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Publié par ulysse92

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Dernier "Au revoir" à Saint chely  d'Aubrac sous les nuages

Dernier "Au revoir" à Saint chely d'Aubrac sous les nuages

16 septembre 2015
J'ai bien dormi et me lève à 7h.
Certes, le corps est endolori.
Passage obligatoire car il faut du temps pour que ces efforts s'inscrivent dans la durée.
Après avoir tout mis en ordre, je passe prendre un petit déjeuner simple, mais qui me permettra de démarrer la journée.
Je règle la note et descends tranquillement pour traverser le pont des pèlerins ou semblent encore résonner les pas de tout ceux qui sont passés au cours des siècles.
L'atmosphère se voile de son manteau gris.
Il crachine à peine et je monte doucement le premier sentier.

Le corps suit dans ces premiers efforts, tandis que je croise des pèlerins aux histoires diverses, dont un me racontant l'histoire de sa femme qui s est abîmée le genou mais qui continue à le suivre avec "la malle postale" ( service de transports de bagages et de voyageurs).
Après quelques minutes ensemble,  je l'abandonne pour reprendre mon rythme plus lent.
En effet, la pommade n a rien fait. Ce mélange de brulure aigüe et de douleur sourde sur le devant de mon tibia se réveille brutalement.
Cela va être une journée difficile.
A l'estrade, un petit café ambulant sous un abri de garage permet quelques échanges avec un couple de femmes qui viennent d'Australie.
Ce chemin a vraiment une aura internationale.
Je repars en lisant la pancarte pour aller à SAINT COME D'OLT : 9 kms.

descente vers Saint come d'oltdescente vers Saint come d'oltdescente vers Saint come d'olt

descente vers Saint come d'olt

Ces 9kms vont être un enfer.
Des descentes dans des chemins caillouteux rendent ma progression très difficile.
Les randonneurs, les pèlerins me doublent sans arrêt.
Je garde le sourire, leur souhaite bon voyage, tout en faisant mine de profiter du paysage.
Une fois qu'ils sont partis, je redémarre. Je descends pas à pas, parfois de côté, parfois en serrant les pieds.
Tout se fait et va se jouer avec le mental.
J'ai appris dans mes pratiques sportives à me dépasser, à repousser mes limites
Je peux encore y arriver.
Je veux y arriver.
Je vais m arrêter un nombre incalculable de fois, à la limite de pleurer de rage, de colère et de douleur.
Cela fait deux heures que je grignote pas après pas, mètre après mètre, les kilomètres sur ce tronçon.
Mon pied droit, jusqu à la moitie du tibia me fait jongler atrocement de douleur, je n'avance plus en descendant.
Je ne peux pas continuer comme ça.
Je m'assieds sur le chemin.
Les pensées défilent dans ma tête .
Abandonner ; Ce mot sordide vient me narguer intérieurement.
J'ai honte par rapport à tous ceux qui ont leurs propres difficultés, bien plus terribles que ta petite misère physique.
Tu abandonnes ton rêve, la 1ère partie de ton rêve, Denis.
Mon rêve est en train de s'évanouir.

J'ai mal dans tout mon être, autant sur le plan physique que moral. J'ai envie d' hurler ma colère.
J'essaie de me remotiver, assailli par tous ces nuages noirs dans ma tête.
Je pense à Marie, ma compagne qui m'a encouragée à le faire, à tous ceux et celles que je faisais rêver en leur parlant de  partir marcher sur le chemin ;
Je pense aux choses difficiles que j'ai affrontées dans ma vie ;
Je ne peux pas abandonner, là comme ça entre ces 2 pierres, sur ce talus anodin.
Je négocie avec mon corps et lui parle.
« J'entends ton message » « Je dois lâcher ou comprendre quelque chose »
De toute façon, je dois repartir pour aller jusqu au prochain village
Je me relève et doucement, enchaine les pas. Ça sera long, très douloureux mais je vais finir par arriver à SAINT COME D'OLT.
Je trouve la force de passer par les ruelles qui font le charme de ce village tout en cherchant un cabinet de médecin que je ne trouverai pas.
Comment vais- je faire ?

le charme de saint come d'olt
le charme de saint come d'olt
le charme de saint come d'olt

le charme de saint come d'olt

Je vais dans un café me poser seul à l intérieur.
Une bonne demi heure s écoule ou je regarde les gens qui passent dehors, comme dans un état second.
Je ne sais plus ce qui va se passer, mais je m'entends dire "j'accepte, quelle que soit la solution qui se présentera."
Je sens un fourmillement dans ma jambe droite.
Je règle ma consommation et sors machinalement, faisant quelques pas pour m'apercevoir que je marche mieux.
Plus de brûlure extrême, intolérable. Juste un picotement.
C'est insensé. Je comprends pas ce qui se passe.


Je tente d'aller vers la sortie du village pour voir comment le pied, le tibia réagissent à chaque pas.
J'en reviens pas. La foulée est bonne, légère et agréable.
La douleur insupportable me brulant le tibia s'est quasiment estompée.
Je n' ose y croire et décide de tenter le chemin à travers bois qui grimpe sur COMBES .
Je monte comme un cabri.
Des larmes de joie coulent sur mes joues. Des larmes d'allégresse ou tout mon corps semble transporté, mon cœur est léger, comme dans un état de grâce.
Intérieurement, je remercie mes guides.
Je peux continuer mon voyage.
 

croix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panoramacroix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panoramacroix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panorama

croix gravée dans la pierre ; vierge de vermus sur un superbe panorama

De COMBES à la vierge de Vermus, les montées et descentes s'accumuleront.
Le rythme ne faiblira pas.
Le corps ne bougera pas.
La descente ne sera qu'une formalité.
ESPALION est un joli village et instinctivement, je m' arrête au gîte "au fil de l eau".
C'est propre et l accueil d Annie vous réchauffe le cœur.
J'ai un dortoir pour moi tout seul quelques heures seulement, car un couple de retardataires (un russe et une israélienne) arrivera en taxi a 22h pour dormir.
Après une longue douche, je vais flâner dans les ruelles et déposer un cierge dans une église romane pour remercier la magie de cette journée.
Sur le retour, je m'arrête manger à la pizzeria "la casa" rue droite qui se révèle être une excellente pizzeria.
En rentrant, je discute avec quelques pèlerins dont Aurélie qui vient de Perpignan..
Sur « radio chemin », j avais entendu parler d'elle avec son sac trop lourd, ses chaussures usées et son colis par la poste.
Nous avons beaucoup ri.

quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION
quelques images d 'ESPALION

quelques images d 'ESPALION

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