Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par ulysse92

 Bonjour,
J'ai le plaisir de partager avec vous une nouvelle étape du Camino Frances effectué en 2018.
Dans cet article, vous pouvez cliquer sur les mots en gras soulignés qui vous emmèneront vers un site pour plus d’informations :-)
Bonne lecture !

Retrouvez moi sur ma page Facebook : quelques pas sur le chemin :-)

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

Samedi 7 avril 2018

J'’ai dormi comme un bébé jusqu a 7h30 du matin.
Le corps est endolori, et je sens bien les effets de l’étape d’hier.
Je regarde par la fenêtre. Le temps est vraiment gris
et cela promet de la pluie.
Avant de reprendre le chemin, je prends un café avec une tranche de pain huilé sur lequel repose une belle rondelle de tomate qui donne de l’éclat au petit déjeuner.
Ce moment de plaisir gustatif me donne du baume au cœur pour plonger dehors à l’assaut d’une nouvelle étape.

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

 

Passé mes premiers kms dans la foret ou les senteurs d’herbe, de mousse et de bois mouillé accompagnent mes pas, je me retrouve sur un long chemin de plaine.
Un panneau me rappelle qu'il me reste 581 kms à parcourir.

 


Cela me semble tellement abstrait.
Quand on marche, on ne visualise pas la distance restante, ni l’arrivée
à Saint Jacques.

 

Seul le périple du moment, le paysage autour de vous, éventuellement votre fin d’étape a de la consistance. Le reste prend forme au fur et a mesure que vous avancez.


Le nombre de kms ne vous effraie donc pas.

Pourtant, ces 6 premiers kms à avancer dans cette grisaille n est pas du meilleur effet sur le moral.

 

Mais cela fait partie du chemin et la vue du premier village – AZOFRA- vient casser la monotonie du paysage sous son manteau de pluie fine.


Seuls mes bruits de pas semblent résonner dans cette rue silencieuse. Je perçois au passage derrière des vitres embrumées quelques pèlerins attablés autour d’un café, profitant de la chaleur du lieu.
Je ne m’attarde pas.


La pluie a cessé.

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

Mon corps me semble endolori ce matin.
C est une phase
ou le poids de ces 200 premiers kms se fait sentir.
Hormis bien m’hydrater, être vigilant sur des pauses si çà «brûle» un peu trop, je
dois respecter mon rythme.
Me voici sur
10 kms de plaines solitaires.
C est pas un lieu ou il fait bon s’évanouir.
Le vent me tient compagnie et j écoute sa complainte, qui semble me parler de vieilles histoires du passé.
Oui, parfois mon imagination prend le dessus et m emmène dans des rêveries erratiques, oubliant l’instant présent
qui se distille derrière chacun de mes pas.

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

CIRUENA.
Un village silencieux, posé en haut de ces plaines.
Des maisons accolées les unes aux autres, attendant que la Vie revienne
le soir du travail.
Quelques sculptures en tôle sur le pèlerin et la coquille rappellent que nous passons ici.
Est ce l effet de la pluie, la fatigue mais je trouve tout tristounet ce matin.
Il est 13h.
Cela fait 4h que je marche mais rien ici ne me donne envie de faire une halte.

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

1H 20 après, j’arrive enfin à SANTO DOMINGO DE LA CALZADA.
Une fois dépassé les abords, je retrouve le cœur de la vieille ville avec ses rues pavées,son architecture.

Je vais en profiter pour visiter la cathédrale, magnifique chef d’œuvre gothique du 12ème siècle.

Une légende circule selon « Santo Domingo de la Calzada, cantó la gallina después de asada »((Santo Domingo de la Calzada, où a chanté une poule après avoir été cuisinée) rappelant l'histoire selon laquelle un coq et une poule sont revenus à la vie pour prouver l'innocence d'un jeune homme pendu de façon injuste, et qui survécut à sa pendaison.

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)
COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

Je suis presque tout seul dans ce lieu, et mon regard se perd sur les colonnes qui partent du sol vers le plafond ou s’ouvrent des rosaces. Une lumière blanche tapisse certains endroits, donnant a ce lieu sacré plus de magie dans cette serpenté.
Je reste un temps indéfini, assis à me nourrir de ce silence. Je mets une bougie pour la réalisation des vœux de tous ceux que j’ai emmené avec moi et termine ma visite, non sans avoir flâné, admiré le magnifique retable, les peintures et les sculptures qui ornent cette cathédrale.(dont une œuvre avec des poules de chaque coté)
Quelque chose attire mon regard. Non, je ne rêve pas. Ce sont bien des toilettes ; présence insolite au sein de ce lieu.


Décidément, cette cathédrale est surprenante.

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

Un coup de tampon sur la crédenciale, et me voici de nouveau sous la pluie.
Arrêter a 15h est encore un peu trop tôt. GRANON me semble un bon point de chute, 9 kms plus loin.
Mon poncho me protégeant bien le haut du corps ainsi que mon sac de la pluie, j’avance en gardant en ligne de mire ce prochain village.
Mes bas de pantalon sont trempés, mes chaussures doivent l
être également mais je ne ressens pas l effet de froid, seulement cette humidité qui me monte jusqu’aux genoux.
J’ai hâte de me poser et le rythme est rapide.

COMPOSTELLE 2018: JOUR 8 :  NAJERA-GRANON (28 kms)

Arrivé dans le cœur du village, je trouve rapidement un donativo «La Casas de los Sonrisas »
J’ai l ‘impression d être le dernier arrive. Beaucoup se sont arrêtés a cause de la pluie.
Une femme très sympa me montre les lits dortoirs à l’étage.
2 lits superposés cachés dans un coin de chambre isolée ,
une douche chaude, les vêtements a sécher, me voici un autre homme.
Vêtu d’un change sec, je pars boire une boisson chaude dans le seul bar ou
un couple de pèlerins semble discuter joyeusement avec le patron du bar. Les présentations faites, et après avoir discuté, ils se sont rencontrés en route et font un bout de chemin ensemble.
La femme me confie une certaine ambiguïté quant à la démarche de cet homme franchouillard, amateur de Johnny qui écoute sa musique toute la journée.
Elle-même ne semble pas non plus très cohérente
dans son envie ou pas de poursuivre avec lui. Finalement, elle arrêtera 2 jours après et lui aussi, ne voulant pas continuer seul. Curieux, cette rencontre de ces 2 êtres que tout sépare et rassemble peut-être un peu dans leur histoire de vie.
Le repas, constitué d’une soupe chaude et d’un bon plat, avec une dizaine de convives, étrangers pour la plupart, détendra les langues. Faire la vaisselle ensemble aussi. C est ça aussi l’ambiance du donativo.
Blotti dans mon duvet, je dormirai avec une doudoune.
Les albergues ne chauffent pas pour la plupart. Les vieilles maisons, à la sortie de l’hiver, sont humides et froides la nuit. Alors, dormir dans un
léger sac à soie au lieu d’un duvet, ça nécessite de se coucher presque habillé pour ne pas «souffrir du froid» avec la fatigue du corps.
Je m'endors en repesant à  cette phrase du soir , laissée par un pèlerin,  sur le lâcher-prise. Pas sur que ca marche pour le froid ! 

 

Cet article vous a plu ?

N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou le partager :-)

Envie d'en lire un peu plus ?

Pour les portions :
- pour lire le début du chemin en Espagne " Camino Frances"
ici !
- le chemin "Aire sur l'Adour - Saint Jean Pied de Port"
ici !
- le chemin " Conques - Aire sur l'Adour "
ici !

Pour le début de l'aventure depuis le PUY EN VELAY, cliquez ici !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article