblent fatigués de répondre. Le ciel est chaud, le paysage semble sec et j'avance sur un petit  rythme de fatigue ou mon sac me semble bien plus lourd tous les 10mns.
Ca arrive , me dis-je." Ton corps te parle et réclame une trêve, une étape plus douce.
Aprés avoir gravi ce chemin qui passe devant "l'Aube nouvelle," je marque un temps d'arrêt.
je rentre dans le jardin pour me poser et boire quelque chose de frais. Quel bonheur de poser ce sac sur cette vieille chaise.
Curieux, cet endroit! Cette maison de maître semble être restée figée dans le temps, dans son époque, comme si on avait voulu que le voyageur fasse une halte dans le passé de cette grande dame, prête à nous conter ses souvenirs.
Je reste là une demi-heure à me poser, me laisser bercer par ses murmures qui chantent dans les arbres.
Déja 17h ! Irruption brutale du temps qui me rappelle que je dois rapidement trouver un logement pour ce soir. Pas de réseau ici.
Je prends le sac et remonte le chemin pour passer quelques appels.
Tout en regardant cette demeure impassible plus bas, tous les gites sont complets à 5 kms à la ronde.
Je sais que Thierry dort là ce soir mais c est le double de mon budget habituel.
"Si le chemin c 'est sortir de ses schémas habituels, de s'ouvrir à de nouvelles expériences, d'accord, mais pas tous les jours ".. dis je en silence.
Me voici de retour dans cette grande maison , ou la propriétaire des lieux me montre ma chambre spacieuse ou je profite de prendre une longue, longue douche pour me nettoyer de cette journée.
Après la phase soin,  la tenue propre et les sandalettes aux pieds, je descends profiter de la douceur du soir dans le jardin ou glisse sur les murs de la musique classique.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kmsCOMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms
COMPOSTELLE 2016 : JOUR 7 - MONTLAUZUN - DUFORT LACAPELETTE : 18 kms

C'est exceptionnel et je me rends bien compte de cette magie du soleil couchant, accompagné dans sa course sur fond de musique classique.
Un bonheur que je savoure seul longtemps. J'en profite pour regarder mon parcours demain.
Après une bonne nuit de sommeil, je vais pouvoir aller au moins jusqu à MOISSAC , voire même plus.
Finalement, cette halte forcée est peut-être une bonne chose.

C'est l'heure du repas et je fais la surprise a Thierry en m'installant à sa table.
Nous allons faire un bon repas, agrémenté de quelques verres de vin ou nous allons parler, pendant des heures, de nos chemins respectifs, de spiritualité, de développement personnel ; tout cela, en tout simplicité dans cette maison de maître qui nous berce de son calme.

Nous allons nous coucher, repus de tous nos échanges.
Seul dans la chambre, avant de m'endormir, je repense à ce texte sur le chemin , lu ce midi
et me dit que ce chemin me réserve encore bien des surprises.

 

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COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

Publié le par ulysse92

21 septembre  2016

Après un déjeuner frugal et un dernier au revoir, je laisse mon amie Viviane à sa demeure « pleine de vie » si je peux l’exprimer ainsi.

Je dois rattraper au plus vite le GR 65, en reprenant des petites routes bitumées.
Ce sera chose faite après quelques aboiements de chiens méchants (on espère toujours que la grille soit bien fermée) sur les 3 kms supplémentaires pour me réveiller.

Il fait beau ce matin mais je me sens d’humeur triste.
Est-ce notre conversation sur le sens de nos vies respectives d’hier soir ?
J’ai du vague à l’âme aujourd’hui, et le chemin prend une allure de corvée.

 

COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

Je retrouve des sentiers ou je traverse des hameaux sans intérêt « La Bouyssiere » « Le Pech » qui laissent entrevoir l’autoroute A20 étrangement calme.
Après lui avoir tourné le dos, le GR me réveille avec un bon dénivelé de 100 m et les montées sur des sentiers boisés.
Le corps se tend, les mollets grincent et j’adapte mon rythme en buvant régulièrement.
Arrivé vers 13h au stade près de la Guintarde , je croise de nouveau le couple d’allemands de l’Est en mode « pause ravitaillement ».
Le chemin a laissé quelques traces sur eux ( ampoules, inflammations tendons) mais ils gardent le moral en se prévoyant une étape de 30 kms.
On se souhaite chaleureusement » Bon chemin ».
C’est toujours curieux, cette magie du chemin.
Je croiserai certaines personnes plusieurs fois, d’autres jamais plus, et quelques-unes que je n’aurai pas soupçonné beaucoup plus loin dans le parcours. A chaque fois, il y a un petit clin d’œil, une phrase, un petit message pour la journée ou une réponse à ton questionnement intérieur resté en attente.

COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

Le soleil est à son apogée et le sentier serpente entre des paysages vallonnés pendant 5 kms avant de découvrir CAHORS en contrebas.
CAHORS est une ville qui se mérite.
Et pour cause, la descente est vraiment abrupte sur 800 m.
Les pieds cognent au bout des chaussures à chaque pas. J’adopte la descente en diagonale pour limiter la raideur de la descente.
ça tape, ça grippe, les pieds brulent mais j’arrive enfin en bas.
Tiens ! Mon pèlerin allemand seul.
Sa femme souffrait tellement qu’une voiture l’a emmené dès le début de la pente pour la déposer au carrefour ou la terre est plus plate.

Direction le pont louis-Philippe ou je me dirige sur une terrasse de café ombragée pour m’accorder 30 minutes de repos, les pieds à l’air.
Un bonheur de sentir son corps en repos. Il me manque juste un bain frais pour que la détente soit optimale mais de là à aller plonger dans la fontaine à coté, n’exagérons pas!
Je remets les chaussures devenues étroites à mon gout, et déambule dans les ruelles de Cahors: d’abord à l’office de tourisme pour quelques infos,
ensuite à un "CASH Converters" pour acheter un câble iPhone ( ma batterie de téléphone était presque à zéro)
et pour terminer, je vais me recueillir dans la cathédrale Saint-Etienne de Cahors.

COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)
COMPOSTELLE 2016-JOUR 5 : LALBENQUE-GITE DES MAHIEUX ( 26 kms)

J’aime bien cette énergie particulière que je peux ressentir parfois à l’intérieur, et son silence.
J’allumerai quelques cierges pour méditer et envoyer de la lumière à mes proches, dont une pensée particulière pour la guérison d’une amie « Gaëlle », et un couple d’amis toulousains que la Vie n’épargne pas en ce moment.
Je prends le temps de flâner dans le cloitre avoisinant avant de replonger dans les ruelles peuplées de Cahors.
Je ressens le besoin de continuer mon chemin.
Trop de monde ici. Trop urbanisé aussi.


Je prends la direction du Pont Valentré qui se dessine devant moi, majestueux avec ses arches et ses pieds poses dans le LOT.

Une certaine émotion me saisit lorsque je pose mes premiers pas sur ce pont.
J’ai l’impression étrange de le traverser pour mes ancêtres, de marcher pour eux à ce moment-là, comme si je reliais quelque chose de subtil lié au passé.

La montée des marches à la sortie me replonge dans le réel.
Des marches taillées pour des géants dans la falaise font que je suis trempé en arrivant au sommet ou je surplombe le lot et son pont encore plus beau de ce côté.

J’appelle au hasard le gite des Mahieux qui a une place pour moi et qui me rappelle que le diner est à 19h.
il est 17h15. 5 petits kms à parcourir ou la route longe un autoroute pendant 2 kms.
Cette partie-là est longue, inintéressante au possible avant de retrouver la tranquillité sur le chemin.

Enfin , le gite avec la promesse d’une bonne douche.
Je serai dans une chambre, seul car l’autre personne ne vient pas.

Après un bon nettoyage, je retrouve à table Jean-Marc ( le pèlerin assis dans un fossé hier) et fais la connaissance de Jocelyne et Catherine (mère et fille) ou les conversations joyeuses nous font passer une bonne soirée.

Je retrouve mon lit avec bonheur et m’endors en pensant à quelques phrases éparses tirées de Jacques Musset sur le pèlerin :
« rappelez-vous l’essentielle vérité : le royaume intérieur, le trésor caché se découvrent seulement en marchant » « simples mots dont la vérité s’éclaire dans l’aventure du chemin, plus loin plus avant, plus profond »

 

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COMPOSTELLE 2016 - JOUR 3 : BEDUER - MAS DE DALAT (32,5kms)

Publié le par ulysse92

19 septembre 2016

Après une bonne nuit de sommeil et un super petit déjeuner à "la Soursonnette", je sors à l’extérieur regarder la lumière du jour glisser sur l'horizon, telle une vague se déversant sur les bois endormis autour de nous.
Il fera beau aujourd’hui.
Je range toutes mes affaires et le poncho dans le sac et remercie nos hôtes pour leur accueil chaleureux. De belles personnes dont je garderai un bon souvenir.
Tous les autres pèlerins sont déjà partis devant.
Je prends le temps ce matin de dérouler tranquillement durant les 1ers kilomètres, m enivrant de la senteur d’humus et des bruits de la nature s’égayant sous les rayons de soleil.

Tout en rêvassant, je finis par rattraper le couple d’Allemands de L’est. D’abord le mari, un grand gaillard joyeux qui s’entreprend en anglais de me raconter son parcours de militaire un peu « particulier »avant de migrer du côté Ouest ; sa femme, plus petite, essaie de garder le rythme en silence, pour maintenir le cap prévu de la journée.

dolmen de Pech-Laglayre

dolmen de Pech-Laglayre

Je suis bien, délicieusement en paix dans cette foret, à la fois seul et entouré de toutes ces formes de vie qui chantent, bourdonnent, craquent, détalent ou se taisent.

Un beau panorama me présente CAJARC que je vais rejoindre par une belle descente abrupte, saluant au passage une pèlerine assise que mon passage semble troubler.

Cajarc centre et eglise Saint Etienne
Cajarc centre et eglise Saint EtienneCajarc centre et eglise Saint EtienneCajarc centre et eglise Saint Etienne

Cajarc centre et eglise Saint Etienne

CAJARC, village avec ces petites ruelles engoncées entre les maisons qui fleurent bon la douceur de vivre.
Je passe visiter l’église St-Etienne pour me recueillir un peu dans ce lieu sacré, mettre quelques cierges pour des bonnes intentions envers des proches (ou moins proches aussi ) et leur envoyer de bonnes pensées d’énergie.
Je traverse le village et demande à une personne âgée ou trouver une épicerie pour boire quelque chose de frais. Il me propose généreusement une boisson fraiche, avant de filer à son rendez-vous. Merci, la Vie !

Assis au bord un banc, je regarde le pont suspendu posé sur le Lot et profite de la lumière du paysage et reste de longues minutes à savourer ces instants de simplicité. J enlève mes chaussures, mes chaussettes et laisse mes pieds respirer.
ils ont bien souffert. Quelques ampoules témoignent d'un désaccord entre eux, les semelles, les chaussures et le bitume.
Je mets un ou deux pansements, les masse avec de l huile et reste ainsi pieds nus à regarder sans vraiment observer, entendre sans vraiment écouter.
45 minutes ont passe ainsi.
je me rechausse,  remets le sac à dos et regarde le plan. Ou vais je m arrêter?
Nous verrons le moment venu selon l’inspiration.
Le soleil est généreux et la sortie de CAJARC se fait en sueur, sous le bord d’une grande route dangereuse, avant de retrouver la direction de GAILLAC.

Direction vers des sentiers boisés pour un peu de fraicheur, mais également de belles montées ou le rythme se fait moins rapide, le cœur battant plus fort et le sac plus lacérant au niveau des épaules.
Qu’importe ! la nature me berce et mène mes pas jusqu à St Jean de Laur, accueilli par des guirlandes de ballons et de coquilles saint jacques colorées.
C est gai et je m’arrête pour écouter le tintement, et remplir ma gourde.

Il est 17h et je n’ai pas vu l’heure passer.
J’appelle les deux gites des environs. L’un est complet, l’autre ne répond pas.
J’appelle le Gite Dalat Etape ou une voix sympathique me répond que c est possible.

5, 8 kms à faire encore. L’idée de ne pas réserver pour se laisser porter par la surprise, la magie de chaque journée sur le lieu final me laisse un moment dubitatif.
Je m’entends penser tout haut « ok, je fais confiance mais c’est un peu dur là »
Il faut avancer, faire des choix. On ne revient pas en arrière.
J’accélère le pas jusqu’à trottiner au pas de course dans les descentes avec une belle montée finale dans le dernier km. Merci Monsieur + !

Je mettrai un peu plus d’une heure pour enfin déposer mon sac au gite et prendre une douche récupératrice, nécessaire pour reprendre forme humaine.
Je fais connaissance des autres pèlerins arrivés avant moi : René et sa femme (un couple de néo zélandais), 2 français ( Paul et François qui ont décidé en cours de chemin de le finir ensemble) et Zladi, une Américaine.
Dominique, notre hôte qui nous accueille est un amateur de treks et un fin cuisinier.
C’est autour d’un bon repas festif que nous parlerons de nos vies, écorchées pour certains, des rencontres sur le chemin et du meilleur à venir.
Une belle soirée teintée d’humour et de générosité de cœur que je garde avec moi avant de rejoindre ma suite.
Oui ! ma suite car j’ai le dortoir avec salle de bains et WC pour moi tout seul à l’étage.
Les surprises du chemin c’est ca aussi !
Avant de m' endormir, je repense à ce texte déposé sur le chemin, destiné à tous ceux qui auront pris le temps de le voir.
Ce texte, je vous le dédie !

COMPOSTELLE 2016 - JOUR 3 : BEDUER - MAS DE DALAT (32,5kms)

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COMPOSTELLE 2016 - ARRIVEE A CONQUES POUR UN NOUVEAU PERIPLE

Publié le par ulysse92

Un an s’est écoulé depuis mon  périple LE PUY EN VELAY –CONQUES.

Un chemin fort, qui s’est imprimé parfois douloureusement dans mes jambes au point d’être tenté d’abandonner ; un chemin  ponctué de belles rencontres, de journées à écouter le silence pour mieux entendre son âme.

Tous ces souvenirs ont nourri ce sentiment intense de liberté intérieure qui me donne aujourd’hui l’envie de repartir.

Cette fois, je décide de partir 2 semaines pour mieux gouter intensément l’espace intérieur de ce chemin.

 
La préparation se fait plus rapide au niveau du sac à dos :

(4 paires de chaussettes, 4 tee shirts,1 short,3 boxers, 1 sac a viande ( plus léger), 1 tapis de sol, 1 sweat polaire, 1 casquette, 1 cape de pluie, nécessaire de toilette en petit volume, quelques dolipranes, 1 pommade  et compeed, 1 petite paire de ciseaux, mon livre « Miammiam, ma crédenciale, 1 carnet de notes avec crayon, 1 chargeur avec batterie externe,  1 gourde.

1 sacoche ventrale pour papiers, téléphone, argent et  lunettes soleil.

je teste le poids du sac :  8, 5 kilos.

2,5 kilos de moins qu’avant pour une semaine, c’est mieux. Je m’allège.


Concernant le plan de route, j’envisage un parcours de 400 kms sur 2 semaines, ajustable en fonction de mon rythme et de mes envies.

Pas de mode compétition, mais je sais que j’ai besoin de passer un stade de fatigue par le corps pour simplement me laisser porter par mes sensations du moment,  mes intuitions.

Dans cet esprit, je ne programme pas de billet retour pour le train, ne sachant pas ou je serai à ce moment-là.

 

COMPOSTELLE 2016 - ARRIVEE A CONQUES POUR UN NOUVEAU PERIPLE

C'est le moment du départ. 

Direction gare Austerlitz pour un train de nuit jusqu a Saint-Christophe,.

Prenant un café sur un stand, un serveur chinois se met à me parler de 3ème œil et de l'énergie.

Je souris intérieurement.

22h52: le train ferme ses portes. 

Je mets mon siège en allongé pour tenter de trouver le sommeil.

 Le train me berce, laissant mes pensées dériver sur mes retrouvailles avec le chemin.

Conques, me voilà !!

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Publié le par ulysse92

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Bonjour à  tous et  toutes
je vous invite à lire cette dernière étape qui nous mènera à Conques.
Bonne lecture, et n hésitez pas à me faire part de vos commentaires

Chaleureusement

brumes matinales dansant sur la vallée

brumes matinales dansant sur la vallée

18 septembre 2015

Une bonne nuit récupératrice dans un lit, un vrai lit ou tout mon corps s est lové amoureusement.
Oui, mon corps veut épouser ce lit qui le berce, le réchauffe, le protège.
Mais la romance s achève avec la lumière du jour qui vient chatouiller mes paupières.
Il est 7h30. Pas de bruit de pluie.
La dernière journée semble s'annoncer radieuse.
Je m assieds au bord du lit, pour réveiller doucement ces articulations qui ont supporté ces 32 kms hier.
Je remercie ce corps qui a tenu bon, malgré la douleur intense fixée sur le nerf entre la base de mon pied droit et le haut de mon tibia.. ( j'apprendrais plus tard par mon médecin que tous les symptômes semblaient désigner une périostite tibiale)
Je le masse. D abord les pieds, puis les jambes de manière tonique pour réveiller les muscles.
Les épaules ne me remercient pas. Le sac a laissé quelques traces de fatigue visibles.
C'est le dernier jour.
Je refais les mêmes gestes pour préparer le sac, tout ranger, mettre sa housse de pluie en prévision, mettre du talc dans mes chaussures, mes pieds.
Tout est prêt.
Après pris le temps de savourer ce dernier petit déjeuner d'étape, je salue le couple de randonneurs, Joëlle soulier ( la propriétaire du gîte) et je sors dehors.
L'air est frais, avec un joli rayon de soleil prometteur.
Je déroule quelques pas doucement pour reprendre la direction de cette dernière étape de 17 kms.
Une petite étape, avec un sentiment mitigé dans le cœur de bonheur, car je serai allé au bout de mon voyage, et de tristesse car c'est déjà la fin du voyage.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je descends tranquillement vers ESPEYRAC ou la brume glisse encore sur les près endormis, croisant au passage un vieux pèlerin venu à pied de Zurich et qui continue jusqu à Saint Jean Pied de Port.
Je lis le bonheur dans son regard et après avoir photographie 2 ânes qui nous saluent, il repart aussi vite que je l'ai croisé.
ESPERAC est un joli petit village que je traverse doucement en appréciant sa léthargie puis continue vers SENERGUES que j atteindrai assez vite.
Quelques personnes agées empruntent sur un ou deux kms la petite montée et je les dépasse comme en apesanteur, tandis que leurs corps s'essoufflent à chaque pas.
Je remercie la Vie de me permettre de vivre ce chemin avant de m'essouffler à mon tour,  un jour.
A SENERGUES, je passe dans l église voir l architecture intérieure et , à la sortie, un couple quinquagénaire me regarde.
J'entends l homme dire a sa femme : "Regarde chérie "un pèlerin" !
Ca y est. J ai gagné mon titre de pèlerin.
Ca se voit â mes traits creusés? Mon odeur du matin après 8 kms de marche ? à mon pantalon crasseux et mon gros sac a dos couvert de sa protection orange ?
Peu importe, mais je souris.
J'enchaine sur une bonne côte qui m'amène sur des chemins boisés aux senteurs volatiles qui viennent me griser.

Aujourd'hui, je marche en flânant, en ralentissant volontairement mon rythme. Je fais durer le plaisir, humant les sapins, l humus des sous-bois, écoutant toutes les voix de la forêt.

C'est un moment de partage avec Dame Nature comme je les aime.
Je sens ses pas, sa vibration, sa voix.


J imagine toutes ces présences invisibles, pétillantes dont les noms me rappellent les souvenirs de mon enfance : les fées, les lutins, m'observant derrière un arbre ou sur une branche.


Merci pour ce moment magique.
 

 

Je retrouve le denier tronçon qui sera une petite route goudronnée ou les sacs à dos sont nombreux.


J entends leurs pas, devant, derrière mais je reste dans mon monde à voir le soleil caresser les versants des collines boisées.
Il fait chaud.Le poncho retrouve le sac et la route prend une allure de ballade printanière.


Je dépasse une pèlerine aux vêtements fripés et usés qui marche avec un petit chien en laisse. Je me souviens de ses sandales,  vestiges d'une longue route passée, de son regard bleu particulier ou la rencontre avec quelque chose semble avoir été faite.

 

Derniere descente vers ConquesDerniere descente vers Conques

Derniere descente vers Conques

Dernière descente vers CONQUES.

Un Chemin caillouteux et glissant qui impose d être prudent.
Je savoure la descente qui sera la dernière épreuve avant d apercevoir les prémices du village.

Je touche la pancarte de CONQUES avec un peu d'émotion (petit selfie au passage).

 

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.

J'arpente les ruelles pavées qui mènent au cœur de ce village, dont l'atmosphère intemporelle est troublante.
 

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Je passe visiter l'abbatiale prendre le temps de m'asseoir devant la statue de saint Jacques.
Pas de mots, un lent moment de contemplation, d écoute intérieure, de partage.
Le temps s'efface pour laisser défiler un film en filigrane.
Je me remémore les beaux moments, les difficultés, la magie des rencontres, l'énergie du chemin.

Je remercie pour tout cela.

Après ce moment fort intérieurement, je sors admirer les différentes parties architecturales de l église, emprunter l'escalier de Saint-Jacques vers le cloître extérieur pour m'asseoir à nouveau et me baigner dans cette atmosphère.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS
COMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMSCOMPOSTELLE 2015- JOUR 8 : BEZZOLES - CONQUES - 17 KMS

Le nombre de touristes grandissant, je vais me cacher dans un magasin de pierres ( dont je ramènerai une belle septria et une belle labradorite)
Toutes les navettes étant parties, je n'ai pas envie de rester davantage à flâner..

Trop de monde.

Trop de bruit.

Trop de tout.

Je prends mon sac à dos et décide sereinement de faire du stop pour aller prendre un train à  DECAZEVILLE . J'ai une heure pour faire 24 kms.
Je sens que je dois finir ainsi et faire confiance comme je l'ai fait tout au long du chemin.
Tout se passera bien.
3 voitures s'arrêteront pour me permettre d arriver 5 mns avant prendre mon billet de train, et monter dans le TER ou une seule place m'attendait.
Le reste du voyage défile comme dans un rêve tandis que je pose mes mots sur ces premières notes.


Tandis qu'un arc en ciel vient souligner mon départ de cette belle région, les images de paysages, de visages , du chemin viennent effleurer mon âme et bercer mon cœur.

Merci pour tous ces moments, pour ce dépassement, pour ces retrouvailles.

Je reviens nourri et grandi.

Je ne suis plus le même.

Je sais déjà que je reviendrai sur Conques pour continuer le chemin.

Dans ce wagon qui file vers PARIS, je souris en m'endormant sur cette promesse.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

Publié le par ulysse92

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15 septembre 2015
6H45. Le réveil est douloureux.
Mes jambes semblent avoir été massées avec un rouleau de pâtisserie.
Une brûlure, côté tibia droit, pique fort dès le matin.
N'ayant jamais connu ce type de douleur malgré toutes mes activités sportives, je vais devoir rester à l'écoute de mon corps et être vigilant.
Je me lève, fais quelques étirements pour réveiller en douceur le reste du corps.
Je revêts mon pantalon de randonnée, dont la couleur bleue fait grise mine, refais la partie haute de mon sac en le coiffant d'une protection imperméable orange, visible a des kilomètres si jamais je ne peux plus bouger.
Au revoir, chambre et couloir désert qui auraient pu servir d'approche pour une rencontre fantomatique.
Je tape au passage à la porte de mon unique voisine pour lui souhaiter "bon chemin".
L'air est frais, le ciel d'un gris pluvieux.
Je vais en face prendre un café croissant au "Café PERRET".
Un café typique de la campagne, avec un comptoir en bois, quelques annuaires sur un coin ou se pelote un chat qui termine sa nuit.
j'échange quelques mots avec la patronne sur le village qui vit difficilement.
Le métier est rude et laisse des traces de fatigue dans le terroir.
Amis randonneurs, gardez en tête que MALBOUZON est une étape possible et permet de faire vivre les petits commerces.
20 minutes de café, c'est bien pour démarrer une journée.
Il est temps de rattraper le GR 65 en passant par "RIEUTORT d'AUBRAC "

Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !

Malgé des plaines venteuses, petit clin d'oeil pour demarrer la journée !

Une route goudronnée de 3 kilomètres façonnée par les vents .
Je suis la distraction des vaches qui me regardent passer comme la curiosité de la journée.
Hormis le chant du vent, rien ne vient perturber cette marche silencieuse.
Peu de monde et je traverse MONTGROS, un village qui semble s'éteindre tout doucement, oublié par le temps qui passe.
De nouveau sur un sentier, je me laisse absorber par mes rêveries sans me rendre compte que j'atteins NASBINALS.
Ce grand bourg plein de commerces respire la vie de campagne, malgré l'empreinte du tourisme.
Un peu frigorifié, je m'arrête prendre une boisson chaude dans un bar trop animé.
Je bois mon café illico et sors sonné, par ce retour brutal à la réalité du quotidien.
Je regarde le ciel menaçant. Réponse immédiate avec le poncho pour la route qui va m'emmener sur 9 kilomètres de montée vallonnée vers " Aubrac "
Le paysage change radicalement.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

De grands herbages ou paissent des vaches. Rien d autre..
Je pense que Dieu s'est planqué ici pour être au calme face à la turbulence du monde actuel.
Et franchement c'est un bon plan.
Me concernant, c'est une autre histoire.
Le chemin est en pente, bourré de trous. Je souffre lorsque je pose mon pied droit car la brulure s'intensifie brutalement. Le paysage me laisse un goût amer sous le vent et la souffrance.
Cette traversée sera mon purgatoire..
Je rage parfois en doutant du bien fondé de ma démarche mais j'avance en serrant les dents.
je râle en glissant devant ces montées en solitaire qui n'en finissent pas.
Derrière un champ, se cache un autre champ.
Je m'entends dire : c est ça que vous voulez ? Qu attends tu de moi? Que dois je expier ??
En résumé, toutes les litanies classiques lorsque on s'engueule avec le tout puissant.
Lorsque j'aperçois la descente vers Aubrac, je suis heureux car je ne marche pas, je boitille comme un canard.
Ça me fait penser à Charlie Winston : my Life as a Duck.
Je l écouterai différemment désormais.

COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)
COMPOSTELLE 2015- JOUR 5 : MALBOUZON - ST CHELY D'AUBRAC (26 kms)

J'arrive à Aubrac : 10 habitants.
C'est cher payé pour vivre ici à 1307 m d altitude.
L'hiver ne doit pas être drôle ici, sauf pour une retraite monacale.
Le Café de Germaine est fermé.
Un petit mot pour nous dire qu elle est partie à l aventure . J'adore !
Je vais faire une pause au seul bar hôtel ouvert.
Je suis seul dans mon coin, un couple de randonneurs prennent un café tout en regardant leur prochaine étape.
Je reste une 1/2h a me poser dans la transpiration. Le pèlerin pue parfois, souvent même avec des montées comme celles de l'Aubrac.
Je ne dois pas refroidir. Un petit coup de crédenciale pour le départ et la descente vers Saint Chély d Aubrac ne va pas arranger mon cas.
Malgré l alerte d'hier, je mange sans grande faim un petit sandwich acheté en grande hâte.
La digestion est terrible et je suis à la limite de me sentir mal.
Entre le pied et l envie de vomir, je me demande qui va remporter le match.
Cette fois ci, j 'ai compris.
je jeûnerai le midi pour les étapes restantes.

un peu lugubre, non ?un peu lugubre, non ?

un peu lugubre, non ?

Je vais traverser des lieux à l’atmosphère étrange, aux couleurs glaciales et aux chemins pierreux.
J'atteins enfin St Chély d'Aubrac, heureux d'avoir terminé cette étape.
Il est 17H . je fonce à l'office de tourisme pour faire un tour des logements.
Une petite chambre individuelle m irait très bien.
Après quelques hésitations, j opte a l'instinct pour le bar" LE RELAIS SAINT-JACQUES" tenu par le papy qui cuisine et la fille un peu speed qui fait le service.
Ils ont des chambres dans un gîte saint Jacques situé derrière, à l'écart de la rue.
Chambre 7 ; encore des escaliers pour arriver au sommet mais la chambre est top et spacieuse
Je me douche. Quel bonheur de sentir l'eau chaude glisser sur vos muscles fatigués, tendus.
Un moment d'extase hors du temps. Je me rase pour retrouver forme humaine et je fonce a la pharmacie à l'autre bout du village pour trouver de quoi me soulager
La pharmacienne est drôle, de bonne humeur mais elle ne sait pas trop me donner. Elle opte pour un cocktail à base de Voltaren puissant et de Doliprane pour apaiser cette douleur.

Je remonte doucement vers le gîte et croise au passage Simon le québécois qui a bien marché depuis Saint Privât d'Allier.
On s'encourage et chacun repart à ses occupations.
Le repas se passe dans le calme malgré la présence de randonneurs parlant de leur marche autour de l'Aubrac.
Je suis seul a ma table.
C est bien. Je ne suis pas dans l esprit à faire la causette sur " mortelle randonnée en Aubrac" et profite de ce moment de quiétude pour regarder, écouter les récits qui me parviennent jusqu' à ma table.
21h : le corps est fatigué et je rentre vite me coucher.
Les 2 randonneurs d 'en dessous sont un peu bruyants. Les boules Quies s'imposent.

Une heure après, Morphée met tout le monde d accord.

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COMPOSTELLE 2015- JOUR 4 :ST ALBAN DE LIMAGNOLE - MALBOUZON: 24,5 KMS

Publié le par ulysse92

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Lueurs matinales

Lueurs matinales

Le 14 septembre 2015

Après un bon petit déjeuner, je quitte vers 7h30 "Saint Alban de Limagnole" qui s éveille doucement, encore engourdi par les nappes de brouillard qui habillent ses cimes et ses toits.
Comme chaque matin, un temps est nécessaire pour retrouver la sensation agréable de la marche.
En montant sur les hauteurs, je croise Christian, le béarnais qui fait son premier chemin avec Ali.
Il est seul et attend les autres à ce point de rendez-vous.
Il me parle de l accueil pèlerin un peu miteux, de son lit dont il ne restera que le nom.
Nous échangeons quelques paroles de réconfort et je lui souhaite un beau périple sachant qu' il est probable que nous ne ne recroiserons jamais.
Je me retourne une dernière fois, le regardant assis, les pensées perdues au loin.
Je me surprends à penser :"le corps souffre parfois pour que l'esprit s 'envole un peu".

decor de reve pour poser quelques pas
decor de reve pour poser quelques pas

decor de reve pour poser quelques pas

Je tourne mes pas vers cette nouvelle journée de découverte.
C'est comme un appel, une force indescriptible qui vous pousse à aller de l'avant en terrain inconnu.
Il me semble parfois faire partie de ce terrain inexploré qui se découvre au fur et à mesure des kilomètres en solitaire.

Après une bonne montée ou les mollets grinceront un peu, les pas défilent seuls tandis que la pluie se met de la partie pour me rafraichir.
Je ne remettrai pas ma veste, étanche certes, mais trop transpirante.
Un poncho sur un tee shirt me maintiendra du froid tandis que se présentent à moi des chemins, des pentes à travers la forêt.
"Chabanes Planes", "Les Estrets", "Les granges de Bigose", tout ces bourgades se traversent sous cette pluie fine.

souvenirs pelerinssouvenirs pelerins

souvenirs pelerins

Au détour d'un chemin, je découvre un sac abandonné de marcheur avec des affaires laissées pour ceux qui en ont besoin. 
Petit clin d’œil pour rappeler la difficulté du périple et la nécessité de marcher plus léger.

Beaucoup iront d ailleurs à la poste à SAUGUES ou au village d'après pour renvoyer une partie de leur sac.

Le rythme soutenu me permet d' arriver rapidement à AUMONT-AUBRAC avec la pluie, fidèle compagne toujours là pour vous rafraichir.
Une petite balade au coeur du village ou je tombe sur la croix de l'oustalet ( croix des chemins de Saint-Jacques)

croix des chemins de Saint-JacquesJe m'arrête dans un bistrot pour me réchauffer un peu.
Quelques minutes passées avec un bon café chaud seront des instants de bonheur privilégiés, tandis que je regarde d'une manière distraite les gens du coin "pester" sur ce temps pourri.

Une petite claque liée au choc thermique me réveille une fois dehors.
Je quitte le village pour aller gravir une montée caillouteuse sur laquelle mes pieds ricochent.
Je sens une  brûlure côté droit entre le devant du pied et le long du tibia.
Rien de bien grave, le chemin exacerbe le corps dans ses tensions imprévues.
Tout doucement, je prends de l'altitude en 6 kilomètres en passant de 1040 m à 1174 m.
Le corps se tend, se raidit sous la pluie mais je continue d'avancer.
Je mange mon sandwich en marchant. Du bon pain avec du jambon de pays, histoire de rester dans la gastronomie locale.
La digestion sera difficile.
Un signe de plus pour jeûner le midi à partir des prochains jours. Mon corps a besoin de se nettoyer.

solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere
solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere

solitude a perte de vue sur des chemins de poussiere

Au 25ème km, aux "Quatre Chemins", je sens que je dois continuer à avancer.
Me voici reparti sur cinq kilomètres de pluie, sur des chemins serrés entre des herbages immenses.
Un temps de confrontation avec Dame Nature vêtue de son manteau automnal et glaçant.
Le vent me fouette le visage, les bras se glacent à l approche des plaines désertiques de l Aubrac.

Sans réservation, je me rapproche du hameau  " les gentianes".
Tout est complet. Une horde de randonneurs a investi les lieux et  arrive en troupeaux serrés pour leur café ou tisane.
Finalement c'est mieux ainsi.
Je me sens pas à ma place dans ces groupes bruyants, venant rompre la sérénité dans laquelle j'ai baigné toute la journée.
Je bois un café pour me réchauffer un peu, le temps de chercher un plan de secours.
Cela fait 30 kilomètres que je marche et j'ai envie de prendre une bonne douche chaude.

MALBOUZON reste une délivrance possible.
J appelle pour réserver et dire que j arrive dans 30 minutes. Les 2 derniers kilomètres se font au mental.
Quand j arrive dans le village , je croise au même moment (Merci la chance :-) la gérante du gîte communal qui m'identifie aussitôt.
Je suis la seule personne venant s'égarer ici à cette période.
Je fais quelques courses rapides en remerciant ce commerce de proximité ouvert avant de prendre possession de ma chambre perdue dans un immense couloir sombre, sonore au 3ème étage de ce grand bâtiment communal.
Mon corps me remercie après cette bonne douche qui vient me soulager, attendrir mes muscles fatigués.
 

Seul dans ce grand bâtiment, je mets un peu de musique pour me réchauffer l’Âme car ce soir tout est souffrance.
Je mange pour me ressourcer mais le plaisir n'y est pas. ( j'en abandonnerai la moitié demain au gîte pour les prochains visiteurs )
Ma solitude sera un temps interrompue avec l'arrivée d' une pèlerine allemande qui veut aller à lourdes en 11 jours.
Démonstrations mathématiques mélangées à mon "anglais de terrain" pour essayer de lui faire comprendre qu elle devra faire 50 kilomètres par jour pour arriver à son objectif.
La désillusion est terrible mais elle espère le faire.
Sur des derniers conseils, je rejoins mon matelas sommaire.
Le sommeil prend très vite sa place pour une nuit que j espère récupératrice .

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