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COMPOSTELLE 2016 : JOUR 9 - AUVILLAR -MIRADOUX : 18 kms

Publié le par ulysse92

Astuce :Vous pouvez cliquer sur les mots en gras soulignés qui vous emmèneront vers un site pour plus d’informations :-)
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Chaleureusement
Denis

24 septembre 2016
Le jour vient danser sur les persiennes pour me sortir d un profond sommeil

Je me réveille dans cette grande chambre aux draps soyeux qui ont bercé ma nuit d un seul souffle.
Première prise de contact avec mon corps.

La fatigue a laissé des traces sur tout le dos, les jambes ont encore le souvenir de ce périple.
Je rassemble mes affaires, arrange mon sac et descends doucement l escalier qui réveille quelques tensions.
8 heures. Tout est calme dans cette salle d’hôtel aux odeurs de pain grillé et thé.
Devant un café, je regarde mon itinéraire se dérouler sur la carte pour cette nouvelle journée.
Aujourd’hui, rythme tranquille.

la porte de la grande horloge, la place aux halles et ses alentours
la porte de la grande horloge, la place aux halles et ses alentours
la porte de la grande horloge, la place aux halles et ses alentours
la porte de la grande horloge, la place aux halles et ses alentours

la porte de la grande horloge, la place aux halles et ses alentours

Je ne peux partir sans voir AUVILLAR en plein jour, et prendre le temps de découvrir ce village une dernière fois.
Derrière la tour de l’horloge, se dessine une grande place triangulaire sur laquelle surplombe une mini halle au grains, remplie d étals de producteurs locaux.
Sur une ambiance de marché local, je flâne avant d’atterrir au mini office de tourisme tenu par une dame âgée, charmante et lumineuse.

Nous discutons ensemble à propos du chemin, des pèlerins auxquels « elle consacre beaucoup de temps bénévolement avec chaleur », s’empresse de me dire son amie qui vient d'arriver.
Mon regard
  plonge dans le sien et je sens cette lumière, cette beauté intérieure. Cela me touche beaucoup, sans comprendre pourquoi. Au moment de partir, je fais demi tour, ouvre mon sac à dos et après avoir hésité entre plusieurs, lui sors une belle pierre (décorée artisanalement par Agnès) de sa couleur préférée avec un beau Message inscrit au dos " la Vie vous aime "
Je lui offre et lui dis: " petit clin d œil du matin pour vous remercier». Elle est émue. Je la quitte en lui disant qu’elle prenne soin d elle et part, le cœur rempli de joie, sans me retourner.

Avant de quitter Auvillar, je m'arrête visiter l'Eglise paroissiale Saint Pierre dont la quiétude me laisse en tête à tête avec Saint-Jacques pour un petit dialogue intérieur. 

 

Le temps est nuageux, frais et la route se déroule tranquillement jusqu’à Bardigues, ponctué par quelques messages à la craie laissés par des pèlerins. Un remplissage de gourde, et je continue de grapiller les kms en direction de St Antoine d’Arratz.

Personne sur le chemin ; les nuages distillent une lumière grise, habillant d’un manteau de tristesse les champs alentours. La route, presque en ligne droite, est d’une platitude ennuyeuse. Rien n’attire mon regard et je pars me réfugier dans mon monde intérieur ou dansent quelques souvenirs, naissent quelques pensées sur le sens de ma vie.

COMPOSTELLE 2016 : JOUR 9 - AUVILLAR -MIRADOUX : 18 kmsCOMPOSTELLE 2016 : JOUR 9 - AUVILLAR -MIRADOUX : 18 kmsCOMPOSTELLE 2016 : JOUR 9 - AUVILLAR -MIRADOUX : 18 kms

Le joli petit village médiéval de Saint-Antoine de Pont d’Arratz se présente à moi lorsque je passe sous l’ancienne porte fortifiée. De jolies maisons fleuries, aux volets bleus,  bordent ce chemin et invitent à se poser « à la coquille » pour se rafraichir un peu.
Je reste là, assis à rêvasser en profitant seulement de l’énergie apaisante de ce village. 
 

L’Eglise Saint-Antoine attire mon attention et en pénétrant à l’intérieur, je trouve un pèlerin en larmes, en proie à une vive émotion. Il m’explique, qu’assis tout seul sur un banc, des femmes alors sont entrées et se sont mises à chanter ; Ce chant cristallin, magique a empli l’église et l’a bouleversé.
Cet instant était pour lui ; cela fait partie de ces « cadeaux » qui ouvrent le jardin de votre cœur et viennent caresser votre âme.

 Je quitte mon ami pèlerin  savoyard au gite d'Oustal et reprends la route sur un ciel aux couleurs de pluie jusqu'à FLAMARENS. Près du château, j'apercois le groupe de 10 pèlerines, installé sur une table, dont m'a parlé notre savoyard. Ce n'est pas courant de voir un groupe de 10 femmes pérégriner ensemble, et il est fort probable que ce soient des pratiquantes appartenant çà un groupe religieux. Le chemin est long et je le s recroiserai peut-être.

 

4 kms avant de rejoindre Miradoux ou je pense m’arrêter pour ce soir.

Un chemin sur le bas-côté d’une départementale, qui serpente le long des champs de tournesols déchus, brulés par le soleil, complète le tableau blafard de la journée.

Une pensée pour Van Gogh qui aurait été encore plus déprimé de peindre ces tournesol
s.

 

Miradoux, petit village de 500 habitants ou le soleil m’a accueille comme une récompense méritée.
Après avoir traversé la place des Halles, je sonne directement au gite « Bonté Divine ». Pas de problème de place ; 2 pèlerins seulement sont là et après l’accueil sympathique de Stéphane, je me hâte de prendre une douche chaude dans des sanitaires très bien agencés
.

Le plaisir de redécouvrir l’intensité des bonheurs simples comme celui de l’eau chaude sur un corps fatigué, de quitter ses chaussures de randonnée pour des sandales ouvertes, et en tenue de  détente, de profiter dans un jardin des derniers rayons de soleil qui viennent glisser sur l’horizon pour mieux gouter ces minutes qui s’écoulent doucement dans le tourbillon du Temps.
Tel est le bonheur du pèlerin.

Je fais la connaissance de Pierre, grand gaillard longiligne proche des 60 ans, barbe blanche de 3 jours. Nous échangeons quelques banalités courtoises sur notre parcours respectif .Il semble plus intéressé par son nombre journalier de kms que par la dimension intérieure du chemin.

Une fois seul, Stéphane vient déguster avec moi son apéritif local «  le pousse-rapière » et nous échangeons sur son parcours pour venir s’installer à Miradoux et ouvrir ce gite d’étape. Je suis toujours admiratif sur cette force de conviction de chacun à faire vivre un projet et sur les synchronicités qui viennent l’accompagner.

Le repas est l’occasion de discuter avec « Eric », un homme athlétique approchant la trentaine, qui, une fois arrivé à
Compostelle, a décidé de refaire le chemin inverse à pied pour rentrer en Suisse. Nous finissons en tête a tête autour d’un verre d’Armagnac, à échanger à bâtons rompus sur le symbolisme du chemin et de son regard «  alchimique » des endroits traversés.

Magie de l’échange et des rencontres qui s’achève avec la fatigue du soir.
Nous allons rejoindre rapidement notre dortoir pour une nuit récupératrice.
Installé dans mon duvet, je m’endors en repensant à ces quelques mots lus pour St Antoine que je vous offre avant de rejoindre les bras de Morphée, compagnon inlassable de notre voyage.

 

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